ACTION DES POISONS
tend à augmenter la fièvre et on conçoit l'indication formelle dans les pyrexies de lutter par tous les moyens contre l'élévation thermique : médicaments antithermiques, bains froids, etc.
Action des poisons. — Le.s poisons agissent sur la température, les uns déterniinant une hyporlherniie, les autres, au contraire, de l'hypothermie, les premiers sont ceux qui stimulent ractivitc musculaire : la strychnine, la vératrine, la cocaïne. Les convulsions déterminées par ces substances toxiques amènent une élévation thermique qui peut atteindre (45'',6, Rondeau et Richet). Les poisons peuvent-ils agir directement sur la température sans l'intermédiaire de la contraction musculaire. Cette thèse a été soutenue par U. Mosso, i[in a vu la température monter chez de> chiens curarisés, auxquels on injectait de la cocaïne. Cette élévation a été contestée depuis.
Il existe en outre une corrélation importante entre l'activité des substances toxiques et la température interne de l'animal. Si la température d'un animal est élevée artificiellement au-dessus de la normale : tétanos, bains chauds, étuves, soleil et muselière, etc., la dose des substances convulsivantes, telles que la cocaïne, la cinchonine, les sels de lithium, etc., nécessaire pour déterminer l'attaque clonique peut être diminuée de moitié (Richet et Langlois). Il est nécessaire de songer à ce fait quand on ordonne certains médicaments actifs à des individus pyrétiques.
Les poisons qui déterminent un abaissement de la température sont, par contre, tous ceux qui dépriment le système nerveux ou le système musculaire : les anesthésiques, chloral, chloroforme, la morphine, le curare et les poisons curariformes. C'est surtout en diminuant, en suppi'imant même les contractions musculaires, que ces agents agissent sur la température centrale, mais il faut y ajouter également leur action sur le système nerveux, quelquefois également sur le système vaso-moteur, de sorte que la température s'abaisse par suite d'une double cause : diminution des échanges chimiques, et par suite diminution dans la production de chaleur; dilatation des vaisseaux périphériques, d'où perte par rayonnement plus intense.
PHYSIOI.OGIE 21
THERMOGEME ET C.UORIMETRIE
La notion de température est insuffisante pour se rendre compte de l'activité des échanges qui se produisent dans l'organisme. Les variations dans la température peuvent être dues en effet soit à une modification dans l'intensité des échanges, soit à une perturbation dans le rayonnement du calorique, il est donc indispensable dans l'étude de la chaleur animale de se rendre compte également de la quantité de chaleur produite et de la quantité de chaleur dégagée. Si un animal se maintient pendant un certain temps à une température constante, la quantité de chaleur qu'il aura dégagée sera forcément égale à celle quïl aura produite. La mesure de la chaleur dégagée peut donc permettre d'étudier la production de chaleur, la thermogénèse. C'est sur cette mesure qu'est fondée la calorimétrie animale.
Dans tous les calculs sur la chaleur, il faut pour obtenir des résultats comparables entre eux les ramener à des unités constantes ; il s'agira donc toujours des quantités de chaleur dégagée par un kilogramme d'animal dans une heure *.
' On appelle Calorie la quantité de chaleur nécessaire pour élever de 1 degré 1 kilogramme deau. En physiologie, on emploie comme unité la microcalorie. c est-à-dire la quantité de chaleur nécessaire pour élever de 1' uu gramme d'eau. L'est cette dernière unité que l'on désigne même pour simplifier sous le nom de «alorie. Bien que le système mcti-ique soit universellement aiopli, quelques
MIÎTIIODES CALORIMÉTRIQUES 423
L'élude de la clialeur animale date de Lavoisier. « Il était léservé à riioinme qui venait de renverser la théorie surannée du phlogisiique de poser les bases inébranlables de la théorie de la respiration et de la calorification. de cette môme main qui traçait en caractères inetïarables l'immortelle monographie de l'oxygène. » (Gavarret,)
Depuis Lavoisier de nombreux travaux ont été entrepris pour déterminer la quantité de chaleur produite par les animaux.
Ces recherches peuvent être rangées en trois groupes suivant la méthode suivie.
On désigne, sous le nom de méthode directe, celle employée par Lavoisier, Dulong, Desprets, Regnault et Reiset, Andral et Gavarret, Liebcrmeister, Fredericq, etc., ayant pour objet de calculer la chaleur produite par l'être vivant d'après la quantité d'acide carbonique exhalée.
M. Regnault l'ait ainsi la critique de cette méthode : « L'acide carbonique exhalé n'est pas seul à mesurer l'énergie des oxydations de l'organisme. On ne peut par ce moyen se rendre compte de la chaleur produite. Le phénomène est beaucoup plus complexe : tout mouvement se traduit par de la chaleur, toute action chimique donne de la chaleur ou du froid, tout passage dans le sang des aliments qui se liquélient change encore la température. Il ne faut donc pas chercher une mesure de la chaleur engendrée dans le calcul de l'acide carbonique formé.
La deuxième méthode, dite indirecte a été employée par Boussingault, Liebig et Barrai. Cette méthode consiste à prendre un animal, soumis à un ration d'entretien telle que son poids reste sensiblement constant pendant toute la durée de l'observation et à noter exactement la quantité de calo-
savanls anglais s'obstinent à conserver les mesures britanniques. La Britisli Heat Unily (B.HU.) correspond à la quantité de clialeur employée pour élever de 1° Fahrenheit une li\re d'eau anglaise, elle vaut 0,252 calorie kilogramme. Les Allemands eniploicnt fréquemment la calorie-seconde.
424 THERMOGÉNIE ET CALORIMÉTRIE
ries représentée par ses ingesta d'une part, ses excréta de l'autre. La différence indiquant le nombre de calories utilisées par l'animal pour maintenir sa température constante. Ce procédé soulève encore de nombreuses objections. Le coefficient de chaleur spécifique des aliments et des produits excrémentitiels est loin d'être établi d'une façon rigoureuse. Les chiffres donnés par Frankland, Zuntz, Danilewsky, ne concordent pas entre eux ^
Mais il est difficile de réaliser la valeur d'entretien, de maintenir exactement un état d'équilibre parfait, enfin, on ne connaît pas les réactions chimiques exactes auxquelles donnent lieu les aliments une fois ingérés, il se produit dans l'organisme une série de réactions : réduction, déshvdratation, fermentation, toutes accompagnées d'un dégagement ou d'une absorption de chaleur et dont les produits peuvent en se substituant a d'autres, se fixer définitivement.
Le troisième procédé, qui mériterait mieux que le premier la désignation de calorimétrie directe, consiste dans la mesure delà chaleur dégagée. La première tentative est due ~à~€ra\vford en 1779: un an après (1780), Lavoisier et Laplace communiquaient leur expérience de calorimétrie faite sur un cochon d'Inde. L'animal était placé dans une enceinte
' Frankland a trouvé conirae'quantilé de chaleur produite par la combustion complète
1000 grammes de graisse 9 069 calories
— — fécule 3 936 —
— — d'albumine 4 998 — — urée 2 206 —
Or, eu admettant comme ration d'entretien pour un homme adulte les chiffres donnes par Rauke pour 24 heures :
Albumine 100 grammes 426 300 calories Graisse 100 — 906 900 —
Fécule 2iO — 944 640 —