CHYLE ET LYMPHE
qu'après addition d'eau ou d'acide acétique , et qui tantôt est déjà segmenté ou qui se segmente dès qu'on ajoute des réactifs (Fig. 32 , globules lymphatiques de diflPérentes formes et dimensions). Beaucoup de ces globules ont une véritable membrane cellulaire, qui , par l'addition d'acide ^j^ ^^
acétique, s'en détache d'abord et se dissout en- HH ^m ^^
suite; il en est d'autres, au contraire, chez les- ^^ ^^ Ww
quels il n'existe aucune différence entre le con- ^ j|^ tenu et la membrane. On trouve encore dans ^^ ^^ ces liquides , outre les globules lymphatiques , quelques globules rouges du sang, ils sont plus
nombreux dans la lymphe de la rate, et très-rares, au contraire, dans le chyle. La lymphe , abstraction faite de ses globules, ne contient que fort peu de granulations moléculaires, aussi est-elle claire, quelquefois légèrement opaline. Le chyle, au contraire, contient beaucoup de ces granulations et de nora\)reuses gouttelettes graisseuses qui lui donnent un aspect laiteux ou au moins très-opalin. Les granulations qu'il contient sont animées d'un mouvement moléculaire très-prononcé.
Au point de vue chimique, les principaux éléments du chyle et de la lymphe sont des albuminoîdes, des graisses, des matières extradtives et des sels ; parmi les matières extractives il faut signaler le sucre et l'urée; parmi les sels, les lactateB alcalins. Les globules lymphatiques sont surtout composés d'albuminoîdes et de granulations graisseuses. Les granulations moléculaires sont de petites gouttelettes graisseuses enveloppées d'une sorte de membrane hyaline. Le plasma contient toute une série d'albuminoîdes , parmi lesquels il en est deux , les substances fîbrinogène et ûbrinoplastique , qui , peu de temps après que la lymphe est sortie de ses vaisseaux, deviennent solides et font prendre taule la masse du liquide en un caillot fibrineûx d'aspect gélatineux. Ce caillot se rétracte ensuite et exprime de sa masse un liquide aqueux , le sérum de la lymphe. Les globules lymphatiques restent emprisonnés dans le caillot; le sérum de la lymphe contient encore, outre de la graisse, des matières extractives et des sels , une petite quantité de substance fîbrinogène ; aussi, quand on vient à y ajouter du sérum sanguin, comme celui-ci retiferme de la substance fibrinoplastique, on voit se former un nouveau caillot. Quand on traite par l'acide carbonique ou qu'on étend le sérum de la lymphe de beaucoup d'eau, on voit se précipiter de la globuline , qui très-probablement est identique à la substance fîbrinogène. Le sérum privé de ses éléments fîbrinogène et fihrinopla»tique contient encore trois albuminoîdes : 1" un albuminate de potasse, qui se précipite par les acides ; 2® de l'albumine , qui se coagule par la chaleur; et 3» dans le chyle et peut-être aussi dans la lymphe, un peptono caractérisé par des réactions spéciales (§ 78).
Pour ce qui est des phénomènes chimiques de la coagulation do la lymphe , voyez '<^$1iO qui traite de la coagulation du sang. Mais la coagulation de la lymphe et du ^"yle est toujours plus tardive que celle du sang ; on ne peut expliquer cette diffé- ''*nce que par une moindre proportion de substance fibrino-plastique dans la lymphe, P"iS(fne après la coagulation, son sérum contient encore de la substance fîbrinogène.
La substance fibrino-plastique paraît se détruire peu à peu par les phénomènes cadavériques , car le chyle et la lymphe recueillis sur des animaux vivants se coagulent plus vite et mieux qu'après la mort.
Quoique le chyle et la lymphe se ressemblent par leurs caractères morphologiques et chimiques , ils n'en présentent pas moins de grandes différences. La composition du chyle varie d'après la nature et la quantité de l'alimentation, celle de la lymphe varie d'après les parties du corps dont elle provient.
Le chyle que l'on trouve, pendant la digestion, dans les radicules chylifère? des villosités ne contient encore pas de globules lymphatiques, mais seulement quelques granulations moléculaires. Après un repas composé de graisses, ce liquide est formé presque en entier de gouttelettes graisseuses, entourées d'une mince couche albuminoïde, mesurant de Viooo à 7,500 ^^ millimètre. Quand le chyle a traversé les tuniques de l'intestin, on y voit apparaître quelques globules, les gouttelettes graisseuses diminuent de quantité, et disparaissent bientôt pour faire place à une sorte de poussière de granulations moléculaires qu'il est impossible de mesurer. Ce n'est que lorsque le chyle a traversé les ganglions mésentériques qu'on y trouve les globules lymphatiques et la fibrine. Le chyle qui arrive au canal thoracique et qui s'y mêle à la lymphe est un liquide alcalin , qui peu de temps après être sorti des vaisseaux , se prend en unjj^Ioi mou, et qui à l'air se colore souvent en rouge. La composition du chylnKdu canal thoracique est assez variable. La proportion des substances solides qu'il contient varie chez les différents animaux de 2 à 10 p. 100; son poids spécifique varie de 1,012 à 1,022.
On ne peut donner une analyse exacte du chyle que pour celui qui est tiré du canal thoracique; mais ce liquide est alors déjà mélangé à de la lymphe, et a déjà traversé tous les ganglions du mésentère. On ne connaît que trois analyses anciennes fûtes par Tiedemann et Gmclin, Tune sur le chyle pris avant son entrée dans les ganglions, l'autre après qu'il en est sorti, et la troisième sur le chyle du canal thoracique. D'àprès les analyses comparatives, la quantité des substances solides diminue lors du passajçe du chyle à travers les ganglions , et plus encoVe , lors de son entrée dans \e canal thoracique, en raison de son mélange à la lymphe. La graisse diminue également , une partie se saponifie, une autre partie plus considérable paraît être employée par les ganglions pour fabriquer les globules. D'après Tiedemann et Gmelin, la fibrine n'apparaîtrait qu'au delà des ganglions mésentériques , mais le fait a été nié par d'autres auteurs. Quoi qu'il en soit, c'est dans les ganglions que se créent la piu^ grande partie des substances fibrinogène et ûbrino-plastique, et il en est sans doute de ces corps comme des globules de la lymphe , don^ une petite quantité est également formée par les follicules clos de l'intestin. Le chyle ne pouvant être obteau en grande quantité que par des vivisections, on comprend que nous n'ayons encore pas d'analyses quantitatives du chyle humain. Les grandes différences que présentent les analyses du chyle s'expliquent par la diversité des animaux en expérience, et par la diversité de leur alimentation antérieure. Pour ce qui est de l'influence de la nourriture sur la composition du chyle, nous savons seulement qu'une alimentation abondante augmente la proportion des matières solides du chyle , et surtout des graisse^ et des albuminoîdes. Une nourriture grasse augmente nécessairement la quantité des graisses dans le chyle, tandis que, d'après Lehmann , celles-ci n'augmentent p^ par une alimentation hydro-carbonée. D'après Grohe, le chyle aurait la pi-opriélé de