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THÉORIES DE LA SÉCRÉTION URINAIRE

En outre, il est plus concentré, plus pauvre en eau, et renferme très peu de fibrine (Brown-Séquard croit que celle-ci se détruit dans le rein), sa température est plus élevée que celle du sang artériel et il contient moins d'urée. C'est ce sauju' qui a produit l'urine. Mais comment? 11 n'est guère possible de répondre d'une façon satisfaisante.

La plupart, avec Bowman, considèrent les glomérules comme filtrant l'eau et quelques sels très solubles, et les produits iirinaires spécifiques, comme Vurée, V acide urique, etc., seraient excrétés par fépithèlium des tubes contournés. D'autres, avec Ludwig, admettent que le glomérule est un liltre à travers lequel passe une urine très diluée ^ très aqueuse, mais cependant complète : elle se concentrerait dans les tubes contournés, par résorption d'eau. Les uns font donc de la sécrétion urinaire un processus vital, un processus d'activité cellulaire ; les autres un phénomène purement physique et mécanique. A l'appui de la théorie de Bowman, il y a des faits importants à citer. Injectez du sulfindigotate de soude, ou de l'urate de soude dans le sang : vous ne le retrouverez que dans l'épithélium des tubes contournés, et non dans les glomérules ; mais l'eau filtrée par les glomérules entraine ces substances, et quand, par la cautérisation ou autrement, on a préalablement détruit les glomérules, on voit les pigments rester dans l'épithélium. Ceci prouve bien l'activité de l'épithélium ; et, du reste, c'est dans celui-ci, et non dans les glomérules, que Ton trouve facide urique normal, et qu'on retrouve bien d'autres substances expérimentalement injectées dans le sang. A ces faits, mis en lumière par Heidenhain principalement, on pourrait joindre ceux de Nussbaura si des expériences plus récentes d'Adami n'en avaient démontré l'erreur ; mais Adami lui-même confirme en certains points l'idée d'un processus épithéhal actif; et je signalerai en particulier le fait que dans un rein où la sécrétion aqueuse est totalement supprimée, par ligature des uretères (les gloméi'ules étant pris entre deux pressions égales) ou

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par une chute considérable de la pression sanguine (section de la moelle), l'épithélium continue à exercer son action élective sur les substances citées plus haut, contenues dans le sang. En somme, la théorie de Bowman nous parait la plus acceptable des deux. Il y a pourtant un fait très net qui plaide en faveur de lïdée de Ludwig, mais il ne contredit en rien l'hypothèse de Bowman. Ce fait, c'est Tinfluence de la pression artérielle sur la sécrétion urinaire. Plus la pression est forte dans rartcre rénale et plus l'urine est abondante — à condition naturellement que la pression intra-rénale demeure normale, c'est-à-dire faible. Ainsi, après ingestion copieuse d'eau, ou injection d'eau dans le système circulatoire, la tension artérielle augmente, et l'urine est plus abondante — m.ais plus diluée — il passe proportionnellement plus d'eau ; et par contre la sudation excessive qui diminue la proportion d'eau dans le sang, la saignée, la section de la moelle allongée ou de la moelle cervicale qui diminue la pression, diminue aussi la sécrétion urinaire. Le rétrécissement des vaisseaux — par le froid par exemple — augmente la pression et la sécrétion ; il en est de même pour l'accélération du cœur. V oncornètre et Voncograpke de Roy, qu-i permettent de mesurer et d'enregistrer les variations de volume — de réplétion et de tension sanguine — du rein in situ en même temps qu'on mesure la sécrétion urinaire, montrent nettement le rôle de la pression artérielle. Enfin, l'effet de la ligature de la veine rénale, qui est d'arrêter toute sécrétion, plaide en faveur des deux théories qui supposent toutes deux la filt ration de l'eau par les glomérules.

Il convient de rappeler une troisième théorie, celle de Kiiss, pour qui le glomérule laisse filtrer du sérum sanguin, c'està-dire de Y urine plus de l'albumine, laquelle albumine est reprise par les tubes contournés.

C'est en somme la théorie de Ludwig , compliquée de rjiypothèse d'une albuminurie normale , d'une excrétion d'albumine, et nécessitant l'hypothèse d'une résorption de

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