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EFFETS RESPIRATOIRES DES EXCITATIONS SENSITIVES

((iii accompagne généralement la douche froide ? Voilà un exemple familier de l'influence réflexe des excitations seusitives. Toute excitation un peu vive de la sensibilité, générale ou spéciale agit de même façon : excitez le sciatique — nerf mixte, — excitez le trijumeau dans ses branches sensitives. sur le chien ou le lapin, et il y a arrêt respiratoire. Frédéricq, en faisant couler un peu d'eau dans les narines d'un lapin qui respire par la trachée, détermine un arrêt respiratoire de 10 ou 20 secondes ; chez le canard l'arrêt peut durer jusqu'à 10 minutes. (Le canard a beaucoup de sang, ce qui lui permet de telles fantaisies.) Ces rétlexes sont d'ailleurs très utiles : ils protègent l'organisme contre la pénétration de l'eau dans les voies respiratoires, et résistent contre cette pénétration par le mouvement expiratoire. On remarquera toutefois que cette action d'arrêt s'observe lors d'excitations fortes, et que les excitations faibles agissent en sens inverse, et accélèrent la respiration. Il semble bien, néanmoins, que les excitations fortes peuvent aussi les stimuler, car le frottement énergique auquel on soumet les noyés pour les ranimer, les claques et tapes que Ton administre parfois aux personnes en syncope, les excitations thermiques vives que l'on applique à la peau des nouveau-nés lents à se décider à respirer, la flagellation des sujets trop profondément endormis par les anesthésiques, constituent à coup sûr des excitations fortes. L'excitation agirait-elle selon l'état du centre bulbaire ? Quoi qu'il en soit, les excitations sensitives exercent une influence marquée, et celles qui sont transmises par le trijumeau (narines, face, bouche, pharynx, etc.) et le pneumogastrique (voies respiratoires inférieures et poumon) sont particulièrement actives, comme nous Talions voir en parlant de ces nerfs.

Comme exemples de l'influence exercée par les nerfs de sensibilité générale dans la production du réflexe respiratoire, on a invoqué ce qui se passe chez les animaux enduits de vernis : la respiration se ralentit, et l'animal meurt après un refroidissemen

considérable, et on a dit que le stimulant cutané du réflexe a fait défaut. Le même fait s'observe chez les individus ayant une brûlure générale quoique légère (chute dans une chaudière de brasserie par exemple), M. M. Duval a observé de ces malheureux, et a xn que chez eux la respiration ne se maintient avec le rythme et ramjjleur normaux que par l'intervention de la volonté. Dès que celle-ci disparaît (sommeil), la respiration devient faible comme celle de l'animal verni, le refroidissement et la mort surviennent bientôt. La source cutanée du réflexe respiratoire aurait fait défaut. L'explication n'est pas pleinement satisfaisante toutefois, et il nous paraît qu'il y a assez de causes de mort sans en invoquer une de caractère aussi problématique, (Voir Peau.)

Le pneumogastrique est particulièrement important dans l'innervation des voies respiratoires. Il est en effet le nert sensitif de celles-ci, de l'épiglotte k rextrémité des plus petites bronches. Mais cette sensibilité varie : obtuse audessous de la glotte, elle est des plus vives au-dessus de celle-ci, dans le larynx en particulier. D'autre part, le vague reçoit du spinal des filets moteurs, et le nerf récurrent, né du spinal, donne l'innervation motrice à tous les muscles du larynx, saiif le crico-aryténoïdien qui est innervé par le laryngé externe, venu bien certainement du pneumogastrique, car Cliauveau a constaté que l'excitation du tronc du vague, à l'intérieur du crâne, est suivie de contractions du muscle en question. La section du laryngé inférieur ou récurrent, — ou celle du spinal, — provoque une aphonie complète ; c'est donc le nerf de la voix (Cl. Bernard) ; elle détermine aussi des désordres dans la déglutition et dans l'efTort, car le spinal préside à l'occlusion de la glotte et au maintien de la dilatation du thorax par la contraction du trapèze et du sterno-mastoïdien. La section des récurrents se manifeste encore par un autre trouble : tous les muscles du larynx, sauf un seul, étant paralysés, la glotte ne se dilate plus, et reste rétrécie, d'où dyspnée, et, comme l'ont vu Legallois et Longet, si le larynx n'est pas rigide, et ne maintient pas la béance delà glotte, la dyspnée est bientôt suivie d'asphyxie,

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