A. NUTRITION DES PLANTES
§ 42. — Éléments nutritifs des plantes considérés en général.
La plante, comme tout organisme, pour se nourrir, transforme ses propres
éléments. Chaque plante est constituée par des combinaisons combustibles et
incombustibles (volatilisables par la chaleur ou fixes). Une température élevée
transforme la plus grande partie des éléments de la plante en produits gazeux
et en une petite quantité de cendres. De même que le végétal se décompose
ainsi en gaz qui se perdent dans l'atmosphère et en matières fixes , de môme
aussi le végétal tire ses éléments nutritifs , partie de Tatmosphère , partie des
substances solubles du sol. A l'atmosphère la plante emprunte ses matériaux
organiques y ceux-là mêmes qu'elle lui rend par la combustion; au sol elle
prend les sels inorganiques dont elle a besoin, sels qui résistent à la combustion
et forment les cendres. Elle peut toutefois tirer quelques éléments organiques
simultanément et de l'atmosphère et du sol , l'acide carbonique et Feau par
exemple; d'autres fois elle les tire uniquement du sol , quoique ,A la vérité,
l'origine primitive de ces substances soit, au moins en partie, l'atmosphère et
que, comme pour l'ammoniaque, elles soient formées par la combinaison d'un
des éléments de l'air avec l'eau du sol.
Les matériaux qui servent à la nutrition de la plante se trouvent tout aussi bien dans l'air que dans le sol à l'état de combinaisons inorgaiiiqiies, La plante, en se nourrissant, tend donc à organiser ces combinaisons. L'atmosphère lui fournit de Vacide carbonique y de V oxygène et de la vapeur d^eau; le sol ï«i procure de l'eau, de Vacide carbonique y de V ammoniaque y des sels ^^ "potasse y de soude y de chaux y de magnésie y combinés avec le chlore y ^'^(^'làe phosphorique , l'acide sulfurique , l'acide carbonique. Le végétal trouve ®îi outre dans le sol de faibles quantités d'acide silicique, de fer , de manga- ^; les plantes marines absorbent, outre les sels de chlore, des sels de brome ^td*iode. En combinant tous ces différents éléments, le végétal fabrique ses 'hydrocarbures y ses graisses, ses albuminoïdes y ses acides et alcalis organi- 9^*^, seshuiles essentielles et ses résines. Tous ces corps, elle les fabrique aux %eiis de l'acide carbonique, de l'oxygène et de l'eau de l'atmosphère^ et aux dépens de l'eau, de l'acide carbonique, de l'ammoniaque, quelquefois de l'acide
94 FONCTIONS DEb ORGANISMES COMPOSÉS.
sult'uriqiic (sulfates) du sol. Les substances organiques ainsi formées sont toutes, soit combinées chimiquement^ soit intimement mélangées aux autres matières inorganiques que la plante trouve dans la terre. Les acides oipiniques, par exemple, sont en général combinés à des bases inorganiques, tendis que les bases végétales se combinent à des acides inorganiques. Les albuminates sont aussi en combinaison avec des alcalis et sont toujours mélangés intimement à de^ sels.
§ 43. — Éléments nutritifs atmosphériques.
C'est Tacide carbonique qui est de beaucoup le plus important pai*mi les éléments nutritifs que Tatmosphère fournit aux plantes. L'air atmosphérique est, comme chacun sait, un mélange gazeux de composition très-constante, qui contient à peu près 21 parties d'oxygène et 79 d'azote. L'acide carbonique qu'on y trouve est en proportion presque inappréciable , 1/25 pour -100 en volume. Cette quantité d'acide carbonique est constante et a été trouvée la même sur les points les plus différents de notre globe; il va sans dire qu'il faut ici faille abstraction des endroits clos , où , par suite de la respiration des animaux et de la combustion des matières carbonées, il peut s'accumuler de grandes quantités de ce gaz. Toutes les parties vertes des plantes, sous V influence de la lumière , absorbent cet acide carbonique et éliminent en même temps de l'oxygène. L'absorption d'acide carbonique par les parties vertes des plantes, sous l'influence de la lumière, n'est pas l'unique source de tout le carbone contenu dans les végétaux. Les plantes terrestres absorbent encore, en effet, par leurs racines , de l'acide carbonique dissous dans l'eau ; quant aux plantes aquatiques, les parties vertes de leur surface opèrent de la même manière. Mais l'acide carbonique dissous dans l'eau qui imbibe le sol , tout aussi bien que dans l'eau des lacs, des fleuves etc., provient en réalité de l'atmosphère; c'est donc toujours l'acide carbonique de l'air qui , par voie indirecte, fournit à la nutrition du végétal. Mettez des plantes dans un air dont l'acide carbonique est constamment absorbé par la chaux , vous les verrez bientôt mourir; il en sera de même si vous les privez de lumière : elles s'étioleront et périront Ce fait démontre que l'acide carbonique atmosphérique est absolument nécessaire à la nuti^ition du végétal.
La plante soutire à l'atmosphère un deuxième élément nutritif, Voxygm> Toute plante absorbe, par toute sa surface, dans V obscurité^ de l'oxygène et exhale de l'acide carbonique. Les parties de la plante qui ne sont pas vertes continuent, même sous Finflucnce de la lumière, à absorber de l'oxygène et à exhaler de l'acide carbonique.
L'absorption de l'acide carbonique par les plantes est donc iiitermitteiiU, tandis que celle de V oxygène est continue , puisque les parties du végétal qni ne sont pas vertes absorbent ce gaz , même sous l'influence des rayons lumineux-
'absorpti
ces gaz , on trouve que la quantité d'acide carbonique absorbée est toujours supérieure à celle qui est exhalée, tandis que la quantité d'oxygène absorbée est