PRODUITS CHIMIQUES DE LA DIGESTION STOMACALE
igestion de substance albuminoïde, ces trois espèces de peptones se produisent, lais jusqu'à présent il a été impossible de trouver des dilTérences entre les eptones suivant qu'ils proviennent de tel ou tel albuminoïde.
Les albuminoides se transforment peu à peu en peptones. En premier lieu 3SS albuminoîdes qui sont à l'état soluble ou qui sont en solution se transforment n albuminoîdes insolubles, la caséine se coagule, et si l'albumine soluble reste issoute dans le liquide acide, il n'en est pas moins vrai que dès que le liquide si neutralisé, elle se précipite sous forme de poudre insoluble. C'est seulement n second lieu que le suc gastrique convertit ces corps en peptones. On a cnore trouvé dissous dans le suc gastrique deux autres corps qui diffèrent des «ptones et différent entre eux, ce sont les métapeptones et les parapeptones. >i vous augmentez le degré d'acidité du suc gastrique , les métapeptones se précipitent, tandis que les peptones et les parapeptones restent en solution. Cette substance est un produit transitoire de la transformation des albuminoîdes en peptones , car elle disparaît peu à peu à mesure que l'action du suc gastrique continue. La parapeptone , au contraire , se précipite quand on neutralise le liquide de la digestion , tandis que les peptones .et métapeptones restent dissoutes. On ne sait encore comment expliquer la présence de ce corps dont les réactions sont tout à fait celles de la syntonine (§ 9). D'après Meissner elle ne se distingue de la syntonine que par ce que cette dernière se digère , tandis que la première ne se digère pas. Brûcke n'a pas confirmé cette opinion ; il dit que quand l'action du suc gastrique est assez prolongée, toute l'albumine >e transforme en un seul corps, le peptone; pour lui, le parapeptone (syntonine) est aussi un passage de î'albuminoîde en peptone, tandis que pour Meissner, c'est un produit accessoire de cette transformation. Meissner envisage de la même manière le dyspeptonCy qui ne se produit que par digestion de la ca- «&ie; ce corps se précipite naturellement sous forme de petits flocons solubles dans des acides modérément concentrés, mais insolubles dans l'eau.
En résumant ce que nous venons de dire , Ton voit que : 1® le peptone est solublç
dMs Tcau et les acides, il n'y a que sa première variété qui précipite par l'acide ni-
bi^; S* le métapeptone est soluble dans l'eau et les acides étendus, mais insoluble
dns les acides concentrés; 3« le parapeptone est insoluble dans Teau, mais soluble
dns les acides étendes oo concentrés; 4« le dyspeptone ne se dissout que dans les
ndes de ooncentration moyenne. L'alcool ne précipite pas le métapeptone en solu-
tni, tandis qae^ ainsi qoe Téther, il précipite le parapeptone. Le peptone ne pré-
àfàft que par i'akool à 80p. 100.
Cert à Lehmann que nous devons les premiers travaux sur les propriétés des
WeÎBBoer découvrit le parapeptone^ le métapeptone et le dyspeptone, et
ces corps comme des produits accessoires et d'une importance égale aux
peptones. Brûcke fit voir plus tard que le métapeptone diminue de quantité pendant
ladifestion et n^est, par conséquent, qu*un produit intermédiaire de la transforma-
tiOQ de Falbamine en peptone, opinion à laquelle Meissner lui-même s'est rattaché.
Qmftaui para- et dyspeptones, Brûcke les enTÎsage aussi comme des états intermé-
^aires de la transformation des albuminoîdes et dit qu'ils disparaissent à mesure que
fade de la digestion se prolonge; Meissner, au contraire, croit que ce sont là des
prodinii acoesBoires qui, diaprés lui, loin de diminuer par les progrès de la diges-
tK>o , an^nentent y an contraire, de proportion dans le chyme. Outre toutes ces dif-
férentes variétés de peptoues , Meiisner dit que la digestion des albuminoîdes donne encore lieu à quelques matières extractives, dont Tune présente toutes lesrétctions de la tyrosine (»).
§ 79. — Digestion artificielle. Théorie de la digestion stomacale.
Pour reproduire et étudier les peptones et leurs produits accessoires, on foit agir, en dehors du corps, du suc gastrique sur les albuminates, en ayalit soin d'agir sous une température égale à la chaleur animale (34-38*»). Au lieu de se servir de suc gastrique obtenu par une fistule, on prépare un suc gastrique artificiel en mélangeant de la pepsine avec son acide ; rien n'est plus aisé que de varier la composition de ce suc artificiel , et de voir ainsi quelles sont celles de ses parties qui agissent le mieux sur les substances alimentaires. G*est ainsi que Ton s'assure que ce n'est que le seul mélange de pepsine et d'un acide qui ait la propriété de transformer les albuminoîdes en peptones. L'acide isolé peut, à la vérité, dissoudre quelques albuminoîdes, mais il ne modifie pas leur composition , et quand les corps albuminoîdes sont mélangés avec de la pepsine sans acide, ils se putréfient. Tous les acides peuvent, par leur mélange à de la pepsine, agir comme liquide digestif; leur action est cependant très-variable. C'est l'acide chlorhydrique et après lui l'acide lactique qui sont les plus propres à la digestion, l'acide acétique et l'acide sulfurique etc. le sont bien moins. L'on voit que les deux premiers sont précisément les acides qui naturellement se trouvent dans le suc gastrique. Il faut que les deux substances mélangées, pepsine et acide, le soient dans des proportions détenninées, car elles cessent d'agir tout aussi bien quand elles sont en trop grande qu'en trop petite quantité dans le mélange. Les différents albuminoîdes ne se comportent cependant pas de la même manière : d'après Briicke, sur 1000 parties de suc gastrique il faudrait pour la fibrine animale fraîche 0,8 à 1 d'acide, pour l'albumine coagulée 1,2 à 1,6. En général, il suffit de la présence de quantités très-minimes de pepsine.
Le temps que les albuminoîdes solides, fibrine, albumine, syntonine coagulées, mettent à se dissoudre dans ce suc gastrique artificiel , ne varie guère; Talbumine liquide met, au contraire, beaucoup plus de temps; sa digestibilité paraît donc augmentée par sa coagulation. Il est à remarquer, du reste, que tous les albuminoîdes mettent un temps plus long à se dissoudre dans le suc gastrique artificiel , si parfait qu'il soit, que dans l'estomac d'un animal vivant. Dans l'estomac, il y a, en effet, des mouvements qui viennent favoriser la digestion , et il y a surtout une disparition continuelle des parties dissoutes par la voie de l'absorption.
Puisqu'il suffit d'une très-petite quantité de pepsine pour transformer peu à peu une quantité indéterminée d'albuminoîdes sans que cette pepsine se modifie elle-même, il faut envisager la digestion stomacale comme un véritable phénomène de fermentation. Mais ce qui caractérise cette fermentation, c'est
(1) Lehmann , loe. cit. — Meissner, Zeitsehriftf. rcUion, Medicin, 3« sëriie, t. VII, Vffli et X. — Briloke, SUzungsberiehte der Wiener Jiademief t. XXXYII.