‹ Nouveaux elements de physiologie humanieChapitre 39 sur 217 · U. PHÉNOMÈMES DES FORCES VIVES · texte numérisé non relu

U. PHÉNOMÈMES DES FORCES VIVES

Nous donnons le nom de forces vives à toutes celles qui produisent des mouvements. Les mouvements sont donc des phénomènes dus aux forces vives. Dans un sens plus restreint, on réserve le nom de motivements aux changements de place appréciables à l'œil nu ou à l'œil armé d'instruments grossissants , que peuvent éprouver les corps , tandis que les mouvements de progression ou d'ébranlement des atomes imperceptibles constituant les corps ou Téther sont désignés , suivant les cas , par les mots de chaleur, lumière ou électricité. Les forces de l'organisme doivent être divisées : 1® en forces mécaniquesy produisant des changements de place des cellules ou de leurs éléments constitutifs (mouvements), et 2« en forces moléculaires , produisant soit de la chaleur i de la lumière, soit de l'électricité.

Les cellules végétales ou animales présentent souvent des mouvements qui tantôt sont provoqués par des causes extérieures, .attouchement, chaleur, action chimique etc., qui tantôt, au contraire, paraissent tout à fait spontanés. Beaucoup de ces mouvements sont sous la dépendance des modifications physiques des éléments cellulaires, et surtout de la membrane de la cellule; c'est à cette cause qu'il faut rapporter le mouvement géocentrique dû à la pesanteur, et l'héliotropisme de beaucoup de plantes, dû à l'action des rayons lumineux. D'autres mouvements semblent être sous l'influence des variations de tension qu'éprouvent les membranes cellulaires par suite d'une modification rapide et soudaine des conditions de l'imbibition , comme, par exemple, les mouvements normaux de certaines algues (diatomées, oscillaires), ou encore •les mouvements provoqués dans beaucoup de parties des végétaux (les folioles des mimosées (').

p) Pasteur,^, cit. — Traube, 7%eorie der Fermentunrkungen. Berlin 1868. — Meîssnor, VnUnuehiungen iAer den Sauentoff. Uanovre 1863. — Clausius, Paggendorjfs Annalen^ t. cm et CXXI, Ueber die Morphologie der organiairten Fermente; comp. : Haller, Oàhrungêencheinungen, Leipzig 1867.

(^ Brficke attribua d*abord les mouvements provoques des mimosas k une modification de rëlaaticitë des bourrelets axîllaires, due au passage du contenu liquide de la cellule dans la substance intercellulaire , passage qui dépendrait, d'après lui, de Tattouchement. Uofineister rattacha plus tard tous ces mouvements détermines par une modification de la tension des cellules h un changement dans Timbibition. — BrOcko, MiUler^s Jrekiv^ 1848. — Sitzungêberickt der Wiener Akademiey 1864. — Hofhielster, Physiologiêche Bolamk, 1 1, 1»» part.

WUXDT. — FbyBiologic. 0

8*2 KONCTIÔNiJ DES OIIGANISUES ËLÉMENTAIRICS.

Ces mouvements qui, en général, n'appartiennent qu'à des masses formées |)ar assemblage de cellules, sont beaucoup moins importants que ceux qui se passent dans les substances contractiles spéciales que l'on rencontre dans les deux régnes. Ces su l>s tances contractiles se ressemblent toutes parleur analogie avec les matières albuminoïdes, quoique, au point de vue de leur organisation , elles poi'sédeiit, en réalité, des différences considérables. Tantôt elles sont amorphes et en masse isolée (protoplasma libre); tantôt, bien qu'amorphes, elles sont contenues dans des éléments morphologiques (protoplasma contenu dans des cellules); d'autres fois encore elles constituent un contenu cellulaire â forme déterminée (substance musculaire); d'autres fois enfin, elles forment les appendices fins, mobiles, d'un contenu cellulaire proloplasmatitjue (cils vibralilcs, appendices des spores ou des éléments séminaux).

§ 37. — Houvements du protoplasma.

1" l'roloplaswa contenu dans des cellules. Le protoplasma contenu dans l'intérieur de toutes les jeunes cellules végétales vivantes est presque toujours soumis à des mouvements.

On constate ces mouvements par ce que, tantôt le protoplasma qui , normalement, ne remplit pas toute la cellule, subit des modifications de formes variées; tantôt les mouvements (tes granulations si réfringentes qu'il contient rendent son mouvement appréciable. Pour les cellules végétales, ces phénomènes soni la plupart du temps passagers, puisque d'ordinaire le protoplasma disparail bientôt lui-même. Parfois seulement cette masse persiste et ses mouvemeols continuent même dans les cellules adultes, comme, par exemple , dans les piquants de l'ortie, danî: les poils des cueurbitaeées, dans les cellules de différentes feuilles etc.

Mais quand déjà le protoplasma a diminué de quantité et qu'il ne reraplil plus toute la cellule, ses mouvements deviennent bien plus manifestes. Il esl ^, , alors d'ordinaire amassé sur la face interne de la mem-

brane de la cellule, et de cette masse partent des prolongements filiformes, tantôt divisés, tantôt anastomosés, qui se dirigent vers l'intérieur de la cellule (Fig. i^cellule d'une étamine du Tradescantia virginicoi les flèches indiquent la direction des mouvements du protoplasma). Le mouvement est en réalité double, ri constitué d'abord par les mouvements de la substance fondamentale hyaline du protoplasma, et* en second lieu, par un mouvement des granulations qui y sonl contenues; ces granulations sont, soit de la graisse, seit \^ de l'amidon.' Les changements do formes que subit la Pig. 1»». substance fondamentale démontrent clairement qu'elle

aussi participe au mouvement , et que ce ne sont fH seulement les granulations qu'elle contient. On obser\-e tantôt des Ûlaments, partis do la masse proloplasniatiquc, qui s'élai^issent ou se rétrécissent; tantôt on on voit qui se dédoublent ou se divisent. Les mouvements des graDulatioos

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