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ÉLÉMENTS NUTRITIFS ATMOSPHÉRIQUES

inférieure à celle d"oxygène exhalée. A un point de vue général , les végétaux diminuent d'une manière constante l'acide carbonique de l'air ambiant et augmentent sa richesse en oxygène. Toute une série de causes produisent sur l'atmosphère un effet opposé à celui des végétaux. Et d'abord la respiratio7i des animaux y qui soutire l'oxygène de l'air et lui rend de l'acide carbonique. Toutes les combustions agissent de la môme manière ; de même aussi les fer^ mentations et les putréfactions , phénomènes qui , ainsi que la combustion et la respiration, s'accompagnent toujours d'une oxydation des matières carbonées. Ces différentes oxydations finiraient donc à la longue par soutirer tout l'oxygène de l'air en le remplaçant par de l'acide carbonique , et altéreraient ainsi la composition de l'atmosphère ; mais les plantes jouissent d'une action opposée , car elles enlèvent l'acide carbonique de l'air et augmentent sa richesse en oxygène. Ce sont donc les plantes qui , par leur échange gazeux , empêchent lu ^minution de l'oxygène , tandis que la respiration et la combustion empêchent la diminution de l'acide carbonique atmosphérique. Gomme , depuis que l'on sait analyser l'air, on n'a pas trouvé que sa composition ait varié, il faut donc admettre que ces deux actions ont une intensité égale, que l'excès d'oxygène iourni par les plantes est tout à fait égal à la quantité de ce gaz qui disparaît par la respiration des animaux et par les combustions ; de même que l'excès d'acide carbonique produit par ces derniers phénomènes compense la quantité de ce gaz qui disparaît pour la nutrition des végétaux. *

E*n raison de leur action sur la composition de l'air, on a donné aux plantes le nom de rérjulateurs ou de purificateurs de l'atmosphère. Il est de fait qu'au point de vue des animaux, les végétaux purifient Tatmosphère. Mais si nous envisageons la question à un point de vue plus élevé , les animai^x ont une action analogue , car la ré- {(ularisation de la composition de Tair est en réalité due aux deux modes de respiration, à celui des plantes comme à celui des animaux.

La cause de Tégalité constante entre les deux phénomènes est due à ces phénomènes eux-mêmes. Supposons que la proportion de végétaux qui existent devienne inférieure à celle des animaux, aussitôt la proportion de Tacide carbonique de l'air augmentera , et celle de l'oxygène diminuera. Aussitôt, également, les conditions de l'existence de la vie des animaux deviendront moins favorables, tandis que celles nécessaires à la vie des végétaux seront devenues plus propices , puisque l'un des éléments nutritifs les plus importants pour les premiers aura diminué , tandis qu'il sera devenu plus abondant pour la nutrition des seconds. La proportion des végétaux augmenterait donc aux dépens de celle des animaux jusqu'au moment où nne égalité complète se produirait entre les deux ordres de phénomènes respiratoires , jusqu'au moment où la composition de l'air serait redevenue constante , or c'est précisément là ce qui existe dans l'atmosphère qui nous enveloppé en ce moment.

Celte constance de composition de l'air a-t-elle toujours existé ? La géologie nous enseigne qu'à des époques .reculi^es la terre était couverte d'une végétation infîni- ^nent plus luxuriante que celle que nous voyons , et que cette végétation a précédé ^« beaucoup l'apparition des animaux. Ce fait seul nous démontre qu'à une époque illogique notre globe était enveloppé d'une atmosphère dont la composition a ^ccessiveraent varié, s'appauvrissant constamment en aciJe carbonique et s'enri- ^^issant en oxygène. Les immenses couches de houille qui se formèrent alors nous prouvent la quantité énorme d'acide carbonique qui existait à cette époque dans

9t) FONCTIONS DEH OIlGANlSMtS CO>UH)SÉb.

Tair. L*ongiiie de cet acide carbonique s'explique aisément quand on songe que la terre du globe en ignition s'est refroidie successivement et est devenue solide. Un immense phénomène de combustion a donc précédé l'apparition de tous les êtres organisés. Les premiers organismes qui purent se développer devaient donc élre capables de s'assimiler le carbone accumulé dans l'atmosphère sous forme diacide carbonique; ces organismes ce sont les plantes. Ce n'est que lorsque la quantité d'acide carbonique fut de beaucoup diminuée et que celle de l'oxygène se firt augmentée dans l'air, que de nouveaux êtres, les animaux^ qui absorbent de l'oxygène et éliminent de l'acide carbonique, purent faire leur apparition. Une fois que ces deux espèces d'organismes se trouvèrent sur le globe , il fallut nécessairement qu'ils se missent pour ainsi dire en équilibre , c'est-à-dire que la population relative des animaux ne pût plus augmenter et que celle des végétaux ne pût plus diminuer.

§ 44. — Éléments nutritifs tirés du soL

De tous les éléments nutritifs que la plante tire du sol , au moyen de ces racines, c'est Veau qui lui est le plus nécessaire ; elle en prend probablement aussi une petite quantité à Tair atmosphérique par l'intermédiaire des feuilles. L'eau est le milieu dans lequel se trouvent en solution les éléments oiçaniques et inorganiques les plus importants du végétal. C'est sous cette forme que tous les matériaux dénutrition de la plante, qu'ils soient gazeux ou solides , sont absorbes et qu'ils se répandent dans son intérieur. De tous les éléments qui entrent dans la structure des plantes , il n'en est pas un seul qui n'ait ét6,à un certain moment, en solution aqueuse. L'eau que la plante absorbe lui sert d'élément nutritif et de véhicule de transport dans l'intérieur même de son organisme ; elle lui, sert aussi de moyen d'excrétion lorsque les substances qui y étaient dissoutes ont été fixées et transformées en parties solides du végétal. L'eau absorbée remplace constamment celle qui s'évapore des cellules et des tissus de la plante, et continuellement elle est remplacée à son tour par une nouvelle quantité de liquide soutirée au sol par les racines. L'évaporation aqueuse se fait par toute la superficie de la plante, surtout par celle des organes foliaires. Il est nécessaire d'admettre que dans un même temps la plante perd par évaporation une quantité d'eau égale à celle que les racines aspirent comme véhicule des éléments nutritifs; cette égalité est prouvée, en ellet, par la constance dans la richesse aqueuse de la plante.

Une partie de l'eau n'est pas un simple véhicule de dissolution , mais est elle-même un élément nutritif du végétal. Il est hors de doute que toute plante décompose de Veau; que son hydrogètie , en se combinant, forme certaines parties élémentaires du végétal et que son oxygène sert en partie à former quelcpics composés de la plante , et est en partie exhalée dans l'atmosphère. Senebier a trouvé que la quantité d'eau évaporée à la surface de la plante n'esi pas parfaitement égale à celle qui est absorbée par les racines; que le rapport de la première est à celle de la seconde :: 13 : 15. Or cette dilTérence ne peut être attribuée qu'à une décomposition et à une assimilation, par le végétal, <1^ la quantité excédante.

Les combinaisons d'ammoniaque et d'acide azotique que la plante absorbe sont toutes à l'état de solution aqueuse. L'ammoniaque se forme en quanti^

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