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le co^ur qui se repose après chaque contraction. Les organes nerveux encéphaliques obéissent à la même loi, avec une périodicité moins régulière, il est vrai, mais dont ils ne peuvent cependant s'atiVanchir. C'est l'état de veille alternant avec l'état de sonmieil. Forster a donné une excellente comparaison, en disant que le sommeil est la diastole du battement cérébral, dont la veille représente la systole.
Pendant le sommeil, les centres supérieurs cessent de fonctionner d'une manière^consciente, la mémoire disparait, mais toutes les autres fonctions subsistent, les centres bulbo-médullaires continuent à assurer le fonctionnement rythmique de tous les autres organes : respii-ati<>n, circulation, nutrition. On a comparé le sommeil à l'état de l'animal auquel on a enlevé les hémisphères supérieurs et qui continue à vivre de la vie purement végétative. Le sommeil n'entraîne cependant i)as la disparition absolue de la vie cérébrale; aussi, quand on a décrit l'état de l'animal excérébré .i-t-on dû ajouter, c'est un sommeil mais un sommeil sans rêve.
Broussais allait trop loin, quand il disait : < Le sommeil se manifeste par la cessation des fonctions des sens, de celles des muscles soumis à la volonté et par Yaholition des facultés intellectuelles et aflectives», et les vues de Cabanis sont plus justes : «Le sommeil n'est pas un état purement passif, c'est une fonction particidière du cerveau, qui n'a lieu qu'autant que, dans cet organe, il s'établit une série de mouvements particuliers, et leur cessation ramène la veille. » Mais il ne faut pas prendre à la lettre le terme « fonction particulière du cerveau ».
Le sommeil ne survient pas brusquement ; il est tout d'abord annoncé par un besoin de dormir, que. suivant l'heureuse expression de Lassègue, on peut appeler, l'appétit du sommeil, car celte sensation est comparable à celle de la faim ou de la soif.
Ce besoin s'annonce par un certain nombre de sensations : lourdeur des paupières, picotement de la conjonctive, engourdissement de la sensibilité générale et des sens spécifiques, puis lassitude générale, l'intelligence s'obscurcit et à un moment qu'il est impossible de préciser, par une graduation insensible, le sujet passe de l'état de veille à l'état de sommeil.
La cause réelle du sommeil est loin d'être déterminée, de nombreuses théories ont été émises. Telles celles d'Alcméon, d'Heraclite, Anaxagore, Empédocle, Leucippe, Démocrite. Alcméon il y a 2,500 ans ) expliquait le sommeil par une stase du sang dans les vaisseaux voisins du cœur, l'état de veille étant caractérisé par le fait que le sang se répand dans tout le corps. Empédocle invoque un refroidissement partiel du sang, et les vues d'Hippocrate, de Platon, d'Avistote, d'Asclépiade, de Pline, de
ToJ HEMISPIltRES CEREBRAUX
Galien n'ont guère plus d'exactitude, ou du moins iii- ivu-^i^xent ^ruère plus à satisfaire nos exigences modernes. Nous passerons aussi sur Avicenne, puis sur les théories d'Erasme, Darwin, Galien, Reil. Madai, Haller.
C'est à ime modification dans l'irrigation cérébrale que Ton a attribué le sommeil. La congestion cérébrale, invoquée par les anciens auteurs, défendue encore par Gubler et Langlet , a dû être complètement abandonnée devant les observations de Durliam, d'Hammond, de François Franck, de Mosso.'qui ont vu, étudiant la • •irculation cérébrale des animaux et même de l'homme grâce à une lestruction de la boite crânienne, que les vaisseaux sanguins se réirécissent pendant le sommeil naturel ou provoqué parles anesthésiques. Claude Bernard a signalé également cette anémie cérébrale.
Mais est-on en droit de considérer ce rétrécissement des vaisseaux comme mie cause du sommeil plutôt qu'un effet même de la diminution de l'activité cérébrale?
Preyer a expliqué le sommeil par une sorte de 'narcose due â ilifférents produits de désassimilation fabriqués durant la veille, et résultant de l'activité même de l'organisme. Parmi ces produits, l'acide lactique et les lactates engendrés par l'activité des muscles et autres organes joueraient le rôle principal. Errera se rattache ;ï Preyer en ce sens qu'il explique aussi le sommeil par l'accinnulation de produits de désassimilation, de leucomaines, et Gh. Bouchard donne quelque appui à cette manière de voir en montrant que l'urine excrétée durant le jour est narcotique, au lieu d'être convulsivante comme l'est l'urine expulsée durant la nuit. Une tout autre explication consiste à invoquer une diminution d'oxygène. Mais elle paraît mal fondée. Il semble, en effet, que durant la veille l'homme et l'animal absorbent moins d'oxygène qu'ils n'en excrètent en combinaison avec le carbone (acide carbonique), au lieu que, durant la nuit, le processus inverse se produit, l'absorption d'oxygène l'emportant sur l'excrétion de ce gaz. Pettenkofer et Voit, en particulier, ont mis ce fait'en lumière, et d'après eux le
quotient respiratoire ( — - — ) diminue durant le sommeil, une certaine proportion d'oxygène semblant s'accumuler dans les organes, et cet oxygène étant éliminé durant l'état de veille pendant lequel l'excrétion d'oxygène l'emporterait sur l'apport de ce gaz. On res- ]iirerait donc, durant la nuit, pour le jour, et sans cet excès ■ l'oxygène absorbé de nuit, l'activité de la veille serait moindre. Regnault et Reiset avaient, du reste, entrevu ce fait qtiand ils notèrent cpie les marmottes en sommeil hivernal augmentent de poids: plus récemment, Sczelkow et Ludwig ont montré que, à l'état de veille, en repos absolu, l'absorption d'oxygène l'emporte
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sur rexcrôtion de ce gaz. C'est là une singuliôre juslification du proverbe « Qui dort dîne » : qui dort, en eflfet, augmente de poids. Toutefois, la justification n'est qu'apparente, car le sommeil ne peut remplacer le repas ; à la longue il faut des aliments pour l'entretien de la machine animale. Il nous paraît donc que la théo»! rie d'après laquelle le sommeil est dû à un manque d'oxygène est erronée, à moins qu'on ne puisse prouver que la respiration diurne suffisant absolument à l'exercice et au travail, l'excès d'oxygène emmagasine de nuit est employé à quelque besogne inconnue, à l'oxydation de matières de désassimilation, par exemple, ou de substances ponogcnes (substances fatigantes ou narcotiques), comme quelques-uns le supposent.
D'après Rosenbaum, il ne s'agit plus d'oxygène, ni de congestion ou d'anémie du cerveau. Pour lui, le sommeil est dû à ce fait que les matières de désassimilation des tissus nerveux, et en particulier des centres supérieurs, matières produites durant la veille et en conséquence de l'activité normale, s'éliminent graduellement en passant dans le sang, et sont remplacées par un liquide séreux, les tissus nerveux devenant de la sorte plus riches en eau. L'accumulation d'eau dans les tissus des organes nerveux produit donc le sommeil ; plus il y a d'eau dans ceux-ci et plus leur activité est faible. Durant le sommeil provoqué par cette accumulation d'eau, l'eau s'élimine peu à peu, rentrant dans le courant sanguin et s'exhalant par les poumons, tandis que les nerfs et centres nerveux reprennent leur constitution normale.
Action des poisons. — Les poisons du cerveau sont les mêmes que ceux de la moelle et du bulbe ; cependant, certaines substances agissent plus spécialement sur le cerveau, en ce sens que les cellules cérébrales plus sensibles sont influencées par ces substances alors que le bulbe et la moelle ne présentent encore aucune réaction.
En premier lieu, les anesthésiques : Téther, le chloroforme, l'alcool. On note tout d'abord une phase d'excitation, une phase d'ivresse caractérisée non seulement par une surabondance d'idées, mais aussi par une incoordination réelle de la pensée. On pourrait peut-être expliquer cette exagération, non seulement par l'excitation des cellules des centres psycho-moteurs et des centres psycho-sensoriels (hallucinations auditive et optique), mais encore par ce fait que les zones
frontales auxquelles on a fait jouer, ainsi qu'il a été dit précédemment, un rôle modérateur, sont atteintes dans leur activité avant les autres centres. Ce que l'on peut concevoir facilement si Ton admet qu'elles occupent une place supérieure dans la hiérarchie nerveuse, c'est qu'elles doivent par suite être plus sensibles aux agents toxiques.
La première des facultés qui disparait dans l'intoxication avec ces poisons c'est la mémoire: elle peut disparaître seule si l'empoisonnement n'est pas porté trop loin. L'individu sous l'empire Je l'ivresse peut agir, parler, mais il perd le souvenir de ses actes et après la disparition de l'ivresse ne se rappelle plus ce qu'il a fait.
Enfin si l'intoxication augmente, tous les phénomènes psychiques disparaissent; seuls, les centres automatiques ou réflexes continuent. C'est le sommeil complet ; les centres supérieurs sont supprimés, la vie organique seule subsiste. La moelle se prend à son tour, les réflexes disparaissent et le bulbe continue seul à fonctionner. Si ce dernier est atteint, la mort arrive fatalement.
Parmi les poisons psychiques, il faut signaler spécialement ceux qui, comme le haschisch, la morphine, agissent presque essentiellement sur les facultés intellectuelles, leur action sur les centres inférieurs étant beaucoup moins marqués que celle du chloroforme, de l'éther, du chloral.
NERFS CRANIENS