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AUTOMATISME DU CENTRE RESPIRATOIRE

élégante expérience de Frédéricq consiste à prendre deux chiens ou deux grands lapins disposés de telle sorte que l'animal A envoie son sang carotidien dans la tête de B, et B son sang carotidien à A, avec retour par les vertébrales, de telle sorte que chaque animal arrose la tête seule de l'autre. Si alors on fait asphyxier A en lui comprimant la trachée ou en lui faisant respirer un air pauvre en oxygène, c'est B qui présente de la dyspnée et de Tasphyxie, et non A : B en effet reçoit du sang veineux ou insuffisant, et ce sang qui n'arrose que sa tête, excite son centre bulbaire, alors que A, s'il asphyxie du corps, n'asphyxie pas de la tête — de la moelle allongée. — Cette démonstration de la nature de l'excitant normal du bulbe est tout à fait précise K

Le centre bulbaire est peu sensible à l'intluence des anesthésiques ; il résiste longuement à leur action paralysante ; on peut même le regarder comme l'élément le plus résistant des centres nerveux : il conserve son activité, alor-s que les autres ont succcombé, alors en particulier que les parties les plus élevées du système nerveux ont cessé d'agir. Au surplus, il est bon qu'il en soit ainsi. Pour la vie animale, le cerveau est du luxe : l'essentiel est le bulbe, centre d'innervation du poumon et du cœur, bases réelles de la vie végétative, et la notion du trépied vital de Bichat veut être simplifiée, le cerveau n'étant plus une des bases de celui-ci. mais son couronnement.

Le centre bulbaire est donc automatique. Reçoit-il un sang insuffisamment artérialisé, le centre est excité, et fonctionne plus rapidement ; il y a polypnée, qui, si le sang ne devient plus satisfaisant, passe à la dyspnée, à la gêne respiratoire.

Cl. Bernard aUribue Ihjperthermie observée chez les animaux asphysiés (CD' exciterait les muscles, doîi accroissement de dégagement de chaleur) et dans plusieurs maladies (choléra encore entre autres;.

* La quantité du sang a aussi son influence. Un chien qui a été saigné et que l'on dresse droit (doii anémie bulbaire; meurt en quelques secondes par défaut d'irrigation du bulbe et des centres qu'il renferme CCh. Richet. .SV. BioL, i891).

Est-il irrigué par un sang riche en oxygène, pauvre en acide carbonique, son activité n'est que faiblement excitée, ou ne l'est point du tout; la respiration n'est pas stimulée, et en l'absence de stimulus, elle s'arrête même pour un temps : c'est Vapnée.

Chacun peut déterminer sur lui-même l'apnce ; il suffit de faire successivement quelques inspirations profondes et rapides, le sang subit une hématose plus parfaite, et contient beaucoup d'O et peu de CO*. Aussi la respiration s'arréte-t-elle pour ne reprendre qu'api'ès quelques secondes, faible d'abord, puis graduellement plus efficace. On peut l'obtenir aussi sur l'animal en pratiquant une respiration artificielle énergique ; on interrompt celle-ci, et Tanimal dont le sang est très artcrialisé ne se met à respirer de lui-même qu'après un temps assez long (30 secondes parfois) quand le sang est devenu suffisamment veineux pour exciter l'activité du centre l)ulbaire. Inversement si au lieu d'artérialiser le sang, on le rend plus veineux, par inspiration dans un mélange pauvre en 0, ou si l'on arrête le cours du sang en liant carotides et vertébrales, il y a non plus apnée, maispolypnée et dyspnée: la respiration s'accélère. La dyspnée consécutive à une course rapide ou à un exercice violent est due à cette veinosité du sang qui par le travail musculaire devient plus riche en CO* ; et toutes les fois que le sang perd de l'O ou s'enrichit en CO*, quelle qu'en soit le mécanisme, il excite le bulbe et détermine de la dyspnée. On peut provoquer celle-ci expérimentalement en échauffant le sang qui baigne le bulbe (en faisant passer les carotides dans de l'eau chaude), la consommation d'O et la production de CO* augmentant sans doute (Ch. Richet), ou en arrêtant la circulation dans le bulbe (Kussmaul) ou en provoquant une hémorragie. Bref, toute cause déterminant une irrigation insuffisante du bulbe amène la dyspnée. L'excitation produite par le sang veineux est évidemment très forte, car la volonté ne peut y résister : on ne peut se suicider par arrêt volontaire de la respiration : il y faut un obstacle mécanique. D'ailleurs, à supposer que la volonté put résister assez longtemps à l'excitation automatique, un des premiers effets serait une syncope, c'est-à-dire la perte de cette volonté, entre autres phénomènes, et alors la respiration reprendrait son cours.

Nous avons dit que les excitations réflexes ne sont pas sans retentir sur la respiration : il convient de s'arrêter un moment sur ce point. Qui ne connaît l'arrêt respiratoire spasmodique

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