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B. NUTRITION DES ANIMAUX

§ 47. — Passage dans le corps des animaux des éléments nutritifs

élaborés par les végétaux.

L'animal, de même que le végétal, est constitué par des combinaisons combustibles ou fixes. Ces deux espèces de substances sont absorbées pendant l'acte de la nutrition , et sont éliminées. Les substances fixes éprouvent, de même que dans l'organisme végétal, des modifications moins importantes que les autres ; beaucoup d'entre elles apparaissent dans les excrétions sous la même forme sous laquelle elles ont été absorbées. Au contraire, les substances combustibles ou organiques éprouvent des métamorphoses très-importantes qui, en général, sont d'une autre nature que celles qui se produisent dans les végétaux. L'animal, en effet , n'est pas obligé d'emprunter les éléments de ?on corps à la nature inorganique , il les prend aux végétaux qui eux ont déjà transformé les substances inorganiques en combinaisons organiques. Ce n'est pas directement au moyen de l'acide carbonique, de l'eau , de l'ammoniarpie et des sels qu'il reconstitue ses tissus, mais c'est au moyen des hydrocarbures, des graisses, des albuminates qui forment les tissus végétaux, et ces substances n'ont besoin que de peu de ipodifications pour pouvoir entrer dans les éléments des tissus animaux.

Ce sont d'abord les herbivores qui empruntent aux plantes les matériaux de leurs tissus ; puis, à leur tour, les carnivores les prennent aux herbivores. En dernière analyse^ les éléments du corps des animaux proviennent en réalité de l'atmosphère et du sol ; car jamais l'animal n'assimile une substance sans que déjà elle ait été assimilée par une plante, et la plante s'est entièrement constituée aux dépens de l'air et du sol.

Les combinaisons chimiques qui forment *les organismes végétaux et animaux sont ou identiques, ou presques analogues. Les albuminates, le sucre, <iuelques corps gras, quelques acides non azotés présentent dans les deux règnes une composition identique; d'autres corps, comme les bases orga- ^^Qes, ont au moins une grande analogie de composition. Les plantes con- ^cnnent bien plus de substances que l'on ne rencontre pas dans les animaux, ^e ces derniers n'en contiennent qui n'appartiennent pas également aux végé- ^^x, et encore est-il à remarquer que les substances propres et spéciales aux animaux ne sont en réalité que des produits de décomposition des tissus de l'a- '^^. C'est ainsi que les éléments végétaux les plus importants, la cellulose, '^don, beaucoup d'acides non azotés, les huiles essentielles, les alcalis végé- '^^x, ne se rencontrent pas chez les animaux. I^s éléments que l'on trouve

dans le corps de ces derniers, et qui n'existent pas dans les végétaux sont des produits excrémentitipls ou s'en rapprochant beaucoup, comme l'urée, la créatine, l'acide urique, les acides biliaires etc. Il faut en conclure que Vanimal emprunte aux plantes les éléments dont il forme son organisme, et qu'il les emploie sans presque leur faire subir de modification. L'animal ne saurait reconstituer ses tissus avec d'autres combinaisons que celles-là, alors môme qu'elles seraient d'une composition élémentaire identique. Aussi sa nutrition est-elle arrêtée dès que la source végétale vient à lui faire défaut d'une manière directe ou indirecte.

Quoique presque tous les éléments du corps des animaux soient préformés dans les plantes , la proportion dans laquelle on les rencontre dans les deux sortes d'organismes est toute différente. En outre, l'animal ne perd jamais non plus la propriété de modifier jusqu'à un certain degré les éléments végétaux pour en fabriquer les siens.

Quant à la proportion suivant laquelle il s'assimile les éléments des tissus végétaux, l'animal se comporte comme la plante. Cette dernière , on effet, fait d'abord un certain choix au moyen de ses organes absorbants, parties vertes et racines; elle en fait encore un nouveau au moyen de chacune de* ses parties élémentaires, en ce sens que la nutrition fournit toujours des produits distincts, suivant qu'elle se passe dans les cellules , les vaisseaux du tronc , les feuilles ou les racines. L'animal exerce un double choix analogue sur les éléments favorables à sa nutrition, d'abord par les organes d'absorption, et en second lieu par chaque particule élémentaire de chacun de ses tissus ou de ses organes. Les organes d'absorption, comme les vaisseaux sanguins, chylifères, lymphatiques, avec les glandes qui s'y rattachent, forment un liquide nourri' cier, presque identique partout, le sang. Le sang correspond au liquide nourricier organisé des végétaux, liquide qui provient de leurs parties vertes , et se meut vers leurs différents organes, mais il en diffère par ce que chez la plu* part des animaux, cTiez tous les animaux supérieurs au moins, le sang contient des éléments organisés , des cellules qui se meuvent avec lui et contiennent, sous forme concentrée, les parties nutritives les plus essentielles du corps des animaux. Les globules sanguins tirent leur origine des glandes sanguines ou lymphoïdes ; ces glandes ont pour fonction de transformer le suc nutritif non encore élaboré en un liquide contenant des éléments organisés.

Le globule sanguin est constitué par de l'albumine, des matières colorantes (hémoglobine) et des substances analogues aux corps gras (protagon, graisses); en fait de sels, il contient surtout du chlorure de potassium et du phosphate de potasse. Le liquor du sang renferme une petite quantité d'albuminates en solution (albuminatc de potasse, albumine et fibrine) ; parmi les sels qu'on y trouve, c'est le chlorure de sodium et le phosphate de soude qui sont les plus abondants. Globules et liquor contiennent tous deux en moindre quantité du sulfete de potasse, du phosphate de chaux et de magnésie. Le liquor contient, en outre, de faibles quantités de substances excrémentitielles, urée, créatine, créatinine. Il résulte de la différence de composition des deux parties du sang qu^ les globules contribuent surtout à la nutrition des organes, tandis que le liquor contient surtout les matériaux de décomposition des tissus.

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