ÉCHANGE DE MATÉRUUX DANS LA CELLULE VÉGÉTALE ET ANIMALE
eux aussiy à la série des acides gras, et qui plus tard se transforment à leur tour en acide carbonique et en eau. Les corps albuminoïdes se séparent en deux composants, un corps non azoté et un corps azoté. Cette décomposition des albuminoîdes prouve donc leur mode de formation. Le composant non azoté, hydrocarbure ou corps gras fourni par le dédoublement de ces substances , peut encore remplir certaines fonctions; ainsi, par exemple, le corps gras reste souvent longtemps dans cet état avant de passer par les périodes d'oxydation ultérieures. Le composant azoté peut être basique, neutre ou acide , il continue à s'oxyder et se décompose en acide carbonique, eau et ammoniaque. Parmi ces produits du dédoublement des albuminoïdes, ceux qu'il nous faut citer surtout sont les alcalis azotés et les matières extractives des organismes végétaux et animaux, ainsi que l'urée et l'acide urique.
On avait autrefois, en partant du point de vue chimique, envisagé les acides végétaux comme les produits immédiats des phénomènes de réduction qui se passent dans les cellules végétales vertes. Nous pouvons, en effet, faire, au moyen de la formule suivante, dériver, par exemple , l'acide oxalique de l'acide carbonique : 2 (C* 0^) — 0 = C* 0^ (ac^e oxalique) , et l'acide malique de Tacide oxaUque : 2 (C- 0^) H- 2 H — 20 = C* H* 0* (acide malique) etc. Les observations microscopiques démontrèrent plus tard que les produits d'assimilation immédiats de la chlorophylle appartiennent à la série des hydrocarbures, et même, d'après Jul. Sachs, c'est l'amidon qui d'ordinaire se forme tout d'abord. Mais comme il est très -facile d'obtenir artificiellement des acides organiques (acétique , lactique , succinique) en faisant fermenter les hydrocarbures , il semble probable que Liebig a eu tort de croire que les hydrocarbures sont un produit de réduction des acides organiques préformés , tandis que ce sont, au contraire, ces derniers qui naissent des hydrocarbures par vote d'oxydation. La formation de l'acide lactique dans les cellules végétales confirme aussi cette manière de voir. L'observation démontre que la formation d'amidon est reliée à la présence de la chlorophylle et de la lumière , de même que l'absorption de Facide carbonique et l'excrétion de l'oxygène. Quand on met les parties vertes d'une plante dans l'obscurité , elles jaunissent et la production d'amidon cesse aussitôt. Elle peut reprendre , par suite de l'arrivée des rayons lumineux qui font aussitôt reparaître la coloration verte de la chlorophylle.
Pasteur a démontré que la naissance des albuminoïdes suppose toujours la présence de substances azotées, et d'un hydrocarbure tout formé. Ce chimiste a vu, en effet, les cellules de ferment se multiplier dans un liquide aussi longtemps qu'il se trouve dans ce liquide du sucre et soit des matières organiques azotées, soit des azotates ou des sels d'ammoniaque. Les cellules qui ne renferment pas de chlorophylle ne peuvent donc faire de l'albumine que lorsqu'à côté des matières azotées, elles peuvent encore absorber un hydrocarbure. La formation d'albumine au moyen d'acide carbonique, d'eau et d'ammoniaque ou d'acide azotique, suppose par contre une action antérieure des cellules à chlorophylle (^).
La manière dont les cellules à chlorophylle fabriquent les hydrocarbures au moyen de l'acide carbonique et de l'eau , nous est tout aussi peu connue que les procédés chimiques qu'elles emploient pour s'assimiler de l'azote aux dépens de l'ammoniaque ou de l'acide azotigue. Ce qui peut toutefois nous aider à comprendre ce dernier
(1) Liebig, Cheni. Briefe, 4» ëdit. — Jul. Sachs, Experimentalphysiologie der PJlanzen. Leipisig 1866. — Pagtenr, Annaies chimiques et physiologiques y S® nérlc, t. LXFV, 1862.
fait, c'est ce qui se passe dans les expériences artificielles de nos laboratoires, il» (fu'aux dépens de ces corpbinaisons binaires nous formons des corps azotés pli complexes. Nous voyons, en effet, des substances plus complexes, naître, soit pii substitution dans les ammoniaques des atomes d'eau par des radicaux QtpiÊh ques, soit par combinaison des conaposés d'azote moins oxygénés avec des sulistiiMi organiques Ces faits peuvent nous expliquer comment les cellules réduisent l'iMl azotique qu'elles absorbent (Knop et Stohmann). Mais, en tout cas, ni les ceDuksii' gétales ni les cellules animales n'ont la propriété de s'assimiler directement PaMtoï* bre qu'elles puisent dans l'atmosphère. Un certain nombre d'observations anciena semblaient démontrer cette aptitude; mais aujourd'hui elles s'expliquent par ce qa^ tient compte des conditions si nombreuses dans lesquelles l'azote de l'air peut fowfl des composés ammoniacaux ou des azotates (voy. § 36).
Pour se rendre compte de la formation des corps gras aux dépens des hydroeiP bures, il faut, comme l'a démontré Liebig, admettre deux ordres de phénomènes Ai miques : 1° un phénomène de fermentation et de réduction, en vertu duquel desacide gras prennent naissance par voie de dédoublenient ; 2" un phénomène d'oxydatiot qui fait passer l'hydrocarbure, le sucre à l'état de base grasse (G** H "0**4-3 HO = (C»H*0'-f-CHO -h 3C0^). 11 faudrait donc envisager la formation des acides gn comme quelque chose d'analogue à la fermentation lactiquo'ou butyrique dans laquelh par exemple, 1 atome de sucre se transforme en4 atomos d'hydrogène ^d'acide car bonique, et en i atome d'acide butyrique* C«-' H»* 0** = 4 H -+- 4 CO* -h Cfi H' 0*' L'on n'est toutefois jamais arrivé jusqu'à présent à produire artificiellement de cet! manière des acides gras. Si les cellules végétales peuvent fabriquer ainsi des corf gras, il est probable que les cellules animales ont la même propriété, ce qui rcndri compte de l'augmentation de la graisse ou de la cire (chez les abeilles) par l'absorptio du sucre. Dans ces derniers temps on a cependant combattu cette manière de voirj l'on a admis que dans les organismes animaux, les graisses qui ne sont pas absorbé* directement, naissent toujours d'un dédoublement des albuminate.s. La présent des hydrocarbures dans l'alimentation paraît toutefois favoriser indirectement 1 dépôt de graisses, parceque ces corps sont ceux qui s'oxydent le plus facilemei et servent à la production de chaleur, ce qui permet ainsi aux graisses formées d rester en réserve (Voit). Depuis que l'on connaît la possibilité de voir naître U graisses par le dédoublement de l'albumine, leur formation aux dépens des hydroca bures est devenue plus douteuse, et, il faut le dire, les expériences qui démontra nettement ce mode de foi*mation dans les cellules végétales elles-mêmes, manquei encore. Il faut, en effet, remarquer que jamais on n'a pu jusqu'à présent produire art ficicllement des acides gras par la fermentation des hydrocarbures, tandis quelafe mentation des albuminoîdes donne toujours naissance à des corps appartenant à 1 série des acides gras. Hoppe a vu que dans le lait conservé dans un vase pendante temps prolongé, la quantité des corps gras augmente aux dépens de la caséine. 0 peut rapprocher de ce fait celui que déjà anciennement Burdach avait observé, sato que pendant le développement des œufs, la proportion de graisse augmente aux <i< pens des albuminoîdes. Un dernier fait qui pouri*ait venir à l'appui de cette manièi de voir, c'est la formation du gras de cadîivre ou adipocii^e ; d'après Hoppe, ce corp qui se forme par une putréfaction lente des matières albuminoîdes sous une basi température, ne serait qu'une combinaison d'acides gras solides avec de l'ammoniJ que. Mais, d'autre part, il ne paraît pas douteux que la base de la graisse, la glycêrw ne puisse naître aux dépens des hydrocarbures. Herthelot, en effet, a pu produire d( composés neutres d'acides monobasiques avec des matières sucrées , et la mannil (C" H * 0'*), substance qui se rapproche beaucoup du sucre fermentescible et pe' même y passer par des transformations chimiques , doit être envisagée en raison de 1