GRAND SYMPATHIQUE
Le grand sympathique ('nerf tris-splanchnique, système nerveux ganglionnaire, système nerveux de la vie végétative) est constitué par une double chaîne ganglionnaire, dont chaque cordon occupe un des côtés de la colonne vertébrale, et présentant un certain nombre de ganglions (théoriquement, il devrait en exister une paire par vertèbres), qui émettent un certain nombre de tilets établissant des connexions entre eux et avec l'appareil neneux de la vie de relation. Le sympathique se continue dans le crâne, que l'on a pu assimiler à des vertèbres modifiées. Les ganglions que Ton trouve en connexions avec les nerfs crâniens (ganglions otiques. sphénopalatins. ophthalmique, etc., se rattachent ainsi facilement au système sympathique général.
Bichat considérait le système nerveux de la vie végétative comme distinct et indépendant du système cérébro-spinal, il n'en est rien, par les nombreuses connexions qui relient ces deux systèmes (rami communicantes) ; il existe des rapports intimes entre eux.
La caractéristique des branches sympathiques qui partent des ganglions pour se rendre aux viscères, c'est leurs tendances à se séparer, puis à se réunir, pour former, au lieu de tronc unique, des plexus et d'autre part de présenter le long de leurs trajets si irréguliers des amas ganglionnaires, les uns volumineux comme le ganglion semi-lunaire que Bichat appelait le cerveau abdominal^ «l'autres au contraire microscopiques comme les ganglions des plexus d'Auerbach et de Meisner dans le tube intestinal.
GRAND SYMPATUIQUE 777
Le grand sympathique renferme des libres centripètes et des fibres centrifuges : motrices, sécrétoires, vaso-motrices, fibres «jui sont utilisées dans la production des actes réflexes qui président aux: fonctions végétatives. Mais l'arc réflexe peut-il se produire uniquement dans la sphère sympathique? Les ganglions du système sympathique sont-ils en un mot des centres ? Cette question est loin encore d'être jugée; nous avons vu (p. 682) que Texpérience dans laquelle CL Bernard avait cru pouvoir démontrer l'existence d'un centre réflexe dans le ganglion sous-maxillaire était criticable. D'autre part. Vulpian, puis François-Franck admettent l'action réflexe du ganglion ophtalmique sur les mouvements de l'iris.
Le fibres centripètes jouissent d'une sensibilité fort obtuse^ ce n'est que dans le cas d'iaflammation, d'irritation, que nous avons conscience d'une innervation sensitive de nos viscères et c'est en quelque sorte beaucoup plus des sensations douloureuses que des sensations tactiles dont nous avons ainsi conscience. L'excitation directe des ganglions viscéraux est du reste manifestement douloureuse.
Quant aux fibres centripètes, elles renferment une série d'éléments ; moteur, vaso-constricteur, vaso-dilatateur, trophique, sécrétoire.
L'existence des fibres motrices est hors de doute, l'excitation des ganglions solaires augmente les mouvements péristalliques de l'intestin, les différents excitants sont applicables ici, sauf cependant lexcitant physiologique par excellence, la volonté, qui n'exerce aucune action sur les fibres du grand sympathique.
Quant aux autres fonctions du grand sympathique, elles ont été étudiées en d'autres chapitres : l'étude des nerfs vasu-moteurs ayant été faite au chapitre Circulation^ des nerfs sécréteurs, aux difterentes sécrétions : glandes maxillaires, sécrétion sudoripar^, etc.
Au point de vue de la répartition des fibres sympathiques. Morat a posé des lois générales :
"8 NERFS CRANIENS
1'^ Pour une région donnée de l'organisme, les origines des nerfs sympathiques qui s'y rendent sont en général bien distinctes et souvent éloignées de celles des nerfs sensitivo-moteurs de cette région;
2"^ Par contre, tous les lllets sympathiques destinés à celte région, que] que soit leur mode d'activité, qu'ils soient constricteurs, dilatateurs, sécréteurs, sont très semblables entre eux par leur origine, leur trajet, leur disposition morphologique.
CO?sSIDERATl().NS GENERALES
Des sensations. — ^ Les sensations sont des états Je conscience particuliers déterminés par des excitations provenant soit de Textérieur. soit de notre propre corps (^Beaunis). La -ensation indique tout ébranlement de la sensibilité soit conscient, soit inconscient (Ch. Ricliet). Envisagées sous ce ce point de vue général, les sensations sont donc les manifestations de toute la sensibilité, et tous les organes doués de sensibilité sont susceptibles de nous fournir des sensations.
Aussi est-il nécessaire de faire une première distinction entre les sensations dé terminées par des excitations extérieures sensations externes et les sensations produites par des excitations intérieures, sensations internes qui nous avertissent simplement et très vaguement des modifications de nos organes ; la faim, la soif, etc.
Les premières qui nous donnent la notion du monde exté. rieur, sont reçues par des organes spécialisés, ce sont les organes des sens.
Chacun des appareils des sens comprennent trois parties.
1"^ Un organe récepteur, situé à la périphérie constitué par des terminaisons sensitives particulières destinées à recevoir un certain ordre d'impreS;ion ;
2^^ Un conducteur, cordon nerveux;
3° Un organe percepteur, central, où s'élaborent les sensations.
Un point essentiel et qu'il importe de mettre immédiatement en relief, c'est que la partie terminale des organes des sens provient toujours de la même partie de l'embryon, du l'euillet ectodermique. Le lait est évident pour les organes disposés dans la peau (sens tactile) facile à démontrer pour les terminaisons gustatives : quant aux autres organes, ce sont des dérivés du système nerveux qui n'est lui-même qu'une production ectodermique.
Mécanisme général des organes des sens. — Dans l'étude des organes des sens, il y a lieu de considérer la nature de l'excitant, et la terminaison nerveuse excitée.
Parmi les irritants eux-mêmes, il y a lieu de distinguer les irritants généraux et les irritants spécifiques. Il est évident que si on se place au point de vue de la physique générale, lirritant est un. les modalités seules diffèrent.
Les irritants sensoriels généraux peuvent être ramenés à quatre groupes : mécaniques, électriques, thermiques, chimiques. Les irritants sensoriels spécifiques sont au nombre de deux, la lumière, le son. Faut-il faire ranger les excitants saveurs et odeurs qui agissent sur les organes de la gustation et de l'olfaction comme des excitants spécifiques"? malgré l'autorité de Wundt nous ne croyons pas qu'il doit en être ainsi.
Si l'on envisage les sensations au point de vue de l'unité de l'énergie, on peut admettre que si la sensation est variable c'est que l'élément impressionnable est constitué de telle sorte qu'il n'est impressionné que par des vibrations d'un nombre donné et de longueurs d'ondes données. Les terminaisons nerveuses de l'appareil auditif sont impressionnées par des vibrations au nombre de 20 à 40,000, alors que les terminaisons optiques n'entrent en fonction que sous une