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MOUVEMENTS LIQUIDES NUTRITIFS DANS LA PLANTE. , 9U

La force d'attraction que Thumus exerce sur les sels inorganiques que nous venons de désigner est telle qu'elle les extrait presque en entier de leurs solutions et que Peau qui reste est presque pure. Mais les racines possèdent, elles aussi, une force d'attraction spéciale ; ce qui le démontre , c'est que la proportion des substances inorganiques qui existent dans les tissus de la plante n'est pas la même que celle que l'on trouve dans le sol. Il ne faudrait donc pas croire que les racines absorbent les liquides dans le même état où ils se trouvant dans le sol ; la solution qui pénètre dans la racine a même une composition tout à fait différente de la solution ambiante ; mais Vendosmose nous explique ce mystère. Il a jusqu'ici été de toute impossibilité de déterminer les conditions spéciales qui font que, dans ce cas particulier , l'endosmose se fait de cette manière et non pas d'une autre. Des affinités chimiques jouent évidemment ici un rôle des plus importants, tout aussi bien que pour le fait de l'absorption des gaz atmosphériques par la surface de la plante (').

§ 45. — Mouvements liquides nutritifs dans la plante.

L'absorption de l'eau , de rammoniaque , de l'acide carbonique et des sels pai- les i-acines, de l'acide carbonique et de l'oxygène par la surface extérieure du végétal, s'accompagnent d'un mouvement constant des matières imlritives assimilables dans l'intérieur de l'organisme végétal. L'eau dans laquelle les matières nutritives tirées du sol sont dissoutes est absorbée par les cellules corticales superficielles de la racine ; elle passe alors dans la partie ligneuse de celle-ci , monte dans le ligneux de la tige et des branches et arrive jusqu'aux feuilles. Là, ce liquide reçoit, par l'acide carbonique absorbé, la quantité de carbone qui lui est nécessaire, et là aussi, sous l'influence de la lumière, les substances nutritives se transforment en leurs composés organiques. Le liquide nourricier ainsi constitué chemine alors peu à peu à partir des feuilles, à travers les faisceaux vasculaires et les cellules , jusqu'aux parties du végétal dans lesquelles il est consommé , ou jusque dans d'autres parties , comme les tubei* cules, les bulbes, les fruits, où il est emmagasiné pour servir ultérieurement aux oignes qui devront le consommer. Le mouvement du liquide nourricier se fait donc dans des directions très-variées, tantôt et très-fréquemment il descend vers les racines , souvent aussi il monte ou se porte transversalement 5 suivant la situation qu'occupent les lieux de consommation ou de réserve du végétal* Les albuminoîdes et les corps gras se meuvent surtout dans les fais-^ ceaux vasculaires ; les hydrocarbures et les acides végétaux , au contraire , dans les cellules du parenchyme.

L'ascension du liquide nutritif non encore élaboré qui se dirige des racines Vers les parties vertes de la plante est due uniquement à des forces mécaniques* Les cellules de la racine se remplissent d'abord par imbibition et par endosmose ; le liquide absorbé ainsi progresse par capillarité vers les cellules '^ela tige, puis, en raison de l'évaporalion de l'eau qui s*opère à la surface des parties vertes, il est obligé de se diriger vers ces dernières . Ce sont des forces Vogues qui probablement contraignent le liquide nourricier déjà élaboré à ^porter vers les parties où il sera consommé ou mis en réserve. Si les albu-»

l^) Licbig , Chemiêt^ie Hriefe. 4« cdit., t. U.

100 FONCTIONS J>ES OUtîANlSMES COMPOSÉri.

ininoïdes et les corps gras cheminent à travers les faisceaux vasculaires criblés de trous, cela tient à ce que ces substances ne peuvent pénétrer par voie d'endosmose à travers les membranes des cellules , membi*anes que traversent au contraire tr^facilement les hydrocarbures et les acides végétaux solubles. Aussi ces dernières substances cheminent-elles , comme nous Tavons dit , surtout à ^ travers les cellules closes du parenchyme. Mais l'amidon , qui toujours est à l'état solide dans les cellules? Il paraît hors de doute que toujours, quand l'amidon traverse une paroi membraneuse, il est dissous, peut-être après transformation en glycose. Il faut donc que , pendant son mouvement , l'amidon se dissolve et se précipite bien des fois. Le liquide nourricier élaboré doit, en tout cas , la direction do son mouvement à des forces attractives développées par la consommation elle-même dans les parties où il sera consommé, et développées dans les parties où il sera mis en réserve par la propriété qu'ont les cellules qui s'y trouvent de s'accroître considérablement.

La présence des hydrocarbures et des albuminoïdes étant également nécessaii-e pour former des éléments végétaux, on peut, en empêchant l'accès de Tune de ces deux substances, enrayer la nutrition d'une partie d'un végétal. Aussi, lorsque sur des plantes ligneuses dicotylédonées on sectionne Técorce circulairement , voit-on les parties situées au-dessous de la section s'atrophier. Dans ces plantes, en effet, les faisceaux vasculaires se trouvent dans l'écorce , en raison de quoi l'apport des albuminoïdes est empêché par la section. Cette expérience avait fait croire autrefois que le liquide nutritif élaboré chemine toujours par l'écorce , tandis que le liquide brut monte par le ligneux. Mais puisque les hydrocarbures cheminent dans les cellules du ligneux, il s'ensuit déjà que cette hypothèse est inexacte. Quand les plantes possèdent des canaux laticifères ou des faisceaux vasculaires situés dans leur moelle , des quantités d'albuminoïdes cheminent dans ces vaisseaux.

Parmi les forces qui font cheminer le liquide nourricier dans la plante , il en est deux que l'on peut mesurer d'une manière approximative : la force d'attraction des racines et la force d'évaporation de la surface. Si l'on vient à sectionner une plante immédiatement au-dessus de la racine, et si l'on fait baigner la racine dans de l'eau, on peut, par la quantité d'eau qui s'écoule de la surface de section , juger de la quantité de liquide absorbé par la racine. D'autre part, si l'on sectionne un rameau et si on le fait plonger 'par sa suiface de section dans un vase rempli d'eau auquel est adapté un manomètre, on peut juger de la force d'évaporation par l'abaissement du niveau du mercure de la colonne manométrique.

§ 46. — La plante , organisme de réduction.

La plante, en se nourrissant, décompose en leurs éléments l'acide carbonique et une partie de l'eau absorbés ; elle retient le carbone et l'hydrogène mis en liberté par cette décomposition ; elle exhale , au contraire , une partie de l'oxygène ; de plus, la quantité d'oxygène qu'elle soutire à IJair est de beaucoup inférieure à celle qu'elle lui rend. Il résulte de tout cela que l'on peut envisager la plante comme un organisme de réduction ou de désoxydation. Elle transforme les combinaisons très-oxygénées (acide carbonique et eau) en pix)duits moins oxygénés, et met en liberté une certaine quantité d'oxygène. Mais, comme , d'autre part , le végétal transforme les combinaisons inorganiques sim-

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