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ABSORPTION DU SUCRE

5 vaisseaux efférents, et se remplir du c^té de rintesiin. A chaque contraction sang et le chyle contenus dans leur tissu sont repoussés vers les vaisseaux rrespondants ; à chaque dilatation, elles se chargent des liquides intestinaux. 1 voit donc que ces mouvements des villosités ûivorisent tout aussi bien la agression des liquides absorbés que Tabsorption elle-même.

Gruby et Delafond avaient déjà observé le phénomène de la contractilité des villees, mais c'est Brùcke qui démontra Timportance de ces mouvements pour Tabrption, et qui prouva qu^ils sont dus à leurs fibres lisses. Après la mort, les losités sont toujours dans un certain degré de contraction, et présentent des "anglements transversaux. Ce même auteur étudia l'influence des excitants sur ces >uvements, et toigours il vit dans ce cas les villosités diminuer de longueur. Puise, durant la vie et spécialement pendant la digestion, les villosités se contractent et illongent alternativement, leur action doit être celle que nous leur avons assignée lis haut , c'est-à-dire qu'elles doivent alternativement absorber et faire progresser liquide absorbé (<).

Nous allons résumer dans les paragraphes suivants tout ce que l'on sait sur Tabnrption des différentes matières nutritives.

§ 95. — Absorption du sucre.

Le sucre est très -rapidement absorbé, tant par les vaisseaux sanguins que Morleschylifères. La quantité de sucre absorbée dans un temps donné est en rapport direct avec le degré de concentration de la solution, et est jusqu'à un cwiain point indépendante de la grandeur de la surface absorbante. Quand le sucre reste longtemps en contact avec la surface intestinale, son absorption dilûinue peu à peu. On retrouve le sucre absorbé dans le chyle tout aussi bien îue dans le sang. Quand on en introduit de grandes masses dans l'intestin , le ^ peut arrivei: à en contenir des quantités telles que du sucre non transbrmé est éliminé par les reins.

Les conditions d'absorption du sucre ont surtout été étudiées par Lehmann et par Mier. Lehmann démontra que d'ordinaire le sang de la veine porte, comme *U88i le chyle , ne contiennent que de petites quantités de sucre , que ces quantités augmentent, quoique cependant d'une manière peu notable, dans les deux liquides ïprès une nourriture très-amylacée ou sucrée ; or ce fait ne peut s'expliquer que par Uie décomposition très-rapide du sucre dans le sang et dans le chyle , ou par une ^tité d'absorption moins grande qu'on ne l'avait admis jusqu'alors. La réaction •ode que l'on trouve dans les parties inféneures de l'intestin prouve qu'une grande lirtie du sucre se change en acide lactique et est absorbée sous cette forme, toer élucida la question de l'absorption du sucre : il introduisit des solutions de |l|cose de cx)ncentration variée dans des anses intestinales ligaturées, et trouva dans etmgune augmentation de sucre qui pouvait atteindre jusqu'à 0,6 p. 100. Laquan- ^ de sucre absorbée ne dépendait nullement de la longueur de l'anse intesti- >sle ou , en d'autres termes, de la superficie de la muqueuse absorbante , mais elle ttt en nq>port direct avec le degré de concentration de la solution , de sorte que •our une solution quatre fois i>lus concentrée il y avait quatre fois plus de sucre ab-

WBrflcke, SitzungsberidUe der Wiener Akadeniiey 1851.

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sorbé. Quant au temps, Tauteur vit que Tabsorption }>ouvait durer 4 heures dans une anse intestinale liée , mais que dans les premiers temps il y avait plus de sucre absorbé que plus taid(*).

On n'a fait encore aucune recherche sur l'absorption de l'acide lactique produit par la tninslormation d'une jurande partie du sucre dans le canal intestinal. On connajf sa grande capacité de diffusion , ce qui permet de penser que cet acide passe trèsrapidement dans le sang et danë le chyle, plus rapidement que le sucre i>eut-étre.

§ 96. — Absorption des graisses.

La majeure partie des graisses est absorbée par les villosités et passe dan?: les chylifôres. Après un repas qui contient des aliments gras, on voitd*aboni les cellules épithélialcs qui recouvrent les villosités, remplies, ainsi que le chylifère central, de gouttelettes graisseuses. En raison de la structure des villosités, le chemin que parcourt la graisse est très -probablement le suivant. Elle passe d*abord à travers les canalicules poreux qui existent dans le bouchon muqueux de la cellule épithéliale , et pénètre ainsi dans la cavité de cette dernière , pour de là passer par ses prolongements jusque dans le système des cellules plasmatiques qui se trouvent dans la muqueuse des villosités, et gagner ainsi le chyliferc central. Les canalicules à travers lesquels passent les gouttelettes graisseuses pour pénétrer dans les chylifères, sont plus gros que les pores habituels des membranes animales, à travers lesquelles se fait Tendosmose , puisqu'on les voit au microscope ; mais cependant ils sont asseï étroits pour que l'absorption des graisses ne puisse se faire que par voie d'endosmose. L'émulsion produite par le liquide pancréatique et le suc intestinal n'est pas suffisante pour obtenir ce résultat, il faut encore que la surfece absorbante soit imprégnée par la bile , ce qui la rend capable d'absorber les graisses (§ 98). Cette action de la bile fait qu'une petite partie de là graisse peut encore passer par les pores bien plus étroits des capillaires sanguins et pénétrer directement dans le sang, ce qui explique comment, après qu'on a mange (les aliments gras , il existe plus de graisse dans le sang de la veine porte.

Pour expliquer le passage des graisses dans le chyle, Brûcke avait admis que les é])ilhéliums des villosités s'ouvrent librement comme des entonnoirs dans la cavité de l'intestin , communiquent, d'autre part, avec les lacunes du parenchyme de la villoâlé, et par celles-ci avec le canal lymphatique central. Moleschott et Marfels cherchèrent à démontrer exi>énmentalement cette hyj)othèse, en mettant du pigment de la choroïde dans l'intestin d'animaux vivants, ou en le faisant pénétrer par pression dans des anses intestinales d/animaux sacrifiés; ils trouvèrent des granulations pignientaires • dans les cellules épithéliales, dans le parenchyme des villosités et dans les A'aisseaw chylifères. Donders ne put arriver anx mêmes résulUits. D'un autre côté, Funkci démontré que l'émulsion ne suffit pas seule pour rendre la graisse capable d'étrf absorbée, il injecta dans l'intestin de lapins des émulsions de cire et de stéarine, roini jamais il ne put en voir une gouttelette pénétrer dans l'épithélium ou dans les villositf^

(1) Lclmiaiin, Phydolof/idche Chemiej t. III. — Vou Becker, ZeiUdirift j\ iciêsemchfl- Zoologie, t. V.

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