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L*ABSORPTION

§ 94. — Absorption intestinale.

Les aliments transformés par les liquides de la digestion sont absorbés par les deux espèces de vaUseaux de Vintestiiiy les vaisseaux sanguins et les vaisseaux lympbatiques. L'absorption par les vaisseaux sanguins se fait à peu près également dans toute la longueur du canal intestinal, y compris l'estomac, par les réseaux capillaires qui entourent les glandes de LieberkûbUy et qui pénètrent dans l'intérieur des villosités (Fig. 26 et 28). L'absorption par les lymphatiques se fait surtout dans l'intestin grêle. La quantité absolue de matières absorbées par la voie des lymphatiques est cependant bien plus gi^ande que celle absorbée par les capillaires sanguins; car, en effet, les radicules des lymphatiques sont munies de pores plus larges que la membrane des capillaires sanguins. On voit donc, d'après cela, que la proportion entre les matières absorbées par les deux ordres de vaisseaux doit être en rapport avec les propriétés de di (fusion de ces matières. Il est hors de doute que les substances qui sont fsicilement absorbables, passent à la fois dans les deux systèmes, mais des substances, comme les graisses, qui passent difficilement au travers des membranes animales , ne sont absorbées que par les chylifères ; celles au contraire, comme les sucres, la plupart des sels, les acides organiques, qui diffusent facilement, passent principalement dans les vaisseaux sanguins. Les peptones tiennent le milieu entre ces substances ; une partie d'entre eux est déjà al)sorbée par les capillaires de l'estomac , tandis qu'une auti*e partie passe dans l'intestin, sy mélange à de la graisse et jiénèti'e ainsi surtout dans les chylifères.

On a cru que certains poisons, le venin des serpents, le curare, ne peuvent êtff absorbés par l'intestin; cette opinion était basée sur le fait que de petites quantités do cos substances, déposées dans une plaie, déterminent la mort , tandis que, prises* rinlérieur, même en grande quantité, elles ne produisent aucun accident. Mais cela tient probablement à ce que ces substances ne sont que très-difficilement absorbées car Kolliker, en introduisant dans l'estomac de très-grandes quantités de curare,* vu la mort survenir; l'obstacle qu'elles opposent à l'absorption est précisément dû i <îe qu'elles diffusent très-faiblement à travers des membranes animales (').

Dans rintostin grôle les villosités sont la partie la plus importante pourFabsorplion des substances nutritives. Par leurs vaisseaux sanguins et chyliftw?» ainsi que par leurs amalicules poreux, ils constituent les organes absorbanlste plus essentiels, et déterminent le mouvement initial du chyle. Les villoa» contiennent, en effet, comme nous l'avons dit au § 92, une couche defibi** lisses, qui leur donnent leur contraciilité. Cette propriété se manifeste dansiez villosités par un raccourcissement dans le sens de la longueur, en vertu u^quel elles présentent une série d'étranglements successifs. On les voit pendant la digestion se rétrécir et se dilater alternativement, ce qui les fait se vider vers

(1) Cl. Bernard, Lcçom de phyaiolouk. Paris 1855. — Kollikcr, ArMv f. patholônii^ Analomie^ t. X.

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