RULE DES REINS
menlitiel vrai, comme le suc gastrique, ot, en parlio, la bile, car l'eau seule serait reprise, et non les produits auxquels elle sert de véhicule. L'importance du rein se mesure à sa constance dans tous les animaux supérieurs. Il ne manque chez aucun vertébré, et tous les invertébrés supérieurs possèdent quelque organe similaire ou homologue.
Les cœlentérés et ccliinodermes ciix-mèmcs ont cert.iinenicnt un seuiltlant de rein, peut-être très dill'us, où l'un trouve une sorte de {.Mianine, conune chez dillerents vers ; les crustacés ont la f/lande verte qui, si elle ne renferme point d'acide urique ou d'urée, comme on l'avait affirmé, contient du moins un liquide où se trouve de l'azote, et qui est rejeté au dehors à intervalles ; les myriapodes ont leurs tubes de Malpijrhi par lesquels ils excrètent de Tacide urique, comme les insectes; les lamelliljranclies ont l'organe de Bojanus où se trouvent de l'urée, de la créaiinine, etc., et dans le même organe, chez les gastéropodes, on trouve de l'acide urique ; les céphalopodes en présentent aussi. C'est assez dire que la fonction rénale se présente dans toute la série animale, sauf chez les êtres inférieurs à différenciation moins avancée.
D'autre part, on mesure encore l'importance du rein à la gravité des effets consécutifs à son extirpation. Prévost et Dumas ont fait cette expérience en 1825, en enlevant les deux reins sur un animal ; Gréhant l'a répétée avec soin, et le résultat est constant : l'animal meurt un ou deux jours après la néphrotomie. Même résultat, d'ailleurs, si au lieu d'enlever les reins on en supprime l'afflux sanguin par la ligature des artères rénales, ou si l'on lie les uretères. Comme, dans ces cas, l'urée s'accumule dans le sang, on en a conclu que la néphrotomie (ou la cessation de la fonction rénale) tue par urémie, c'est-à-dire par accumulation de l'urée dans le sang, et on a établi un parallèle entre cette urémie expérimentale et l'urémie pathologique, qui s'observe dans certaines maladies du rein. Nous avons déjà dit que cette interprétation est contestable. Sans doute, l'injection d'urée dans le sang d'animaux néphrotomisés hâte l'apparition des accidents urémiques, mais, d'autre part, on peut injecter à un
animal normal des doses considérables d'urée sans le tuer (20 et 30 grammes, par exemple, à un chien de 10 kilogrammes), et ceci indique que l'urémie ne tue probablement point par l'urée en tant qu'urée. Aussi beaucoup de physiologistes adoptent-ils plutôt l'interprétation proposée par Frerichs et Stannius, qui attribuent les accidents urémiques à Vammoniémie, à la présence dans le sang de carbonate d'ammoniaque, fabriqué aux dépens de l'urée par des ferments du tube digestif. Les sels d'ammoniaque sont en effet très toxiques, et les symptômes urémiques offrent une grande analogie avec ceux de l'empoisonnement par l'ammoniaque ^ Il convient de se rappeler en outre que l'urée n'est pas le seul produit que contiennent les urines : elles en renferment beaucoup, comme nous venons de le voir, et sur la toxicité desquels on n'est pas bien fixé, sans compter ceux qu'on sait être très toxiques (leucomaïnes, ptomaïnes). Dans ces conditions, il sera peut-être plus sage d'attribuer les accidents de la néphrotomie — et des états pathologiques qui lui sont comparables — à la rétention des principes urinaires in tolo et à leur action toxique, plutôt qu'à celle de tel d'entre eux à l'exclusion des autres.
Théories de la sécrétion urinaire. — Comme toute glande, le rein ne fonctionne qu'à la condition d'un afflux sanguin suffisant, et cet afflux est fourni par l'artère rénale qui, chez l'homme, apporte 150 litres de sang (peut-être des centaines de litres, d'après Poiseuille) environ (à 130 millimètres de pression), par vingt-quatre heures. Le sang qui est venu par l'artère rénale passe par le système porte dont il a été parlé plus haut, avant de se jeter dans la veine rénale, et, comme il arrive en pareil cas, il est peu veineux, c'est-à-dire que, n'ayant point servi à la nutrition comme il le fait dans les capiUaires généraux, il est plus rutilant que le sang veineux.
• Lauder Brunton {lutrod. to Mod. Tlierap.) croit plutôt l'urémie Jue à l'accumulatioû d'un corpo \oisiu de lacide oxalique, Voxalethylènc.