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P MÉCANISME DE LA DIÇESTION

§ 67. — Élaboration des aliments dans la cavité buccale.

L'élaboration mécanique des aliments se fait surtout dans la cavité buccale^ et constitue ainsi le travail préparatoire de la digestion. L'aliment est saisi d'abord par les incisives et les canines, qui lui font subir une première division. La langue le porte ensuite sous les molaires d'un côté qui , par suite des mouvements de la mâchoire inférieure sur la supérieure, le divisent en parties trèsténues. Cette division est favorisée par l'afflux de la salive qui vient imprégner , l'aliment, afflux qui est déterminé par l'excitation que produit la trituration sûr les glandes salivaires et buccales.

Les mouvements de la mâchoire inférieure et de la langue jouent un rôle essentiel dans l'élaboration de l'aliment à l'intérieur de la cavité buccale. Le maxillaire inférieur peut se mouvoir de haut en bas et horizontalement. Le premier mouvement écarte et rapproche les arcades dentaires; le second les fait frotter l'une contre l'autre. L'abaissement du maxillaire est produit par des puissances musculaires beaucoup plus faibles que son élévation , ce qui est dû à ce que dans le premier cas il agit beaucoup plus passivement. Les mouvements en tous sens du maxillaire inférieur sont rendus possibles par la forme particulière de son articulation. Le condyle du maxillaire ne se meut pas, en eflet, dans une cavité articulaire, mais bien sur un second condyle (tubercule articulaire). Ces deux condyles sont séparés l'un de l'autre par un ménisque interarticulaire qui constitue pour chacun d'eux une véritable cavité, et forme ainsi, en réalité, deux articulations distinctes. Quand la bouche vient à s'ouvrir, il se produit un mouvement en avant autour de l'axe de l'articulation supélieure (disque et tubercule) , et un mouvement en arrière autour de l'axe de rarticulation inférieure (disque et condyle), en ce sens que le disque subit un mouvement de rotation en avant sur le tubercule articulaire, et le condyle un ïnouvement de rotation en arrière sur le disque interarticulaire. Dans l'occlusion de la cavité buccale, les deux mouvements se font enjsens opposé. Le mouvement en avant qui se passe dans l'articulation supérieure (disque et tuber- ^*ile), chaque fois que le maxillaire s'abaisse, a pour effet d'obtenir, au moment ^^ la bouche se ferme, la rencontre exacte des bords tranchants des arcades "^ntaires ; le tranchant des dents inférieures se trouverait sans cela sur un plan ^^ peu postérieur à celui des dents supérieures ; il résulte, en outre, de ce Mouvement, que les parties molles situées entre la mâchoire et la colonne ver- ^l>ï*ale, se trouvent protégées contre la compression. Quand les mouvements ^^ rotation sont égaux dans les deux articulations et qu'ils se détruisent , il

ne reste plus que le mouvement de propulsion en avant du maxillaire. Quand le maxillaire est porté en avant, ses mouvements de latéralité sont d'une amplitude plus grande.

L'abaissement du maxillaire est produit par le génio-hyoïdien , le mylo-hyoïdien et le ventre antérieur du digastrique , muscles qui s'insèrent tous à Tos hyoïde ; aussi, pendant le mouvement, cet os est-il fixé vers le bas par Tomo-, le sterno- et le thjTohyoïdicn. L'élévation de la mâchoire est due à Taction du masséter, du temporal et du ptérygoïdien interne. Les deux ptérygoïdiens produisent le mouvement en avant; le mouvement d'un côté (trituration) est dû à Faction du ptérygoïdien externe correspondant. On envisagea pendant fort longtemps Tarticulation temporo -maxillaire comme une charnière unique dont la cavité articulaire se trouvait en arrière du tubercule ; c'est à W. Henke que nous devons la connaissance de son véritable mécanisme.

Les mouvements de la langue sont d'un secours puissant dans l'acte de la mastication. La langue, en raison des muscles qui l'attachent à l'os hyoïde, au maxillaire inférieur et au temporal, peut être portée en totalité dans toutes les directions. Les fibres propres, longitudinales et transversales qui entrent dans sa structure, lui permettent , en outre , de modifier sa forme de toute espèce de manière. Elle pousse l'aliment entre les arcades dentaires, et l'empêche, par son apposition, de retomber dans la cavité buccale. Dans la mastication, la langue agit encore comme organe tactile. Elle analyse, pour ainsi dire, le bol alimentaire pour lui permettre le passage dans le pharynx après une mastication suffisante. Dans l'action de sucer, la langue se place entre les deux mâchoires, et empêche ainsi Vacces de Vair dans les cavités palatines et nasales,

La langue est attirée en avant et en bas par le hyoglosse et le génioglosse ; en haut et en arrière, par le styloglosse.. Tantôt ces mouvements sont bilatéraux, tantôt Us s<\ produisent d'un seul côté. Ce sont les linguaux longitudinaux et transverses, situés dans l'intimité môme de l'organe, qui sont les agents des modifications de forme que peut présenter la langue. La contraction simultanée de ces fibres longitudinales et transversales rend la langue plus dure et l'élargit; la contraction isolée des fibres transversales l'allonge; elle se raccourcit et s'élargit, au contraire, par celle des fibres longitudinales. Quand les fibres transversales supérieures se contractent isolément, le dos de la langue se creuse ; quand ce sont les inférieures, elle se voûte Les fibres longitudinales supérieures se contractent-elles isolément , la pointe de la langue s'élève ; elle s'abaisse , au contraire , par l'action des fibres longitudinales inférieures. D'après Schrœder van der Kolk , le centre nerveux qui préside aux mouvements de la mastication se trouve dans la moelle allongée , et plus particulièrement dans les olives. Les filets nerveux qui vont innerver les muscles masticateurs appartiennent à la racine motrice du trijumeau.

§ 68. — Mécanisme de la déglutition.

Les particules alimentaires triturées par les dents se réunissent sur lo dos do la langue disposée en gouttière. La partie antérieure de la langue presse le bol alimentaire contre la voûte palatine, et le repousse entre les piliers du voile du

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