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RÔLE CONDUCTEUR DE LA MOELLE

pour étudier le rôle joué par un centre ou un cordon nerveux : la destruction ou la section et l'excitation.

Excitation. — Le mode d'excitation le plus généralement employé en pliysiologic est l'excitant électrique. Or, pour la moelle, cet excitant parait agir peu énergiquement et c'est à l'excitant mécanique piqûre ou pincement, qu'il faut recourir. Un premier lait facile à constater, c'est que le pincement ou la piqûre de la moelle d'une grenouille décapitée, fait grossièrement, détermine des mouvements dans le tronc. La moelle est donc excitable. En portant l'analyse plus loin, nous verrons quelles sont les régions de la moelle (jui réagissent ainsi et sous quel mode (moteur ou sensitif) cette réaction se produit. L'exposé des résultats obtenus dans l'excitation et la destruction doivent être faits simultanément pour chacune des parties : cordons différents et substance grise.

Section des diverses parties de la moelle. — Cette section peut être faite soit expérimentalement chez l'animal, soit par suite d'un travail pathologique (sclérose, dégénérescence) qui amène la destruction d'une région de la moelle chez l'homme. Les difficultés opératoires sont considérables, on conçoit qu'il est difficile de faire porter uniquement le traumatisme sur une région déterminée, aussi dans la physiologie de la moelle, les observations cliniques, confirmées par Tanatomopathologie sont-elles des plus précieuses. Elles sont d'autant plus intéressantes et utiles que les lésions sont fréquemment systématiques, c'est-à-dire qu'elles n'atteignent qu'une région déterminée, colonne grise, cordons, etc. Les cliniciens purs ont cependant trop souvent néghgé, ou plutôt méprisé les données de l'observation expérimentale.

Cordons postérieurs. — Excitation. L'excitation même légère des cordons postérieurs détermine des réactions douloureuses violentes, le fait décrit par Magendie a été

reconnu par tous les expérimentateurs, mais l'interprétation avarié. Pour les uns, Stiiling, Brown-Séquard, il s'agit d'une sensibilité d'emprunt, ce sont les fibres des racines postérieures qui reçoivent alors et transmettent l'excitation. Pour Longet, Cl. Bernard, Chauveau, SchifT, etc., les cordons postérieurs ont une sensibilité propre. SchifF en isolant ces cordons sur une longueur de 5 à 6 centimètres, Giannuzzi en déterminant la dégénérescence des fibres radiculaires par une section préalable des racines postérieures avant leur ganglion, ont établi nettement cette excitabilité propre.

Section. — Quand on fait porter la section uniquement sur les cordons postérieurs (faisceaux de Goll et faisceaux de Burdach), les mouvements volontaires et la sensibilité ne sont pas complètement détruits, mais la sensibilité tactile est diminuée (Schiff) et l'on observe une incoordination dans les mouvements.

Dans l'ataxie locomotrice que l'on observe fréquemment chez l'homme et qui est caractérisée par une diminution de la sensibilité au toucher et par une incoordination sans paralysie réelle des muscles, ce sont précisément ces cordons postérieurs et notamment le cordon de Burdach qui sont atteints par la sclérose. Les altérations limitées au faisceau interne (faisceau de Goll) entraînent simplement des troubles dans la station, mais nullement les troubles de la sensibilité caractéristiques des lésions du faisceau externe (de Burdach). Au sujet de ces troubles dans l'équilibre, il faut rappeler que l'on admet que certaines fibres du faisceau de Goll se rendent au cervelet, ou du moins sont en connexions indirectes avec cet organe (Becchterew).

Les phénomènes observés sont dus à des lésions des fibres des racines postérieures qui remontent sur une certaine étendue ces cordons avant de se perdre dans la substance grise des cornes postérieures ou de gagner le faisceau de Goll (Déjerine.)

CORDONS ANTERO-LATliRAL'X <i77

Substance grise. — La destruction cxpérijnenlalc de la substance grise n'entraîne pas la disparition des mouvements volontaires. Quant à la sensibilité elle est certainement touchée, mais dans quelle limite et quelle sensibilité. Quand on sectionne à la luis les cordons postérieurs et tout Taxe gris, toute conduction sensitive est supprimée, mais si l'on réussit à conserver les cornes postérieures d'après SchifT, la sensibilité tactile serait conservée, la sensibilité à la douleur aurait seule disparu et il est probable qu'il eu est de même de la sensibilité thermique.

Le rôle conducteur, sensitif ou moteur de la substance grise, nié complètement par Ott Meade, Weiss. très atténué, au moins eu ce qui concerne la sensibilité par SchifT parait cependant être réel, ainsi que Ta démontré, dans un grand nombre d'expériences Vulpiau. Il suffît de laisser une faible partie de substance grise, avec section des cordons postérieurs pour observer encore de la sensibilité dans les membres postérieurs. Le fait même que la section peut être considérable, répétée même à diverses hauteurs et suivant des régions différentes, montre qu"il existe, au moins dans la substance grise une conductibilité indifférente, que la systématisation fonctionnelle, généralement admise dans les cordons blancs n'est pas applicable à la substance grise. Aussi Vulpian a-t-il expliqué ces résultats en admettant que la substance grise n'agit pas ici comme simple conductrice, que les impressions sensitives en arrivant jusqu'à elle sont perçues par les cellules médullaires, élaborées par elles, puis renvoyées, modifiées, transformées peut-être, soit directement alors, soit par des relais successifs jusqu'aux centres supérieurs.

Cordons anléro-kitérauj:. — Section. Après la section des cordons latéraux, en laissant intactes les autres parties de la moelle, on observe la disparition des mouvements volontaires et une diminution de la sensibilité générale. Si au contraire on sectionne toute la moelle à l'exception des

cordons latéraux, on voit persister les mouvements volontaires.

On admet donc que les cordons latéraux renferment (chien et lapin) presque toutes les voies centrifuges ou centripètes qui relient le cerveau à la périphérie (Ludwig, Weiss). Disons toutefois que pour Schiff la sensibilité est conservée. Pour cet auteur il n'existerait pas de fibres sensitives dans le cordon latéral. Cette opinion est contredite par les recherches histologiques qui montrent qu'une partie des fibres du cordon de Burdach après avoir traversé les cornes postérieures vont constituer dans la partie profonde des cordons latéraux un faisceau sensitif: faisceau sensitif latéral; qui suit le même trajet que le faisceau pyramidal moteur. Le faisceau de Gowers paraît être également sensitif, mais cette opinion ne s'appuie jusqu'ici que sur la direction de la dégénérescence (ascendante) observée après la lésion de ce faisceau. Nous en dirons autant du faisceau cérébelleux direct, qui transmettrait les impressions sensitives au cervelet.

Excitation. — L'excitabilité des cordons antéro-latéraux avait été mise en doute par Flourens, Calmeil, Chauveau, Huizinga, mais les recherches de Vulpian, de Fick, Bechtercw, de Laborde ont mis en évidence cette excitabilité. La piqûre des faisceaux antérieurs ou mieux leur pincement , même quand on a suprimé les faisceaux postérieurs et une partie des faisceaux latéraux, détermine des mouvements violents dans le tronc, surtout dans le membre correspondant au côté excité. Sur une section transversale fraîche, il suffit d'un simple attouchement avec une pointe mousse, de la surface des cordons pour obser>-er des effets moteurs (Laborde).

'Résumé synthétique. — L'étude séparée des différents cordons, permet d'établir ainsi les différentes voies suivies par les impressions sensitives ou les incitations motrices.

La sensibilité existe sous des formes multiples qui ne sont

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