DIFFÉRENCE DES SEXES
luction sexuelle, il faut néanmoins, dans la plupart des cas, que les éléments le différents individus soient mis en contact pour que l'espèce puisse se propager d'une manière durable. C'est ainsi que l'on a remarqué que, même chez les végétaux monoïques , il faut , au bout d'un certain temps , une fécondation ré- Hproque pour que l'espèce ne vienne pas à dépérir. Cette fécondation réciproque est bien plus commune encore chez les animaux hermaphrodites , et piand ils semblent se féconder eux-mêmes, ce qui ne se produit qu'accessoirement, c'est, en réalité, par reproduction asexuelle.
Gaertner a démontré que quand une plante monoïque est complètement isolée de ses semblables, la semence perd peu à penses propriétés de reproduction; Darwin a même fait voir que lorsque des variétés d'une même espèce se fécondent Tune l'autre , elles deviennent plus productives. C'est en partie par l'air, en partie par les insectes , que le pollen d'une plante est transporté sur une autre (*). Parmi les animaux hermaphrodites, ce sont ceux qui se meuvent difficilement, ceux qui vivent en parasites et isolés , qui sont obligés de se féconder eux-mêmes pour propager l'espèce. Chez les escargots , la situation même des organes sexuels rend la fécondation par euxmêmes impossible. Chez quelques animaux les organes mâles et femelles se développent à des époques différentes. Pour les animaux terrestres, la fécondation réciproque est la règle ; chez les animaux aquatiques , il semble que la fécondation par eux-mêmes est plus fréquente ; il ne faut pas perdre cependant de vue que pour eux l'eau au milieu de laquelle ils vivent peut servir de véhicule pour transporter les éléments de la fécondation d'un individu à l'autre.
* Du moment où les organes sexuels des animaux sont séparés et répartis entre les individus, il est très-rare de trouver la différence entre ceux-ci bornée exclusivement aux organes sexuels; tantôt cette différence porte sur certaines parties qui distinguent les sexes, surtout le sexe mâle; tantôt elle porte sur tout l'organisme. Chez les mâles , les organes qui président aux fonctions animales sont normalement plus développées; chez les femelles, ce sont, au contraire, les organes de reproduction. Toutes les différences extérieures que présentent les deux sexes de l'espèce humaine peuvent se rapporter à cette loi.
Parmi les animaux, ce sont les poissons qui présentent le moins de différences entre les deux sexes; elle est bornée à l'aspect des glandes sexuelles. La différence entre les deux sexes devient plus grande loi*sque , sur le parcours des canaux excréteurs des glandes sexuelles , il se développe des organes de copulation identiques ^8 les deux sexes, mais dont le développement diffère suivant la fonction. On voit alors aussi se former chez les mâles des organes accessoires qui ne sont que médiatement en rapport avec les fonctions de copulation et qui servent à distinguer les ^xes : l'éperon et la crête du coq, le bois du cerf, les organes cornés de certains utsectes mâles^ la couleur spéciale des plumes des oiseaux mâles etc.
Si les animaux mâles ont toigours les organes de la vie animale , squelette , muscles , plus développés que les femelles, c'est parce que toujours aussi la grosseur de leur corps est plu& considérable. Si les femelles , au contraire ^ ont un développement relativement plus considérable des organes de reproduction, c'est, d'une part, parce
P) 6&rtner, Venuehe und Beohcuihtungen ilher die Befruchtungsorgane der voUkommetien Oevàehse. Stuttgart 1844. — Darwin , AnntUes des sciences naturelles. Botanique , 4 , tXIX,1862.
que souvent le produit sexuel de la femelle est Lien plus volumineux que celui du mâle , et d'autre part j parce que souvent l'embryon est porté par la mère jusqu'à un certain moment de son évolution. C'est là aussi la raison des différences qui , dans l'espèce humaine , existent entre les deux sexes. Le squelette de l'homme est partout plus considérable que celui de la femme , sauf le bassin et la longueur relative du tronc par rapport à celle des extrémités et de la tête.
Les causes, de la différence des sexes ne sont connues que dans les cas de parthénogenèse chez les insectes, où cette différence dépend de la fécondation ou de la non-fécondation de l'ovule. Dans tous les autres organismes dans lesquels les mâles et les femelles proviennent tous deux d'œufs fécondés , nous ne pouvons jusqu'à présent invoquer que qiielques éléments de la question. Les principaux d'entre eux sont :
1° La nutrition de V organisme maternel et les causes qui l'influencent. On a remarqué que pour toutes les plantes dioïques, la chaleur, la lumière, la sécheresse favorisent le développement des mâles, tandis que l'humidité et Tengrais favorisent celui des femelles. D'après quelques auteurs , une nutrition plus complète favoriserait, en général, la production des femelles.
Knight a remarqué que les melons et les courges ne produisent que des fleurs mâles sous l'influence d'une tempéi*ature élevée, tandis qu'avec une température moindre ils ne produisent que des fleurs femelles. D'après Geoffroy Saint-Hilaire, les animaux des ménageries , qui sont assez médiocrement nourris , donnent naissance à plus de mâles. D'après Malaguti , les brebis qui donnent naissance à d'autres brebis ont un poids plus élevé que celles qui procréent des béliers. Ploss a cherché à prouver le même fait chez l'homme. A la campagne il naîtrait, d'après lui, plus de garçons que dans les villes , ce qui tiendrait à la moindre quahté de la nourriture des campagnards. ; il rattache aussi à la môme cause l'excédant de garçons que Ton trouve dans certains pays, la Russie, par exemple. Cependant Wappaeus a trouvé qu'en Suède la disette n'avait aucune influence sérieuse sui^ le rapport entre les naissances mâles et femelles, ce qui le conduit à croire que les conditions d'alioaentation sont sans effet important sur la différence des sexes (<).
2« V individualité du père et de la inere. L'influence de ccftle cause eî<l assez bien connue pour les animaux supérieurs , et il paraît que l'individualilê du père a une importance moins grande sur la production du sexe que cdle de la mère, tandis qu'au contraire , pour toutes les autres propriétés physiques, la race par exemple, c'est le père qui prédomine. Tout d'abord , c'est l'âge des parents qui joue le rôle le plus important pour la différence des sexes. On peul dire qu'en général l'influence exercée par le père et la mère sur le sexe dw fœtus est telle, que plus l'un ou l'autre est âgé, plus il a de tendance à reproduire son propre sexe. Le rapport entre l'âge* du père et de la mère est aussi un élément important, y âge relativement plus élevé du père fait prédomio^^ les garçons, tandis que celui de la mère fait prédominer les fllles. Outre c^ questions d'âge, il est encore d'autres conditions particulières de l'individuaH^
(*) PlosB, Ueber die GeschMUsverJUUtiiiêse der Kiiider bedingenden UraticJien, Berlin 1^^ iWappttus, Allgemeine BevîUkerunffêsUUistik ^ t II.)
PUOliUlTS SKXUELb*. 1^7
}S parents qui paraissent devoir être prises en considération. C'est ainsi , par :emple, que les femmes très-fertiles, celles surtout qui donnent le jour à » jumeaux, procréent une plus grande proportion de garçons.
Les observations très-mimitieuses faites par Hofackfbr sur les mammifères domespies et les hommes ont surtout fait voir Tinfluence qu'exerce Tâge relatif des pamts sur la différence des sexes de leurs rejetons. Voici un tableau que Sadler a >mpOsé , d*aprës lés registres de naissance de la pairie d'Angleterre ; il détermine influence du rapport de l'âge des parents sur la production des sexes :
Rapport des naissances mâles et femelles.
Père plus jeune que la mère. 86 : 100
Père du même âge 94 : 100
Père de i à 6 ans plus âgé . ^03 : 100
Père de 6 à 11 ans plus âgé 126 : 100
Père de 11 à 16 ans plus âgé 147 : 100
Au-delà de 16 ans 163:100
La moyenne de l'excédant des naissances mûIes sui* les naissances femelles est i05 : 100. Cet excédant est probablement dû aux conditions d'âge des époux , conditions déterminées par les mœurs. D'après Wappaeus , on trouve à peu près le même rapport dans les pays situés en dehors de l'Europe, sauf en Australie , où , en raison de leur rareté , les femmes se marient très-jeunes et où , par suite , la proportion des Sirçons est plus considérable , 120.9 : 100. Mais la plus grande mortalité qui frappe les garçons dans les premières années de leur vie fait qu'à Tâge de la puberté^ dans la plupart des pays, le rapport entre les deux sexes tend à s'égaliser (*).
Outre l'influence de la nutrition et de l'individualité de la mère, il faut, paratt-il, Admettre encore celle du moment de la fécondalion de ran</t'..P'stprè9 Thury, les ^nu^es fécondées au début de la période du rut donnent toutîes liàiitoice à dés veaux femelles, tandis que celles qui sont fécondées à la fin de cette piériode donnent naissance i des taureaux. Ce fait ne s'est pas vérifié chez les pout^ ctles lapins. Aussi doit-on se demander si cette loi est générale ou si elle né 8'àpplit{ue qu'à quelques espèces particulières de mammifères.
§ 59. — Les produits sexuels.
Dans toutes les classes d'animaux, l'œuf a la même structure. Le contenu Je la cellule est le viteUitë; la membrane cellulaire est la membrane vitelline , ^ le noyau est la vésicule germinative. Cette dernière est d'ordinaire une vé- ^Ç^e renfermaht un contenu liquide et présentant en un point de sa périphérie ^^ nucléole, la tache germinative. Dans beaucoup d'œufs, la membrane vitelline présente une certaine ouverture par laquelle les éléments de la semence peuvent pénétrer dans le vitellus, c'est le ^niçropyle,
P) Hofacker, DîAer die Bigenschaften welche sich von den Eltem au/ die Nachkommeii tererôcn. ^ Quetelet, Sur V homme, t L — Wappftus, AUgemeine Bevôlkerungastatistik , *• " — Nasse , Arehiv /. toissenseh. HeUkunde, t. IX.
la
[■•ONCTIUNS DES UIKIA
lie toutes ces parties , le vitellus est la plus importanle C'esl ù ses dépCM que se forme J'embryon. Tous les œufs des animaux peuvent &e diviser en deux classes, suivant que tout le vitellus fournit directemeut les éléments de l'embryon, ou bien qu'une partie seulement du vitellus y contribue directement, tandis qu'une autre partie sert ultérieurement à nourrir l'embrjon formé aux dépens de la première. Les cpufs dont le vitellus tout entier sert à former directement les tissus de l'embryon sont dits des œufs à Hegmentation totale ou holoplastiques ; ceux, au contraire, dont le vitellus sert en partie à la formation et en partie à la nutrition du fœtus, sont dits à segmentation partielle ou méroplaatiques.
L'œuf des mammifères est le type des œufs holoplasli(iues; celui des oiseaus est, au contraire, le type des œufs méroplastiques. Dans le premier on reconnaît facilement (Fig. if) les parUes élémentaires de la celluli-; la membrane
^ vitelline, l'enveloppe cellulaire, est assez épaisse et trans-
/^^^^^ parente (zone pellucide). Le vitellus, le contenu de ta «1- /^^r^^Bk \ Iule, est un liquide sanguin renfermant de nombreiises gn- / ^^B^^^B I niilations et des molécules graisseuses. EnÛn , le noyau, 1^ \ ^^^^^^B / vésicule germinative, est une vésicule remplie d'im lujuiàt \^^^^^^^ clair renfermé dans une membrane très-fine; cette vésicule -^ ..^ est située en dehors du centre de la cellule et présente an Kig. i;. noyau plus opaque et dense, la tache genninative. L'reul
des oiseaux a, au contraire, une structure plus compliqua' (Tig. 18). La membrane vitelline présente sur sa face interne une couclidc cellules êpithéliales pavimenteuses qui disparaissent peu à peu à mesure i|ii[ l'œuf mûrit. Le vitellus se décompose lui-même en vitellus de formation it vitellus de nutrition. Le vitellus de formation esi constitué par cette espèce de tache située immédiatement au-dessous de la membrane vitelline, à hijuelle on donne le nom de gertne, de ctcatricuit, de disque proligére. De ce point part une sorte de ligne blanchâtre qui gagne le centre du vitellus, li cavité vitelline. Le disque proligére est constitué [lar des granulations el des molécules graisseuses, au milieu desquelles se trouve la vésicule germinalive. La cavité vitelline mise en relation avec le dis- ^-ig m, que proligére par la ligne blanchâtre que nous venons
d'indiquer renferme un liquide très-fluide conlfnant quelques petites vésicules et des gouttelettes de graisse. Toute cette partie centrale du vitellus des oiseaux constitue le vitellus blanc. Il est euloui'é par des couches concentriques d'une masse jaune beaucoup plus considérable qui forme \€i vitellus de nutrition. Au début de se formation, le jaune de l'œuf est constitué par des éléments que l'on reconnaît facilement pour des cellules, mais dont la membrane et le noj'au disparaissent peu à peu , et dont le contenu se remplit toujours de granulations gi'aisseuses. Au moment oi'i il atteint sa maturité complète, l'œuf ne contient plus en fait de cellules que la vésicule germinatiïo. La différente entre les ojufs des mammifères et ceux di