ERECTION
tué, en fait, par des capillaires très dilatées n'ayant, comme les capillaires, pour paroi qu'un simple endotliélium. L'étude du développement des organes érectiles montrent d'ailleurs qu'ils passent d'abord par un stade capillaire et que la dilatation ne se produit qu'ensuite. Les artérioles et les veinules sont donc en communications presque directes par l'intermédiaire de ces espaces caverneux. La disposition spéciale des artères contournées en spirales (artères hélicines) avaient attiré l'attention des physiologistes, qui cherchaient à attribuer à cette disposition un rôle important dans l'érection ; elle paraît destinée simplement à permettre aux artérioles de suivre sans tiraillement les variations de volume de l'organe et les allongements qui en résultent forcément.
Quant au mécanisme même de l'érection, si depuis de Graaf on admet qu'elle est due à une accumulation de sang dans le tissu érectile, le procédé par lequel cette accumulation est obtenue est encore obscur. Il faut d'abord éliminer la rétention du sang veineux par compression des veines de retour (Bœckel). Eckhard a montré que la ligature des veines du pénis n'amenait aucune tension. On a évoqué, pour cette théorie de l'érection passive, la turgescence que l'on observe le matin quand, la vessie étant pleine, les plexus veineux de Santorini sont comprimés par cette dernière.
Il est bon de faire remarquer que des causes nerveuses, des réflexes en un mot, doivent certainement entrer en jeu. Il faut considérer l'érection comme un phénomène actif, dû à une vaso-dilatation actuelle. Ce sont des filets des sympathiques, les nervi erigentes de Eckhard, qui déterminent cette vaso-dilatation.
A ces deux causes : gêne ou arrêt dans la circulation de retour; appel du sang artériel par vaso-dilatation, il faut en ajouter une troisième qui explique la rigidité : la contraction des trabécules musculaires lisses. Quand cette contraction fait défaut, on peut obtenir encore la turgescence, mais non la rigidité.
L'érection est un phénomène réflexe et c'est l'excitation de la muqueuse du gland, qui agit avec le plus d'intensité dansl'apparition de cette manifestation. Ces réflexes sont transmis par le nerf dorsal de la verge. Une autre région est encore un point de départ spécial de cette action réflexion, c'est la région prostatique uréthrale. L'arrivée du sperme sur ce point contribue, non à faire naître, mais à amener à son extrême degré de puissance l'érection. 11 est inutile d'insister sur l'influence que les centres cérébraux supérieurs peuvent avoir sur l'érection : phénomènes d'excitation ou, au contraire, d'inhibition.
Nous avons signalé, à propos des centres réflexes médullaires, la localisation faite par Budge du centre génito-spinal à la hauteur de la quatrième lombaire chez le chien.
Dans les maladies de la moelle, l'érection est souvent supprimée, ou tout au moins temporaire et insuffisante pour permettre le coït.
Quant aux voies nerveuses centrifuges, Rouget les classe en deux groupes : les nerfs caverneux et spongieux, nerfs vaso-dilatateurs; les nerfs musculaires allant aux trabécules.
Ejaculation. — Au moment de l'érection le canal de l'urèthre devient béant, mais il n'est pas vide néanmoins, car il est rempli par la sécrétion des diverses glandes qui s'y déversent : glandes de Gowper, de Littre, de Méry, de la prostate. Toutes ces glandes, comme les vésicules séminales, ont pour fonction de fournir un liquide capable de diluer, de liquéfier le sperme presque solide lorsqu'il quitte le canal déférent.
Nous avons signalé déjà la sensibilité spéciale de la région prostatique. L'arrivée du sperme sur cette région, en même temps qu'elle augmente l'érection, détermine par voies réflexes une série de contractions spasmodiques qui entraînent l'expulsion par brusques saccades du sperme et l'éjaculation.
Si le point de départ du réflexe de l'éjaculation à la région prostatique est admis, il n'en est pas de même du mode de