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Bruit musculaire. — Pendant que le muscle se contracte l'on perçoit un certain bruit qui est produit par celui-ci; ce bruit musculaire est le résultat des vibrations du muscle : il a été l'objet d'études particulières de WoUaston (1810) et de Helmholtz, qui a montré que ce bruit correspond à 35 ou 40 vibrations par seconde à l'état normal, mais qu'il varie selon le nombre des excitations quand à l'excitant normal, la volonté, on substitue un excitant artificiel, comme l'électricité. Excitez le muscle 50, 500 ou 1 000 fois par seconde, et le bruit musculaire sera le son correspondant à 50, à 500 ou à 1000 vibrations. C'est là un fait de grande importance, car il est permis d'en conclure que si le bruit musculaire normal répond à 30 ou 40 vibrations, c'est sans doute que le muscle vibre 30 ou 40 fois, et peut-être reçoit 30 ou 40

excitations nerveuses. Peut-être, car il n'y a là rien de bien précis, et en réalité il semble que le nombre des vibrations nerveuses soit sensiblement inférieur d'après d'autres recherches exécutées sur la moelle par Lovèn. Quoi qu'il en soit, le bruit du muscle excité par la volonté — et par les irritants chimiques (Bernstein) — correspond à 30 ou 40 vi-

Fio-, 73. Trace de Rliizosloma Ciivieri montrant rijifluenco

persistante exercée par une excitation tétanisante sur un muscle très excitable. Malgré la cessation de l'excitation, le muscle continue à se contracter.

brations par seconde : parfois il s'abaisse à 20 vibrations; par contre il peut s'élever considérablement quand le muscle développe un effort considérable ou supporte un poids : il est en rapport avec l'intensité de la contraction (Marey). On entend aisément le bruit musculaire sur soi-même, en contractant fortement, dans un silence profond, les paupières ou les masséters, ou en auscultant le biceps en contraction normale ou en contracture. Même en dehors de toute contraction, on perçoit un certain bruit qui semble avoir une origine musculaire, et qui se renforce lors de la contraction , comme on peut le constater au moyen des appareils microphoniques spéciaux. Le curare supprime le bruit musculaire, et celui-ci disparait aussi à la mort, d'où l'idée de se servir de ce fait pour distinguer la mort réelle de la mort apparente. Le signe serait bon s'il n'était très délicat et difficile à percevoir.

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Le bruissement ou bourdonnement que l'on entend quand on s'introduit un doigt dans l'oreille, semble être également un bruit musculaire. Collongues l'a beaucoup étudié, inventant un dynamoscope pour ausculter ce son, et montrant que celui-ci n'est pas dû à la circulation.

Phénomènes microscopiques de la contraction. — Il n'est pas diflicile d'isoler des fibres musculaires encore fraîches, et d'observer au microscope les modifications dont elles sont le siège quand on les excite; les fibres d'insectes se prêtent particulièrement bien à ce genre de recherches, mais encore convi ent-il qu'elles ne soient pas trop fraîches, car alors les modifications sont trop rapides pour pouvoir être constatées nettement. Une fibre musculaire ainsi examinée laisse voir les faits suivants.

Elle se raccourcit et augmente de diamètre. Cette augmentation se présente sous forme d'un épaississement de la libre, épaississement qui, né du point où se trouve la plaque terminale, va se déplaçant de proche en proche, |onde contractile véritable, qui passe par tous les points de la fibre, cette dernière reprenant ses dimensions normales graduellement et ne présentant plus traces de fonde à une distance variable du point où celle-ci se trouve au moment considéré. Si f on use d'un fort grossissement, permettant de bien voir ce qui se passe dans les disques isotropes et anisotropes, on constate que les premiers s'amincissent beaucoup et que le disque anisotrope semble augmenter d'épaisseur, en absorbant la substance isotrope qui est surtout composée d'eau : ceci explique la disparition de cette dernière. Engelmann a donc considéré la contraction comme une absorption de la substance isotrope par fanisotrope : la réfringence de la première augmente, celle de la dernière diminue , mais on peut encore distinguer les deux substances fune de fautre, à la lumière polarisée ; leurs rapports réciproques ne changent pas ; elles ne changent pas de place par rapport

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l'une à l'autre. La substance anisotrope est seule active ; l'isotrope est passive, mais sert peut-être à conduire l'excitation à la première.

Contraction volontaire. — Nous avons considéré jusqu'ici la contraction provoquée artificiellement : il convient maintenant de considérer la contraction naturelle, telle qu'elle s'opère chez l'homme, par exemple sous l'influence de la volonté.

Le nombre des mouvements volontaires que nous pouvons exécuter par seconde est en somme fort restreint : il ne semble pas que sous rinfluence de la volonté un même muscle puisse se contracter plus de huit ou dix fois par seconde, comme chacun peut s'en assurer en cherchant, à l'exemple de Brûcke, le nombre maximum des points que l'on peut tracer sur le papier avec un crayon, en un temps donné. On ne dépasse guère dix par seconde, et il ne semble pas que les pianistes les plus habiles fassent plus. D'autre part, ces mêmes muscles, — les fléchisseurs des doigts dans le cas présent, — peuvent donner un nombre plus considérable de contractions distinctes sous l'influence des excitations électriques : ils peuvent en donner vingt par seconde. Pourquoi n'en donnent-ils que dix sous l'influence de la volonté? Ce n'est évidemment pas par inaptitude musculaire, c'est sans doute que le système nerveux est hors d'état de fournir plus de dix excitations isolées par seconde aux muscles dont il s'agit. Il n'en fournit d'ailleurs guère plus aux muscles qui sont probablement les plus rapides de l'organisme, les muscles phonateurs, car on ne peut prononcer plus de dix ou douze syllabes par seconde, même en y mettant toute la rapidité possible. D'autre part, si l'on compare la durée de la contraction volontaire à celle de la contraction provoquée par l'électricité, on voit que la première est à la seconde comme 3 est à 2, que la contraction volontaire est sensiblement plus longue. Ce sont là des différences importantes et qui montrent com-

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