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CLASSIFICATION DES SENS

excitation déterminée par 4o0 à 795 billions de vibrations. Quant à la transformation de l'énergie externe en énergie interne, de Ténergie physique en énergie psychique, il faut se contenter de poser le problème. Les données actuelles ne permettent pas de résoudre la question. Peut-être un jour, grâce aux progrès de la chimie et de la physique appliquées à rétude de la cellule vivante, arrivera-t-on à connaître les phénomènes de métabolisme qui se passent dans le protoplasma vivant. Peut-être un jour déterminera-t-on l'équivalent psychique comme nous connaissons l'équivalent thermique; mais aujourd'hui tout n'est qu'hypothèse. La psyché, la force vitale des uns, l'âme des autres échappent ^encore à nos investigations.

Quoi qu'il en soit, on peut ranger les sens en deux grands groupes suivant la nature de leur excitant. Les sensations tactiles : contact, traction, pression, sont certainement dues à des excitations mécaniques. Il en est de même des impressions auditives. C'est sous l'influence des ondes sonores que les éléments auditifs de l'oreille interne sont excités.

Pour les autres sens au contraire, il se produit une réaction chimique. Les terminaisons nerveuses des organes de Tolfactionet de la gustation ne sont excités que par des corps solubles, liquides ou gazeux ; les modifications chimiques du pourpre rétinien permettent bien de penser qu'il y a dans la rétine une réaction chimique déterminée par l'action des rayons lumineux, enfin le sens thermique dont il nous faut faire une entité distincte du sens tactile a pour excitant les modifications chimiques apportées par les variations de la température.

D"où cette classification :

Q . . l Tact

bens mécaniques < . ■,..

^ f Audition

Olfaction

\ Gustation Sens chimiques v ,-• •

^ I \ ision

Sens tlieiunique

rHYSIOLOOIE. 44

Loi psycho-physique. — L'intensité de la sensation dépend de deux facteurs : i" la force ou l'intensité de l'excitant: 2^ le degré dïrritabililé de Torgane sensoriel.

On conçoit que ce second facteur est essentiellement variable, il y a lieu en effet de tenir compte non seulement de l'irritabilité des terminaisons sensitives. mais encore de celle de l'élément conducteur qui n'est peut-être pas aussi indifférente que certains le supposent, enfin de celle des cellules centrales. Nous avons vu les causes qui peuvent agir sur la vitalité et par suite sur l'excitabilité des nerfs et des centres cérébraux : anémie, intoxication, fatigue, etc. Ce sont les mêmes qui agissent sur les cellules terminales. Mais à excitabilité égale rintensité de l'excitation présente un rapport constant civec la puissance de l'excitant. C'est ce rapport qui est exprimé par la loi psycho-physique, loi de Fechner et qui s'énonce ainsi : La sensation croit comme le logarithme de rexciirifion et se traduit par la formule

S irr K l0i^ -^

dans laquelle S est la sensation, F la force extérieure excitatrice, K une constante, a la quantité minimum de force qui est capable démettre en jeu la sensation.

Plus simplement on peut dire que lorsque l'excitation croît suivant une progression géométrique 1, 2, 4, 8, la sensation croit suivant une progression arithmétique 1,2, 3, 4. Si, par exemple, dans l'obscurité on projette des rayons lumineux successivement de 1 puis de 8 bougies, la seconde sensation lumineuse sera seulement quatre fois plus forte.

La valeur a de la formule de Fechner, qui indique le minimum d'excitation nécessaire pour provoquer ime sensation est désignée également sous le nom de minimum perceptible du seuil de l'excitation. Ce minimum varie nécessairement, néanmoins on a donné pour chaque sens des valeurs que nous croyons utile de reproduire ici d'après Beaunis.

TEMPS DE RIvVCTION DES SENSATIONS 783

Tact : Pression de 0 gr. 002,

Sens Ihcrmique : Un huitiùme do degré, la peau étant à I8H.

Audition : Balle de liège de 1 milligramme tombant de 1 millimètre sur une plaque de verre à 91 millimètres de Poreille.

Sois musculaire : Raccourcissement de G™'", 004 du droit interne de l'œil.

yisio7i : Eclairage d'un velours noir par une bougie située à O'^jSO.

Quant à la sensation maxima, il est difficile, sinon impossible de la déterminer pour certains sens au moins. Pour les sens optiques, on peut admettre que les rayons infra-violets forment la limite supérieure perceptible à la rétine, pour le sens auditif les vibrations au-dessus de 41 000. Quant au tact on a proposé d'admettre la transformation de la sensation de tact en sensation douloureuse. On conçoit combien peut être vague cette limite.

Temps de réaction des sensations. — Quand une excitation a été produite, il suit une réaction du sujet, mais cette réaction ne se produit qu'après un certain intervalle nécessaire à l'élaboration des différents processus nerveux.

Il y a lieu de tenir compte, du :

1° Temps d'excitation des appareils pcriphcriques.

2" — de transniissio]! dans les nerfs sensilifs.

3° — — dans la moelle.

4" — — dans le cerYeau.

b° Transmission motrice dans la inoelle.

6" — — dans le nerf.

7" Excilalion latente du muscle.

Nous avons vu que l'on avait mesuré la vitesse de la transmission sensitive et motrice, ainsi que la transmission dans la moelle et on a trouvé alors pour le quatrième temps 15 centièmes de seconde environ, quand le temps global était de un septième de seconde.

Ce temps de réaction très variable avec les Individus est raccourci par l'attention, et est augmenté par la fati^rue, l'alcool, le haschisch.

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