ABSORPTION PAR LES LYMPHATIQUES
u sang le reste des matériaux de nutrition que le sang avait amenés aux or- ;anes et que ceux-ci n'avaient pas utilisés Mais hors le moment de la digestion, (uand l'intestin est vide, chylifères et lymphatiques ont la même fonction.
n est probable que dans les lacunes des tissus , desquelles naissent les radicules lymphatiques, les capillaires sanguins s'abouchent dh'ectement avec le système de cellules et de prolongements plasmatiques que Ton trouve partout. Les substances nécessaires à la nutrition des tissus transsudent alors hors des capillaires et du système plasmatique canaliculé qui les continue, tandis que Vexcédant passe directement dans les lacunes des tissus et les origines lymphatiques. Mais dans ce trajet le sang reçoit, par l'intermédiaire des capillaires, les produits de décomposition des tissus ; il faut donc admettre que les lymphatiques en reçoivent également une partie. Ces vaisseaux sont donc à ranger à côté du système veineux. Une partie des produits du déchet des tissus et une partie de l'excédant des liquides nourriciers passent directement dans les veines par les capillaires, une autre partie pénètre dans les lymphatiques , devient la lymphe et rentre plus tard dans le système veineux. Les lymphatiques reçoivent donc les substances après qu'elles ont traversé le système canaliculé des cellules et des lacunes plasmatiques qui se continue avec leurs capillaires; les veines, au contraire, se continuent directement avec les capillaires ; il est donc aisé de comprendre que la lymphe se rapproche beaucoup moins du sang artériel que le sang veineux.
Yirchow, le premier, démontra que les cellules plasmatiques et leurs prolongements constituent un système de canalicules très-fins, rattachés aux vaisseaux sanguins. Wittich a démontré que dans certains endroits, les tendons, la cornée par exemple, œs cellules peuvent ôlre injectées. Par Tétude des villosités intestinales et de leurs celhiles plasmatiques on est arrivé à admettre la communication des prolongements plasmatiques avec les lacunes du tissu qui so;it les extrémités périphénques des lymphatiques. Quoique cette opinion ne soit pas encore tout à fait et directement démontée, elle n'en est pas moins probable. Nous verrons , au § 102 , que la production de 1* lymphe dépend de la pression du sang , ce qui démontre que le système lympha- ^ue dépend jusqu'à un certain point du système sanguin. Quant à l'origine des lymphatiques dans les lacunes des tissus, elle est démontrée par l'existence de ces lacunes et par la nature du liquide qu'on y trouve souvent, liquide de Vœdéme, ^utàfait analogue à la lymphe. Ainsi que Ta dit Ludwig, ce liquide ne peut être ^nsidéré que comme un amas de lymphe. Cet amas est dû, soit à une gône dans 1* circulation veineuse de retour, soit à une gône dans la circulation lymphatique. ^ mêmes lacunes de tissu dans lesquelles on trouve ce liquide, peuvent être injec- ^^ directement par les troncules lymphatiques (*).
Les lymphatiques ne ramènent pas seulement au sang l'excès des liquides Nourriciers et une partie des produits de décomposition des tissus , mais ils lui ^ïiènent encore les substances dissoutes ou solubles qui ont pénétré dans leurs Jeunes d'origine. C'est ainsi que des poisons déposés dans des plaies sont ab-
(}) Virchow, Verhandlungen der Wiirzburger physikalisch-mediciniachen OeseUscluift ^ ÎI. — Von Wittich, Archir f. palhol, Anatomie, t. IX. — Ludwig, Œnterr, mediciniêche
sorbes par les lymphatiques, et déterminent les phénomènes d'empoisonnement: mais en raison de la lenteur de la circulation lymphatique , les accidents surviennent beaucoup plus tardivement que quand les poisons ont pénétré dans les vaisseaux sanguins, et ont été absorbés par les veines.
Magendie fit voir qu'en sectionnant tons les lymphatiques d'un membre , et en déposant du poison sous la peau au-dessous de la section , on voit la mort survenir, et survenir aussi rapidement que si les lymphatiques n'avaient pas été sectionnés; il en avait conclu que ce ne sont que les vaisseaux sanguins qui peuvent absorber. Son opinion sembla se confirmer par les expériences d'Emmert , de Henle , de Dusch etc. , qui virent qu'en liant les vaisseaux sanguins, on empêchait les accidents de se produire quand on avait déposé des poisons sous la peau, au-dessous de la ligature. Mais on n'avait pas remarqué qu'en liant les vaisseaux sanguins, on empêchait le passage de la lymphe dans les lacunes des tissus, et que l'on annihilait ainsi une des principales forces auxiliaires de la circulation lymphatique. Tiedemann et Gmelin , Stannius etc. virent l'absorption se faire malgré la ligature (').
Absorption par la surface cutanée intacte, La peau intacte peu t-çlle absorber des substances dissoutes? c'est là une question très-controversée et non encore résolue. Il est certain que si cette absorption a lieu , elle est très-minime, et ne peut se produire que par une action longtemps continuée du liquide sur la peau ou par la vaporisation du liquide. L'épiderme, en effet, ne laisse filtrer aucune solution aqueuse et ne se gonfle même qu'après un assez long* séjour dans l'eau. Un grand nombre des faits cités à l'appui de l'absorption cutanée doivent se ranger dans ce que nous décrirons sous le nom de respiration cutanée ; d'autres s'expliquent par des lésions mécaniques de la peau , comme par exemple l'absorption de mercure, d'iodure de potassium après des frictions. On ne saurait admettre^ pour étudier cette question, qo^ des expénences faites dans des bains dans lesquels les substances sont en solutioD. Différents auteurs, Lehmann, Rletzinsky etc., ne purent démontrer Tabsorption de ferro-cyanure de potassium ou d'iodure de potassium en solutions aqueuses ; tandis (|ue Rosenthal vit l'iodure de potassium être absorbé de cette manière. D'après Parisot, l'alcool, l'éther, le chloroforme et les substances dissoutes dans ces liquides sont assez rapidement absorbés par la surface cutanée (-).