IL ABSORPTION ET HÉMATOPOÏÈSE
§ 91. — Coup d'œil général et division.
\bsorption consiste : i^ dans le passage des substances nutritives modifiées i digestion dans l'intérieur de vaisseaux spéciaux qui proviennent de l'in- , vaisseaux chylifères ; 2<> dans le passage des matériaux sortis du sang et •ant les mailles des tissus de tous les organes , dans l'intérieur d'un sysde vaisseaux , vaisseaux lymphatiques dont l'origine est dans ces mêmes îs. L'hématopoïèse consiste dans la transformation en sang des Jiquides , et lymphe, qui se meuvent dans les vaisseaux chylifères et lymphatiques, i 8e mélangent par suite de la réunion de ces vaisseaux ; transformation accomplit surtout dans des glandes d'une structure spéciale, les glandes <^res et lymphatiques.
. Nous aurons donc â traiter :
1" De l'absorption;
2" Des lifjuides nourriciers, chijle Pi lymphe, qui pro\iennent de l'ab^irplion et de leur mouvement;
3" De la transformation de ces liquidcK en sang ou hé.matopoïèsi^.
Nous commencerons par (étudier )a structure des organes absorbanlsdàti si/fthnes chijlifère et Ii/niphatique.
§ 92. — Structure des organes absorbants du canal intestinal.
Les matières alimenL-iires transformées en substances capa&les de se mélanppr à, la masse des liquides de l'ot^anismo peuvent être absorbées dans toute l'iilcndue du tulic digestif. C'est l'intestin j^rële qui est principalcmen' destiné à cet usage, la surface de sa muqueuse, déjà très-considérable, est entore augmentée par ses replis, valvules conniventes, et par ses villosités. Les villosités ne sont pas siinplomenl destinées à augmenter la surface absorbante, car elles possèdent une structure spéciale qui les rend plus aptes à penrfletlre aux substances nutritives de passer de l'intestin dans le chyle. Ce passage des suhsiances nutritives dans le chyle, mode de nutrition le plus important,» fait donc presque exclusivement dans l'intestin grêle, car l'estomac et le gros intestin ne permotleut ijue le passage direct dans les capillaires qui rampent il la surface de leur miJqucuse.
La distribution des vaisseaux sanguins est la même dans toute l'étendue du tube intestinal (Fig. 20). On voit une arlériole sortir du tissu connectif sousniuqueux, se diriger vers un groupe de glardps de Lieberkûlm ou de glandes à suc gastrique. ne capillariser au niveau du cul-de-sac de ces glandes, les embrasser, 'émettre des ramuscuk' transversaux , et former à la siirface de la niu- <(Ticuse im résea»! (2) qui enlace les ouvertui** glandulaires , réseau duquel part enfin une veine (3) Les capillaires qui entourent ainsi le* glandes favorisent la st^réljon des sucs digeslils, tandis que le réseau qu'ils forment à la siirftte de la muqueuse permet l'absorption des produit' solubles de la digestion et leur passage dir«' dans le sang veineux. Dans l'intestin grôletetK distribution présente quelques différences en raison de l'existence des villosités; onvint,en eflet, outre le réseau capillaire que nous anai* décrit, un second réseau, qui pénètre dans l'intérieur de chaque villosité (Fig. 28), I^B villositi}!! de l'intestin grêle occupent l'intenalle qui existe entre !•* ^lantles de Lieberkidm. Ce sont des ap)>endices coniques de la muqueuse, ipi'
smccTUHK nies uhi;anes ausohhants du canal intestinal. 181)
Snttousa leur centre rongine(rimchïliR!re(l''ig. !27. Coupe dolamu-
e l'intestin grêle; i glanilefi de Lieberkfili' culs-de-sac glandulaires; 3 villusilés).
haliituelleinent le chyliffeif présente un K central iinique,(Fig. "28, villositi' in- , ligure demi-siiliématique d'afirès Lejbylilëre cenlral); dans les villosités les ndes, on voit ce chylifère se diviser.
Ifr«aci entouré par une couche de (ibres ) et par le tii^su muqueux liabiluel (3) mnectif mou), n'est, en réalité, qu'uno eusée dans la villosité, cavité autour de
le tissu connectif s'est condensé et a Oe sorte de membrane homogène, l'eii-
propre du chylifëi-e. Le surplus du tnectif de la villo^ité contient un certain de cellules plasmatîques munies de leurs iments; on y trouve, en outre, des anses RB ascendantes (2) qui se cripillariscnt. t superficie de la villosilé est recouverte I coache de cellides épitln^liales cyb'n-
pressées les unes contre les autres (1). wUules épithéliales oui des caiactêies i; leur surface libre est recouverte par rrelet transpai'ont dans lequel un re-
des stries verticales. Ou pense que ces nt dues à des canalicules poreux verti- ^i traversent ce bourrelet transparent tent librement dans la cavité de la cellule. jette couche limitante ne parait pas être snl Cxëe sur les cellules, car il suffit rr de l'eau poui' l'en détacher assez fadj et l'on voit alors le contenu cellulaire Ir au dehors. L'extrémité adhérente de nies se uinliime par des prolongements B8 qui pénètrent dans le tissu connectif tillosité, et communiquent directement icellules plasniatiques ; il en résulte donc lème de canalicules très-fins, qui font Biquer les cellules épitliélialcs avec les I pl^matiques (voy. Fig. 20, schématitics prolongements de ces dernières se t vers l'intérieur, et communiquent prolênt avec le cliylifère centra! , ce que ce- L l'observation diix'clu n'a pu encore dO-
; 2 libres lisses qui entou-
Les aiiatomistes ne sont pas encore d'accord sur la structure du chylifière central de la villosité : la plupart d'entre eux lui assignent ulte enveloppe amorphe; Bi-ûcke, Ludwi}(, Leydig etc. le considèrent, au contraire, conune dépourvu d'enveloppe et comme une simple lacune située au milieu de la villosité. Il nous parait préférable de nous rattacher à une opinion mixte. Jamais, en eflTet, on n'a pu con^ tatcr une membrane réelle, analogue à celle d'un capillaire, on n'y trouve jamais les noyaux qui prouveraient son origine cellulaire ; mais d'autre part on ne saurait nier (ju'il part du tissu connectif sous-rauqueux quelque chose qui ressemble beaucoup à une membrane d'enveloppe du chylifère central. Cette membrane spéciale est une véritable membrane limitante , analogue à celles qu'on rencontre en bien d'autres endroits, parfaitement amorphe, mais dérivée du tissu connectif. Leydig avait déjà constaté que les cellules plasmatiques de la muqueuse qui recouvre les villosités, possèdent des prolongements anastomosés, analogues à ceux des cellules osseuses ; c'est Heidenhain qui démontra que l'extrémité inférieure des cellules épithéliales est, elle aussi, munie de prolongements. On n'est pas encore fixé sur la manière dont les cellules épithéliales sont ouvertes du côté de la cavité de l'intestin; pour Briicke elles s'ouvrent librement et constituent de véritables entonnoirs, dont la i»artie élargie regarde •l'intestin, tandis que le goulot est dirigé vers le parenchyme de la villosité. Dès que Funke et Kolliker eurent constaté l'existence de stries verticales dans leur bouiTelet muqueux , ils les envisagèrent comme des canalicules poreux. Tout récemment Lctzerich a décrit des cellules calicifonnes qu'il envisage comme des organes d'absorption; mais ces cellules qui se rencontrent partout où il se trouve des épithéliums cylindriques, ne sont probablement que des cellulfo épithéliales mocfifiées. C'est à Brûcke que nous devons la connaissance des fibres lisses de la muqueuse, auxquelles les villosités doivent leur contractilité (').
§ 93. — Structure du système chylifère et lymphatique.
Les radicules chylifères émanées de Tintérieur des villosités se réunissent et forment les petits rameaux du système cliylifère, La structure de ces vaisseaux ressemble tout à fait à celle des petites veinules. Ils se composent d'une tunique interne élastique, d'une tunique moyenne connective avec cellules contractiles, et d'une tunique extenie de tissu connectif lâche. La tunique interne y forme des valvules nombreuses qui ne permettent au liquide que de se mouvoir des rameaux vers les troncs. Dans le mésentère se trouvent de nombreux ganglions lymphatiques, que traversent les vaisseaux chylifères. Leurs troncs se réunissent derrière le pancréas, au devant de la partie supérieure de l'aorte abdominale et, en s'entremèlant aux nombreux ganglions lymphatiques, forment un plexus d'où part un tronc plus volumineux qui aboutit au canal thoracique. Ce canal est forme par la réunion du tronc commun des chylifères avec les troncs lymphatiques qui ramènent la lymphe de la plus grande partie du corps ; il va déverser le mélange de lymphe et de chyle dans la veine sous-clavière gauche ('). Une partie seulement des lymphatiques, ceux du côté droitde
P) Leydig, TVaité d^hùtoîogie de V homme et des animaux ^ traduit par Lahîllonnc. •* Briicke, Deitkschriften der Wiener Mademie, t. VI. — Kolliker, Oewebeleftre, 3« ^dit.- Heidenhain , MoUachoU^B Untersuchungen zur NcUurlehre , t. IV. — Pour ce qui ost as» cellules calicifonnes, voy. Virchow'a Archiv, t. XXXVII etc.
(^ Plus exactement, au confluent dos voinos jugulaires interne et sous-clavièrc gaucHc