OLFACTION
On donne le nom d'olfaction au sens qui nous fait percevoir les odeurs.
Des odeurs. — L'étude de ce sens est resté aussi vague que celui du goût et du reste pour la même raison : le manque de critérium physique précis sur lanature des phénomènes qui le mettent en action.
Malgré de nombceuses tentatives faites, pour dissiper les obscurités, qui régnent sur cette question aussi ardue qu'intéressante, on en est presque au même point qu'à l'époque où Cloquet faisait cette aveu :
« On a beaucoup et longtemps discuté sur la nature intime des odeurs, et nous trouvons dans les auteurs une foule de détails à ce sujet.
« Cependant la matière n'a point été rendue plus claire par l'effet du choc des opinions, et nous devons nous réduire à savoir seulement que beaucoup de corps ont reçu la faculté d'agir sur le sens de l'odorat à l'aide de certaines pai'ticules extrêmement ténues qui se répandent continuellement dans l'air. »
Ce sont en effet à ces notions sommaires que se réduisent essentiellement nos connaissances sur la cause matérielle des sensations dites olfactives.
Cependant on ne saurait nier non plus les progrès de détails qui ont été accomplis depuis Cloquet et qui sont dus principalement aux patientes et ingénieuses recherches de Bened, Pi-évost, Venture et Liégeois.
Uîi' fait paraît tout d'abord ressortir nettement des nombreuses expériences faites pour éclaircir la nature physique des odeui'S, c'est la matérialité de l'agent qui leur donne naissance. Il semble bien que nous ne soyions plus ici en présence de ces ondulations vibrafoires de milieux élastiques, comme dans la vision et l'audition. On a objecté contre cette idée que certaines substances telles que L'ambre gris, le musc ont pu, sans diminution apparente de j^oids, émettre pendant fort longtemps des odeurs. Un chimiste anglais Piesse s'appuyait même sur ce fait pour prétendre que « la meilleure maTiiere de comprendre la théorie des odeurs est de les considérer comme des vibrations particulières qui affectent l'œil, comme les sons affectent l'oreille ».
Spécieuse en apparence, cette théorie ne soutient pas cependant l'examen. En effet, il n'est point vrai d'abord que la perte de poids des corps odorants soit toujours insensible. Elle est très marquée pour certains corps tels que le camphre. Quant au musc et à l'ambre gris, rappelons que Valentin a calculé que nous pouvons encore percevoir l'odeur de 2 millièmes de milligramme de musc.
Et d'autre part, comment expliquer, par l'hypothèse vibratoire, ce fait de connaissance vulgaire, que les linges placés près de corps odorants peuvent s'imprégner de leur parfum et le conserver assez Ibngtemps après qu'on les ait éloignés. Il faut donc expliquer l'exception apparente que nous offrent certains corps odorants tels que le musc par une divisibilité excessive de leurs particules matérielles.