CANAUX SEMI-CIRCULAIRES
Mais il existe plusieurs théories pour expliquer ces désordres moteurs.
Interprélation de Flourens (1824). — Les canaux semicirculaires représeuîent les organes modérateurs des mouvements. Quand un canal est détruit, il y a mouvement irrésistible de ce côté et il y a dans les canaux autant de force modératrice que de direction principale.
Théorie de Cyon (1873). — Les canaux semi-circulaires servent à nous donner la notion de notre situation dans l'espace. Aussi de Cyon appelle-t-il la branche ampullaire du nerf acoustique le nerf de l'espace. Cyon évoque un nouveau sens qui aurait son centre d'idéation dans le cervelet.
Théorie de Goltz. — Les canaux semi-circulaires sont des organes qui nous font connaître la position de la tête. Quand la tète se déplace, l'endolymphe comprime plus énergiquement Tune des ampoules (la plus inférieure), d'où excitations des cellules ciliées, et c'est là le point de départ d'une excitation qui, transformée en sensation, nous donne la notion de déplacement de la tête. Quand les canaux sont lésés, l'animal ne peut plus se rendre compte de la position de sa tête, d'où vertige. Delage a repris cette théorie; pour lui les canaux semi-circulaires, en nous donnant des indications sur la position de la tête, provoqueraient par voie réflexe les mouvements des yeux, compensateurs de ceux de la tête et les contractions musculaires correctrices, pour assurer notre équilibre.
Le rôle attribué à l'action de l'endolymphe ou de Totoconie a été nié par Cyon, qui a montré qu'en donnant issue au liquide de l'oreille interne par l'arrachement de l'étrier, on produit bien la surdité, mais sans déterminer de troubles d'équilibration. Quant à l'idée de Flourens qu'il y a dans les canaux autant de forces modératrices que de directions principales, il est difficile de la concilier avec ce fait d'anatomie
comparée que certains poissons (cyclostomes) n'ont que deux canaux.
Remarquons encore que le choc de Tendolymphe sur les terminaisons nerveuses n'est qu'un phénomène consécutif aux mouvements voulus. Ce mouvement volontaire, Teffort nécessaire pour Taccomplir. nous est connu par un ensemble complexe de sensations : sens musculaire, toucher, etc., et il suffit de rappeler les nombreux cas de perte du sens de l'équilibre sans altération de Toreille : ataxie locomotrice, paralysie hystérique, etc.
Flourens avait déjà émis cette opinion que le nerf auditif comprenait deux sortes de fibres, les unes à fonctions spécifiques, uniquement destinées à la transmission des impres-' sions auditives (branche cochléairei, les autres excito-motrices (branche ampullaire^ Brown-Séquard et Laborde ont également insisté sur cette différenciation.
Gellé admet avec Laborde que chaque branche ampullaire est en rapport avec un centre nerveux spécial : le cervelet, le cerveau, la région bulbo-protubérantielle: il explique ainsi la diversité des symptômes cliniques observés chez les malades atteints du mal de Menières par une lésion de Tune de ces branches.
Mais cette action excito-motrice des filets ampullaires jouerait un rôle important dans le mécanisme de l'audition, un rôle de protection et d'accommodation. Elle donnerait naissance par voie réflexe à une série de mouvements qui ont pour objet de protéger l'oreille : la contraction de Fappareil musculaire intra-tympanique, qui diminue l'étendue des vibrations sonores et s'oppose aux ébranlements du labyrinthe: les mouvements de rotation ou d'inclinaison de la tête, pour écarter le conduit auditif de la direction d'un courant sonore trop fort. etc.