NUTRITION DES ANIMAUX
Cette conclusion peut se tirer surtout : !<> de la richesse des globules en albuminates; 2<» de la nature des sels contenus dans les globules et dans le liquor. Les premiers contiennent surtout des phosphates et des sels d^ potasse; le liquor^ au contraire, contient surtout des chlorures et des sels de soude; or la composition des tissus se rapproche beaucoup de celle des globules , tandis que celle des liquides excrémentitiels se rapproche de la composition du liquor. Enfin 3'» de ce que les substances excrémentitielles , comme Purée, se rencontrent exclusivement dans le liquor.
Parmi les substances organiques formées par les végétaux, celles qui peuvent «ervir à la recomposition des tissus de l'animal sont les seules qui normalement se retrouvent dans le sang. Tantôt comme la cellulose , elles ne pénètrent pas dans ce liquide, tantôt comme l'amidon , qui déjà dans l'intestin se transforme en sucre, elles n'y passent qu'après s'être modifiées. Il en est d'autres qui , en raison de la rapidité de leur diffusion , comme les huiles essentielles , passent à la vérité dans le sang, mais en sont très -rapidement éliminées, et d'autres qui, comme les acides végétaux, se transforment rapidement, se combinent d'abord à des alcalis libres pour devenir des carbonates alcalins.
De tous les éléments des plantes, il n'y a donc que les corps gras, les hydrocarhureSy les alhuminates et certains sels inorganiques qui sont indispensables pour reconstituer les éléments du sang. Aussi le sang contient-il normalement ces quatre espèces de substances. Mais toutes ces substances se mettant en contact avec les différents tissus et les différents organes , ces derniers exercent sur ces éléments du liquide nourricier dont la composition est presque partout constante, une action élective, en vertu de laquelle chaque tissu attire à lui et n'assimile ceux dont il a besoin. Le sang se modifie donc parce que en cir- \ culant à travers les différents tissus et organes du corps, il leur abandonne \ des éléments et leur en reprend d'autres. Le liquide nourricier qui se dirige \ vers les organes est, en général , désigné sous le nom de sang artériel, tandis îu'on donne le nom de sang veinexix à celui qui en revient. Dans la plupart des tissus, le sang perd une partie de ses éléments nutritifs, et en ramène les produits de décomposition. Aussi, en général , le sang artériel est-il plus ricbe fin éléments de nutrition, et le* sang veineux en éléments de décomposition. C'est en raison de la proportion d'oxygène, l'un des principaux éléments de nu- Wtion, qu'il contient, que le sang artériel a une couleur rouge clair, et c'est en 1^1 Faisou de la proportion d'acide carbonique, l'un des principaux éléments de dé- ^*\ composition, qu'il contient, que le sang veineux a une couleur rouge foncé. ^ Les poumons forment parmi les autres organes une exception, car le sang y fi*1 perd 'de l'acide carbonique et s'y charge d'oxygène. Le sang artériel qui se tn'f rend aux poumons, sang qui provient de toutes les veines et qui est mélangé au ^ chyle venu de l'intestin est donc rouge foncé ; le sang veineux, au contraire, qui i ^ provient des poumons et qui par l'intermédiaire du cœur doit être poussé vers ^' *<ïU8les organes du corps est rouge clair. Le foie, lui aussi, constitue une ex- . cr» ception du même genre, car la plus grande partie de sang qui s'y rend est du ^ ^veineux venu (J'autres organes, mais en sortant, il gagne les poumons, I'* '1 ^ comme le sang veineux de tout le corps il s'y transforme en sang artériel
Des btMS groupes de substances oi^ganiques qui se trouvent dans le sang, il n'y a en réalité que les albuminates et les corps gras qui peuvent être désignés romme propres à former des tissus. Les hydrocarbures remplacés par la matière gtycogène et quelques variétés de sucre ne sauraient prendre part à cette formatioQ. Par contre^ il est des corps inarganiqiteSy les phosphates terreux et alcalins , le carbonate de chaux, les chlorures alcalins, le fer, qu'il faut ranger parmi les substances aptes à entrer dans la constitution des tissus.
Voyez le chapitre de pliysiologie spéciale du sang pour tout ce qui a trait à la différence entre le sang artériel et le sang veineux , pour les modifications 'pie ce licpiide subit daas le poumon , le foie etc.
§ 48. — Métamorphoses qoe subissent les éléments natritift dans
le corps des animaux.
Les éléments nutritifs que les animaux empruntent aux végétaux subissent des métamorphoses spéciales pendant le premier choix que leur fait subir le sang, tout aussi bien que pendant le second que leur font subir les différents tissus.
Les graisses végétales, si déjà elles ne se trouvent à l'état de paimitine, de stéarine et d'oléine , sont immédiatement transformées dans le sang en ces trois corps gras qui constituent les graisses animales. Une partie de ces graisses se dépose en certains endroits du corps; une autre partie, ainsi que celles r(ui, antérieurement déposées, sont reprises par l'absorption, s'oxydent dans le sang pour se décomposer en acide carbonique et en eau.
Les hydrocarbures végétaux que l'animal peut s'assimiler sont l'amidon, le sucre de raisin , le sucre de canne et peut-être même une faible quantité de cellulose. Le sucre de raisin seul passe directement, sans modification, dans le sang; les autres hydrocarbures, au contraire, pour y pénétrer, se transforment en sucre de raisin. Une partie de ce sucre s'oxyde déjà dans le sang; une autre partie ne s'oxyde que lorsqu'elle est parvenue jusque dans les tissus ; et de cette oxydation naissent les produits d'oxydatiort des hydrocarbures en général, l'acide formique , l'acide acétique , l'acide butyrique et surtout l'acide lactique. Tous ces acides, par une oxydation ultérieure, finissent aussi* par donner de l'acide carbonique et de l'eau. Nous avons vu plus haut que chez les animaux il est possible que des graisses se forment aux dépens des hydrocarbures (voy. § 35).
Quant aux albuminates que les animaux empruntent aux végétaux*, ils peuvent, dans le corps des premiers, se transformer très-facilement les uns dans les autres. En premier lieu, tous les albuminates fournis par rabsorptioïi se transforment en albuminoïdes des globules sanguins ou du liquor du sang. C'est de ceux-ci que proviennent alors les différents albuminoïdes qui constituent les tissus, de même aussi que leurs dérivés, substance à gélatine, substances élastique et cornée. Mais ce n'est que dans les tissus eux-mêmes que les albuminates absorbés subissent leurs principales modifications. En effets plus les tissus se rapprochent de leur état primitif (comme , par exemple, les