NUTRITION DES ANIMAL^X
cellules les plus jeunes de l'épiderme, le tissu muqueux (variété des tissus des substances connectives) , plus aussi leurs propriétés physico-chimiques se rap-' prochent de celles de ralbumine proprement dite.
Les transformations qu'éprouvent les albuminoïdes pour constituer ceux de leurs dérivés qui entrent dans la structure des tissus ne sont dues, en majeure partie, qu'à une oxydation faible. La décomposition des tissus d'où naissent les matières excrémentitielles azotées est , au contraire , le résultat d'une oxydation de plus en plus avancée.
Les produits excrémentitiels qui naissent ainsi, la glycocolle, la créatine, Turée, l'acide urique, ne sont pas seulement des produits riches en oxygène, mais leur proportion d'azote est très-élevée comparée à celle du carbone et de l'hydrogène qu'ils contiennent. Ce fait tend à prouver que tout le carbone et tout l'hydrogène des albuminoïdes ne saurait être contenu dans les produits excrémentitiels du corps des animaux, mais qu'une grande partie de ces éléments doit servir à des composés non azotés; en d'autres termes, que dans la décomposition des albuminoïdes , en outre des phénomènes d'oxydation , il se produit un dédoublement de ces substances en un composant azoté et un composant non azoté. Dans tous les organes qui contiennent beaucoup d'albumine, les glandes, les muscles, les organes nerveux centraux, nous voyons en e^et des substances non azotées prendre naissance à côté des produits d'oxydation azotés\ tels que la leucine, la tyrosine, la glycocolle , la créa- Une etc. C'est ainsi que dans les muscles il se forme du sucre et de l'acide lactique; dans le cerveau, des acides gras et de l'acide glycéro-phosphoré ; dans le foie, de la matière glycogène et de l*acide cholalique etc. Tous ces produits non azotés du dédoublement des albuminoïdes finissent par se décomposer en acide carbonique et en eau , à moins qu'ils ne soient déjà excrétés sous une forme d'oxydation moins avancée. Quant aux produits azotés de ce dédoublement, ils peuvent, à leur tour, se dédoubler encore une fois en corps azotés et corps non azotés ; le produit azoté de ce deuxième dédoublement est toujours de l'ammoniaque , et le produit non azoté est représenté par l'acide carbonique et l'eau.
D'après ce que nous venons de voir, de toutes les substances de nutrition des animaux , ce sont les graisses qui subissent le moins de métamorphoses ; sans tenir compte, en effet, des transformations de certaines graisses végétales en graisses ou en substances grasses animales, leurs métamorphoses se bornent à une simple oxydation aux dépens de l'oxygène atmosphérique , en vertu de laquelle elles se décomposent en acide carbonique et en eau. I^ métamorphoses des hydrocarbures sont déjà plus importantes; ce n'est pas en effet ici une simple transformation en corps de même nature qui se produit; mais par l'oxydation il se forme des acides non azotés, comme l'acide lactique, et peut-être même, par suite d'un phénomène combiné d'oxydation ^* de réduction , se produit-il des corps gras. Les alhuminates éprouvent des '''Métamorphoses plus variées encore ; les albuminoïdes se transforment les uns dan» les autres, ils donnent naissance à leurs dérivés, puis ces derniers, comme aussi les albuminoïdes d'où ils proviennent , s'oxydent et se dédoublent. A la ^uite de ces deux phénomènes on voit naître d'une part des acides non azotés.
106 FONCTIONS DES ORGANISMES COMPOSl^S.
des graisses et des hydrocarbures , et d'aulre part des acides et des bases azotés. Les métamorphoses des albuminoïdes dans l'organisme animal sont les plus importantes surtout parce qu'elles donnent naissance aux ferments qui se trouvent dans les liquides digestifs et nourriciers. C'est à l'action de ces ferments que sont probablement dues toutes les métamorphoses des graisses et des hydrocarbures , comme aussi celles des albuminoïdes , de même que leur dédoublement.
§ 49. — L'animal considéré comme un organisme d'oxydation.
A un point de vue général , les transformations que subissent les substances dans le corps des animaux sont de grands phénomètus d'oxydation. Les produits de ces transformations , qu'ils proviennent des graisses „ des hydrocarbures ou des albuminoïdes , sont toujours plus oxygénés que ces dernières substances elles-mêmes. Il est toutefois à remarquer qu'à côté de ces oxydations il se fait toujours ^e simples dédoublements et même des réductions. Les produits ultimes auxquels les combinaisons non azotées de l'organisme animal donnent naissance par ces moyens sont de l'acide carbonique et de l'eau ; ceux qui naissent des combinaisons azotées sont de l'acide carbonique, de l'eau et de l'ammoniaque, ou des substances qui peuvent très- facilement s# réduire en ces trois produits. V acide carbonique^ Veau et Vatnntoniaque sont donc les produits ultimes de la décomposition des substances animales , et ce sont précisément les mêmes corps qui servent à la nutrition des végétaux.
Le soufre , quoiqu'il n'entre qu'en petite quantité dans la combinaison des corps albuminoïdes, doit néanmoins appeler ici notre attention. Pendant les phénomènes de nutrition il s'oxyde et se transforme en acide sulfurique, qui est éliminé sous forme de sulfates. C'est même là la différence la plus importante qui existe entre la quantité des sels contenus dans les matières ingérées et excrétées. Les excrétions sont plus riches en sulfates qui proviennent de l'oxydation des albuminoïdes.
Dans rétat normal , la masse totale de Tazote n*est pas éliminée sous forme d'am-, moniaque , mais sous forme de composés contenant encore du carbone et pouvant se transformer très-facilement soit en GO*, HO et Az H^ HO , ou en GO* et Az H' HO. L'urée , Tacide urique , en moindre quantité la créatine , la créatinine , les acides biliaires , les substances colorantes de l'urine et de la bile sont des composés de ctWt sorte. Tous ces corps se transforment naturellement en dehors de l'organisme, par simple absorption d'oxygène, en GÇ)^, HO , Az H^ HO (ou Az 0').
§ 50. — Circulation des substances dans le règne animal
et le règne végétal.
En comparant les lois générales de la nutrition des végétaux et des animaux, l'on s'aperçoit que les phénomènes nutritifs diffèrent dans les deux règnes, mais que précisément en raison de cette différence ils dépendent intimement les uns des autres. La plante est un organisme de réduction. Elle forme tous