ÉLÉMENTS NUTRITIFS TIRÉS DU SOL
nsidérable à l'état de carbonate , de phosphate et de chlorhydrate , pendant la itréfaction des corps organisés. La fermentation des éléments du sol, sous ttfluence d'un ferment et en présence de Tair, développe, aux dépens do mmoniaque, de l'azotate de potasse, et réciproquement, sous l'influence de rments de réduction il peut naître des sels d'ammoniaque aux dépens des 3tates. En dehors de la fermentation et de la putréfaction , il est encore d'auîs actions chimiques et physiques qui donnent naissance à des composés izote avec de l'oxygène ou de l'hydrogène. Ces composés paraissent se rattacher iijours à \sL prodtiction de V ozone. Quand une masse d'air est traversée par le étincelle électrique , à chaque coup de foudre il se produit de l'acide azo- [ue par suite d'une combinaison de l'azote avec l'oxygène atmosphérique, liœnbein a trouvé que pendant toute combustion il y a formation d'azotate mimoniaque; une certaine quantité de vapeur d'eau serait, en eflet, déconi- ►sée et l'azote de l'air se combinerait avec l'hydrogène et l'oxygène mis en »erté. Aussi, par suite des combustions, comme également par suite de la itréfaction des corps organisés, putréfaction cjui donne naissance à du carboite d'ammoniaque volatil, se trouve-t-il toujours dans l'air, outre l'azote »re , une petite quantité d'azote combiné sous forme d'ammoniaque , d'acide otique ou d'azotate. Toutes ces combinaisons sont, en réalité, bientôt dis utes par la pluie ou absorbées par la surface des corps, surtout par la couche perficielle poreuse du sol, et retournent ainsi aux racines des plantes. L'amoniaque et les azotates sont les seules sources où les plantes prisent leur ote; mais c'est l'ammoniaque qui joue ici le rôle principal. L'acide azotique trouve surtout dans les terrains calcaires ou riches en alcalis ; on ne le ouve ni dans les argiles , ni dans l'eau douce, ni dans l'eau de mer. Quelques antes terrestres semblent , d'après les recherches de Knop et de Stohmanu , oir besoin de cet acide comme élément de nutrition.
Liebig, le premier, développa cette théorie de la nutrition azotée des végétaux, n point cependant avait été laissé obscur et insuffisant par ce chimiste; de nuu- (lies recherches étaient donc nécessaires. Liebig croyait que les fermentations et s putréfactions fournissent seules l'ammoniaque et les azotates. C'est Schœnbein li, par ses travaux, démontra que ces corps si importants pour la nutrition vestale naissent encore par des combustions et des phénomènes atmosphériques, éjà Faraday avait démontré que beaucoup de corps peuvent condenser à leur orface des combinaisons azotées volatiles. Tous ces faits sont extrêmement imporuits; ils tendent, en effet, à nous éclairer sur Torigine des organismes végétaux. La hëorie de Liebig était basée sur une sorte de circulation constante des éléments dans loate la nature organisée , mais elle ne pouvait expliquer Torigine primordiale d'êtres fMrganisés. Les travaux de Schœnbein, au contraire, nous font comprendre comment ^'iiote de l'air peut se transformer en combinaisons ammoniacales ou en azotates ; ^ ce sont ces combinaisons qui , avec Tacide carbonique , doivent être envisagées ^oaaae les premières de la nature organisée.
Hulder a exposé une manière d'envisager les choses tout à fait différente. D'après ^ui) tout l'azote contenu dans les plantes provient de l'ammoniaque, non pas de "ammoniaque libre, mais de certaines combinaisons salines ammoniacales qui 'orment les substances conteimes dans l'humus de la terre végétale; ces combi- ^^ns seraient probablement toutes ternaires (formées de carbone , d'hydrogène et
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d'oxygèiic). Les acides de rhum us sont eux-mêmes des produits de décomposition des corps organisés eu putréfaction ; ils sont ou solubles ou insolubles dansTeau. mais leur composition chimique est encore peu connue , en raison de leur instabilité. Leur importance au point de vue de la nutintion végétale est tout à fait incontestable ; en effet , quand un sol vient à manquer de ces acides , les plantes qui y croissent ne se nourrissent que fort imparfaitement. D'autre part, cependant, il est démontré par des expériences positives que des plantes peuvent se développer dans un sol tout à fait inorganique. Saussure s*est assuré que les racines n'absorbent qu'une très-minime quantité des acides de Thumus. Il faut donc admettre que Tammoniaque libre n'en reste pas moins une des sources principales d'où dérive Tazote des plantes. Ces recherches ne sont, au reste ^ pas encore tout à fait probantes, car, en effet , la disparition de petites quantités des substances de l'humus peut dépendre de leur propre décomposition. Il est plus probable que les acides organiques du soi, et surtout le carbonate d'ammoniaque produit par la fermentation des engrais, se décomposent en acide carbonique libre et en ammoniaque , qui se dissolvent dans l'eau et sont absorbés par les plantes. Il est, au reste, de peu d'importance pour la théorie de la nutrition végétale de savoir que de petites quantités de sels de l'humus sont absorbées en nature et décomposées seulement dans l'intérieur des organismes végétaux (»).
Les racines ab.sorbent , en môme temps que rammoniaque , tous les élément* fixes des plantes. Ces éléments y pénètrent aussi en solution aqueuse. Une partie de ces corps se mélange intimement aux éléments végétaux organiques et conserve sa composition chimique sans altération ; une autre partie de ces corps se décompose .sous l'influence de ces mêmes substances végétales organiques et donne naissance aux combinaisons d'acides organiques avec des bases inorganiques , ou d'acides inorganiques avec des bases organiques. Quelquefois môme ces corps fixes se décomposent en leurs éléments ;* c'est ce qui se passe pour Tacide sulfurique des sulfates , d'où provient tout le soufre qui se trouve dans les composés organiques (albuminates, quelques huiles essentielles). ' La plante , en s'assirailant les éléments qu'elle tire du sol , ne les absorbe pas dans une proportion égale à celle dans laquelle ces éléments se rencontrenl soit dans l'atmosphère , soit dans la terre ; il en est qu'elle absorbe en quantité relativement plus considérable , et d'autres qu'elle n'absorbe que dans une proportion minime. Elle possède une force d'attraction considérable pour ceux de ces éléments qui lui sont indispensables pour vivre et pour réparer ses tissus. Ce choix opéré par les racines se trouve déjà favorisé par le sol , (jui lui-même absorbe surtout de l'ammoniaque et del'acide carbonique , ainsi que les sels qur précisément sont les plus favorables. à la végétation. Les sels de potasse, b phosphates sont absorbés par l'humus en quantité considérable , tandis que ce dernier ne jouit que d'une propriété d'absorption plus faible pour les sulfates? les sels de soude, de chaux, de magnésie, le fer et le manganèse.* La composition de la terre végétale a donc une influence capitale sur la végétation. Il esl beaucoup de plantes qui . s'atrophient quand on les transplante dans un aulr* terrain , et d'auti*es qui , dans les mômes conditions , modifient leur structure*
(1) Muldcr, Versuch eiiier allgemeinen phynolof/ischen Chemie, Braunschweig 1844.—^ Liebig , IHe Chemie in ihrer Ameendung atif At/ricultur laid Physiotoffie, 7° édit* Br»**"' Hchwcig 1HI»2.