CONTRACTION INVOLONTAIRE
bien roxcitaiU volonté et l'excitant électricité sont dissemblables, et combien le premier possède un rythme plus lent. En présence de ce résultat, on s'est demandé s'il n'en faut pas conclure qu'en réalité la contraction volontaire est constituée non par une secousse unique, mais par une suite de secousses fusionnées, par une sorte de tétanos physiologique : c'est la question qui, plus haut, s'est posée à propos du cœur.
Il est bien difficile de répondre. On a interrogé la méthode des contractions induites, en appliquant une patte galvanoscopique sur un muscle en contraction, et comme la patte répond invariablement par une secousse unique, et non par un tétanos, on pourrait conclure que la contraction volontaire est, elle aussi, une secousse unique et non un tétanos. C'est en effet la conclusion adoptée par la majorité des auteurs. Frédéricq s'est pourtant élevé contre cette manière de voir, et considère la contraction musculaire normale — volontaire ou réflexe, — comme un tétanos vrai. En ce cas, peutêtre conviendrait-il, pour expliquer l'absence de tétanos de la patte galvanoscopique, de se rappeler que le nombre des filets nerveux étant inférieur à celui des libres musculaires, l'excitation doit passer des fibres innervées à celles qui ne le sont pas, ce qui peut prendre un certain temps, et même à supposer — ce qui n'est pas démontré, — que l'excitation des fibres innervées se fasse simultanément, il est probable que celle des autres fibres se fait graduellement, d'où il résulterait que les différentes fibres offriraient en même temps des variations d'état électrique différentes, se neutralisant plus ou moins, de telle sorte que, même s'il y avait réellement tétanos, la patte galvanoscopique n'en pourrait rien dire. Ce qu'il faut retenir de ceci, c'est que la question n'est point résolue : on ne peut dire encore si la contraction volontaire est une simple secousse ou un tétanos. Et d'ailleurs la secousse ne saurait guère être absolument simple, si les fibres se contractent successivement : on pourrait même concevoir la
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secousse volontaire comme une collection de petites secousses uniques de fibres différentes, se faisant les unes après les autres, mais ceci n'en ferait toujours pas un tétanos véritable, bien qu'à la rigueur il fût possible, dans ces conditions, d'obtenir certains signes de cet état.
Onde musculaire. — Xous avons dit plus haut que le muscle, en se contractant, se gonfle localement, sans que sa totalité toutefois occupe un volume supérieur. Ce gonflement est visible et intense sur le muscle excité par la volonté, et sur le muscle artificiellement excité par l'électricité, quand celle-ci le traverse dans sa longueur. Mais quand, au lieu de ^ poser les électrodes sur les deux bouts du muscle, ou les place sur la même extrémité, le gonflement est moins intense, et on le voit se propager de proche en proche de l'extrémité excitée à l'extrémité non excitée : on voit passer Vonde muscuJaîre, dont il est possible d'enregistrer répaississement aussi bien que le raccourcissement, et mesurer la vitesse de propagation : il suffit, pour cela, de poser deux leviers enresistreurs sur le muscle, d'exciter celui-ci, et de mesurer l'intervalle de temps qui s'écoule entre le soulèvement des deux leviers : connaissant ce temps et la longueur qui sépare les deux leviers, on déduit aisément la rapidité de propagation de l'onde dans le segment de muscle considéré. Aeby, puis Marey et d'autres ont mesuré cette vitesse : les chiffres ont varié, Aeby trouvant un mètre par seconde pour la grenouille (chiffre confirmé par Marey. von Bezold, etc.). mais il convient de remarquer que les expériences sont faites sur des muscles fatigués ou anémiés, ce qui en diminue la valeur. Bernstein et Steiner, opérant sur des muscles de grenouille in situ (mais curarisés) ont obtenu 4 et 0 mètres ; Hermann, en inscrivant, non plus l'onde même, mais les variations électriques, arrive à 10, 12 ou 13 mètres (chez l'homme). Peut-être faut-il adopter le chiffre de 2, 3, ou 4 mètres pour la grenouille et les mammifères, mais avec