LOI DE LA CONSTANCE DES FORCES APPUQUÉE AUX ORGANISME
culs basés sur les quantités de carbone transformées par les soldats et les prisonniers, trouve que le travail mécanique répond à 1/5 de la consommation totale du carbone, tandis que d'après lui, les 4/5 restants servent à la production du calorique ; d'autre part, pendant le repof , la formation de chaleur n'est à peu près que la moitié de ce qu'elle est pendant la période d'action. Il est à remarquer que dans ces calculs on ne tient pas compte du, calorique produit par la combustion de l'hydrogène, et que Ton considère la quantité de calorique produite par la combustion du carbone en combinaison dai^s les substances organisées comme égale à celle produite par la combustion du carbone libre (<).
Voit vient récemment de faire connaître une nouvelle théorie tout à fait en contradiction avec celle de Liebig. D'après Voit, la chaleur et le travail musculaire naissent de différentes sources : 1» de la combustion des hydrocarbures et den graisses; 2» de la décomposition des albuminoïdes, décomposition toujours accompagnée d'après lui de la mise en liberté de forces élastiques. Nous aurons à revenir sur cette théorie en traitant de la physiologie spéciale.
La chaleur (Jui rayonne d'un corps est désignée sous le nom de chaleur naturelle. Lorsque Ton veut comparer la chaleur de différents animaux, on se sert tantôt de la chaleur naturelle de la peau, qui est la plus facile à apprécier, tantôt de celle du sang, moins influencée par des agents extérieurs. Les animaux se divisent tous en deux classes eu égard à la manière dont leur chaleur naturelle se comporte par rapport aux conditions extérieures : les animauœ à sang chaud ^ les animaux à sang froid. Chez les premiers , la production du calorique est déterminée par la perte de calorique. Aussitôt que chez eux la perle du calo<* rique augmente par la température extérieure, par une diminution de protection du corps (vêtements etc.) , on voit aussi la production de calorique , ainsi que la consommation de carbone , augmenter, quoique la chaleur propre des organes internes, du sang surtout, reste constante. Aussi désigne-t-on les animaux de cette classe sous le nom d'ammatex à température constante (homo* thermes). Chez les animaux à sang froid, ce n^est pas la perte de calori({ue qui détermine la production du calorique. Cette production est chez eux si faible que jamais elle ne dépasse en quantité celle qui se perd par l'évaporution. Leur température ne dépasse donc jamais que de très'^peu celle du milieu ambiant; d'autres fois elle lui devient égale et peut même lui être inférieure, lorsque celle du milieu est élevée ou que, par suite de l'évaporation de lu surface exté* rieure, il survient un certain degré de refroidissement. Puisque lu tempéra-^ tore propre de ces animaux varie avec celle du milieu, on dit qu'ils sont à tem* pérature variable (pœkilothermes). Un des caractères essentiels qui fait différeiles animaux à température constante d'avec ceux à températures variables^ c'est que chez les premiers un écart de température des parties centrales amène la mort de l'organisme, alors même que cet écart esttrès'faible. Aux premiers se rattachent les mammifères et les oiseaux, aux seconds les poissons, les reptiles et tous les invertébrés. Cette division n'est cependant pas tout ù fait exacte, et il est impossible de tracer des limites bien nettes entre les deux ^^oupes.
(*) Liebig, Thierchefnie i ô** ddît. Braunschweîg 1847. — Mayer, loc. cit. — Hclniliultz, article 7%ierwàrmef in Btrlvier med. EncyklopUdie.
Ce sont les oiseaux qui de tous les animaux à sang chaud ont la température 1 plus élevée (39<>,4 — 43^ ,9). Il en est parmi ces derniers chez lesquels la tempéra ture propre baisse d*une manière notable pendant Thiver; de telle sorte qu'elle m dépasse que de fort peu la température ambiante ; ils se rapprochent donc pendao ITiiver des animaux à sang froid. Citons la chauve-souris, le hérisson , la mannotte le hamster etc. La température du poisson et des lunphibies dépasse celle du milieu ambiant de 0o,5 à 3<> ; celle des arthropodes la dépasse de 0^,1 à 5^,8. Chei te invertébrés les plus inférieurs , Valentin a trouvé un excès de chaleur propre qui, lapporté à 100, donne leis chiffres suivants :
Céphalopodes 0,57
Autres mollusques 0,46
Ëchinodermes 0,40
Méduses 0,27
Polypes 0,21
Quand la température vient à baisser d'une manière notable, les animaux à sang froid tombent tous dans le sommeil hibernal. Il en est de même des mammifères dtés plus haut, chez lesquels la température baisse en hiver. Valentin, en étudiant les marmottes pendant cette saison , a trouvé que leur température se rapproche d'aotant plus de celle du milieu ambiant que le sommeil est plus profond. Au début de rhibemation, la différence entre les deux températures est encore environ de 90<>; elle peut baisser successivement jusqu'à i^fi. Il est clair que cette diminutioD dépend du moins grand nombre de combustions qui se passent dans leur organisme. L'inspiration d*oxygène diminue pendant cette période , de même que TexpiratioD d'acide carbonique, et môme cette dernière diminue plus notablement que la première. L'expiration d'acide carbonique n'est plus alors que le 1/75 de la quantité normale, tandis que, l'inspiration d'oxygène ne descend pas au-dessous du 1/41 de la quantité normale.
Voyez la Physiologie spéciale pour la température des différentes parties du corps humain ; et pour les méthodes d'investigation , de même que pour tout ce qui a trait à la théorie de la chaleur animale, voy. notre Physique médicale.
m. REPRODUCTION DES ORGANISMES.
§53. — Rapport entre les phénomènes de la reproduction, et les échaiiga
de matériaux qui se passent dans l'individu.
La reprodtiction des organismes est sous la dépendance intime de leurs phénomènes de nutrition. La nutrition et la reproduction sont les deux fonctions fondamentales desquelles dépend la continuation de tout ce qui vit. La nutritioii entretient Tincïmdu ; la reproduction entretient V espèce. La nutrition est un échange des matériaux qui constituent l'individu , la reproduction est un échange des individus d'où naît Tespèce.
La nutrition est une condition indispensable de la reproduction. Le germe, élément de la reproduction , se développe dans la plupart des cas pendant un temps assez long aux dépens de l'organisme maternel, et est formé lui-même par les éléments que l'organisme maternel s'est assimilés par voie de nutrition. La reproduction consiste donc dans une dépense de matériaux et de forces que