TEMPÉRATURE DE L HOMME
La température ne peut être convenablement mesurée (pie (lan^ le rectum ; les températures prises dans le creux axillaire. «lans la bouche en ayant soin de placer le réservoir du thermomètre sous la langue pour éviter l'action du courant d'air froid de l'inspiration, dans le jet durine au mo-
Fiù. 47. — Cuurbe moyenne quotidienne.
(letlo courbe est construite daprès les moyennes des températures ceutr.iles i-.'ctale-urine) et périphériques (axillaire . — Elle peut être prise comme typ^lies variations de sa température chez Ihomme dans les vingt-quatre heures. D"aprés M. Ch. Riehet. Reiu^ scientifique, i" semestre, I880. p. %io.)
meut de la miction offrent des causes d'erreur trop grandes. Les auteurs qui se sont occupés avec le plus de soin des températures de l'homme donnent les chiffres moyens suivants :
Jui'gensen 37". 87
AVunderlicli 37^35
Jaeger 37", 13
Soit un chiffre moyen de 37°,50.
Varia tion horaire. — Un individu normal, adulte, en bonne santé, présente dans les vingt-quatre heures des différences de température importante, d'un degré environ. La courbe suivante, calculée d'après les courbes de la température rectale (Jurgensen) de l'urine (Richet) de la température axillaire (Billet, Barensprung), montre qu'il existe vers 4 heures du matin un minimum, et que l'ascension est ensuite l'égulière jusqu'à 4 heures du soir, point où la courbe atteint son maximum pour redescendre plus rapidement qu'elle n'était montée.
Cette variation régulière ne tiendrait pas, d'après Richet, ni à la digestion, ni à l'augmentation de chaleur extérieure, ni au travail musculaire, elle serait due à une sorte de périodicité rythmique des systèmes nerveux. Toutefois on ne saurait nier l'influence exercée parles divers facteurs précités.
Influence du travail musculaire. — De tous les tissus, c'est le tissu iiuisculaire qui est le siège' des combustions interstitielles les plus actives, c'est lui qui produit le plus de chaleur. (Voir plus loin : Chaleur et travail.
Tout travail musculaire énergique augmente la température chez un chien immobile siu' la table d'expérience et dont la température reste stationnaire, il suffit de quelques mouvements violents pour voir la température s'élever immédiatement d'un dixième de degré. L'exercice musculaire élève la température, elle peut déterminer une augmentation de 1°,2, mais ensuite, même si l'exercice est prolongé, la température reste stationnaii*e (Jurgensen). Il n'en est pas de même, quand, au lieu de contractions volontaires, on détermine chez un animal un état tétanique durable par la strychnine ou les excitations électriques. La température s'élève alors graduellement et peut atteindre chez le chien 45°7 (Ch. Richet), température incompatible avec la vie, la mort survenant immédiatement dans ce cas. Instinctivement nous utilisons cette contracture pour faire de la chaleur, et le frisson n'est autre qu'une manifestation de l'organisme dans sa lutte contre le froid.
Alimentation. — L'alimentation ne joue pas un rôle aussi important qu'on pourrait le supposer tout d'abord, sur les oscillations de la température. Il est curieux de noter que le repas de midi seul parait influer sur la température, et que le repas du soir n'arrête pas la courbe de descente commencée vers 4 heures. Chez les animaux soumis à l'inanition, on constate que la température après avoir baissé après les trois ou quatre premiers jours reste ensuite stationnaire, et que ce n'est que dans les derniers moments qui précèdent la mort, qu'il se produit alors une chute thermique brusque et forte.