‹ Nouveaux éléments de physiologieChapitre 260 sur 263 · Partie.s solides · texte numérisé non relu

Partie.s solides

Caséine

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Beiu-i't

Laclos

Sels luiucraux. . .

indéterminée

Le colostrum est légèrement acide, d'une coloration jaune qui devient blanche vers le quatrième jour. Il est visqueux et sa densité est de 1056 en moyenne. Il contient de l'albumine et coagule par la chaleur. Cette albumine disparait

peu à peu. Au début,' le colostrum ne contient que très peu de caséine, cette caséine augmente peu à peu au fur et à mesure que l'albumine disparait. Le beurre est en quantité variable, le lactose est d'abord en très faible quantité, puis atteint peu à peu un taux normal. Enfin, on trouve une plus forte proportion de sels que dans le lait.

Enfin, le colostrum ne donnerait pas de coagulum sous lïnfluence de la présure.

D'après les recherches récentes de MM. Arthus et Pages, le colostrum ne contiendrait pas d'albumine et serait caséifîé sous l'action du labferment.

u En effet ce colostrum donne à froid par l'acide acétique « un abondant précipité. Si on sépare ce précipité par le « filtre, le filtrat porté à l'ébuUition ne coagule pas. Or, la «c coagulation devrait avoir lieu s'il contenait de l'albumine, « car si on a ajouté au colostrum un peu d'albumine de « l'œuf et si on le traite de même par l'acide acétique à froid « le filtrat donne une coagulation par l'ébuUition. »

En outre, le colostrum qui ne coagule pas par le lab additionné d'un sel de chaux, coagule rapidement sous l'influence du lab seul.

En résumé, comme on le voit, on n'est pas encore bien fixé sur la nature et les propriétés chimiques du colostrum.

Du lait pendant la lactation. — Le lait n'a pas la môme composition pendant toute la période de la lactation : la caséine et le beurre augmentent jusqu'au deuxième mois et diminuent , la caséine à partir du dixième mois, le beurre à partir du second. Le sucre diminue dans le premier mois et augmente à partir du huitième. Enfin, les sels augmentent dans les cinq premiers mois et diminuent ensuite progressivement.

La quantité de lait sécrété vingt-quatre heures est variable, elle s"élève progressivement pendant les premiers mois de l'allaitement, pour atteindre un chiffre qui dépasse rare-

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ment i^oOO. Le lait de vache renferme jusqu'à 40 grammes de caséine et seulement (40 grammes de sucre). Il est nécessaire de le couper et de le sucrer avec du sucre de lait si possible, pour lalimentation des nouveau-nés. Le lait d'ànesse est celui dont la composition se rapproche le plus du lait de la femme.

Origine des divers principes du lait. — Pendant le travail de la glande mammaire, nous assistons à la formation de la matière grasse. Cette graine est donc un produit de l'élaboration du protoplasma cellulaire. Aux dépens de quelles substances se forme-t-elle? C'est là une question difficile. Ce qui est certain, c'est que d'une part le lait peut contenir plus de graisse qu'il n'y en a dans les aliments absorbés, et ceci est vrai surtout pour les herbivores et, d'autre part, la graisse augmente par une alimentation azotée. Il semble donc naturel de conclure que la graisse du lait se forme aux dépens des matières albuminoïdes.

Mais aucune observation précise, aucune expérience ne démontre la réalité de ce fait. Le fait que de la graisse pourrait se former dans les fromages aux dépens delà caséine^ fait annoncé par lloppe-Seyler et par Blondeau, a été contesté par Brassier et Duclaux.

Suivant Voit, toute la graisse du lait ne pourrait être formée dans la glande, et il serait à peu près certain qu'une partie de cette graisse est apportée par la circulation.

Caséine. — La caséine qui est la matière albuminoïde spécifique du lait n'existe pas dans le sang. Elle se forme donc dans la glande. Suivant la plupart des auteurs, ce serait aux dépens de Falbumine du sang. Il paraîtrait même qu'on pourrait constater cette formation de caséine aux dépens de l'albumine dans le lait lui-même, et cette transformation serait l'œuvre dun ferment que Dahnhardt aurait isolé.

En faisant diaérer de falbumine avec du carbonate de

soude et de la glande mammaire fraîche de cobaye, Dahnhardt aurait obtenu une substance analogue à la caséine.

Sucre de lait. — Il est probable que le sucre de lait se forme aux dépens du glucose. Mais ce n'est encore qu'une hypothèse, bien que les recherches de Bert et Schutzenberger la rendent très plausible.

En résumé, la sécrétion du lait est le résultat de l'activité spéciale des éléments épithéliaux de la glande mammaire. Les cellules élaborent dans leur protoplasma les matériaux qui composent le produit de sécrétion, et cette élaboration porte sur des substances fournies par le sang. Aussi la circulation de la mamelle devient-elle très active pendant la lactation. Les vaisseaux augmentent considérablement de volume et, en même temps, on observe un développement exagéré, une véritable hypertrophie de la glande.

Influence du système nerveux. — Les recherches de Ludwig, d'IIeidenhain et d'autres physiologistes nous ont appris que le travail glandulaire est commandé parle systçme nerveux qui agit à la fois sur les éléments sécrétoires et sur les éléments vasculaires de la glande. On sait maintenant que ces deux affections : action sécrétoire et action vaso-dilatatrice sont concomitantes, mais indépendantes. En d'autres termes, que dans la plupart des glandes étudiées on a pu démontrer l'existence de fibres nerveuses sécrétoires proprement dites agissant sur les cellules glandulaires, et des fibres vaso-motrices agissant sur l'appareil circulatoire de la glande.

En est-il ainsi pour la glande mammaire? Il faut avouer que les notions que nous possédons touchant l'influence du système nerveux sur la sécrétion lactée sont encore peu nombreuses. On sait évidemment depuis longtemps que la sécrétion lactée est soumise à l'influence nerveuse. On sait qu'il existe des relations étroites, des sympathies, comme on

disait autrefois, entre l'appareil génital et la glande mammaire.

Mais la dissection physiologique des actions nerveuses, sécrétoires et vaso-motrices n'a pas encore été faite.

Cependant on possède un certain nombre de faits et d'expériences intéressantes.

Les premières expériences remontent à Cl. Bernard qui, à la suite de la section des nerfs de la mamelle, n'observa pas de modifications sensibles dans la sécrétion lactée.

Eckhard, en 1855, sectionna sur une femelle en lactation les nerfs originaux et lombaires et n'observa aucun fait anormal.

Rohrig, en 1876, étudia l'influence du système nerveux sur la sécrétion lactée chez la chèvre. Chez cet animal, le nerf spermatique externe fournit trois sortes de rameaux : des filets vasculaires ; un filet au mamelon-rameau papillaire, et des rameaux à la substance glandulaire.

Quand on sectionne le rameau papillaire, la sécrétion n'est pas modifiée mais le mamelon se relâche; il s'érige, au contraire, quand on sectionne le bout périphérique du même nerf. Si on excite son bout central, on observe une augmentation réflexe de la sécrétion.

Quand on sectionne les filets glandulaires, la sécrétion se ralentit. Leur excitation l'accélère.

La sécrétion est très augmentée par la section des rameaux vasculaires. L'excitation de leur bout périphérique la diminue au contraire. Rohrig considère qu'il y a un rapport intime entre la sécrétion et la pression sanguine. En d'autres termes, il ne croit pas qu'il y ait des nerfs sécrétoires proprement dits.

En 1879, M. Lafl'ont, dans une note à l'Académie des sciences et à la Société de biologie, exposa les faits suivants :

En excitant le nerf mammaire fourni par le cordon d'union <entre la 4'- et la 6^ paires lombaires chez la chienne, et en

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enregistrant la pression sanguine dans l'artère mammaire, il a vu que l'excitation du nerf intact provoque d'abord une légère élévation de pression suivie d'un abaissement prolongé très notable. En même temps, la mamelle devient turgide, le mamelon s'érige.

L'excitation du bout périphérique du nerf coupé produit un abaissement de pression immédiat en même temps que la congestion de la mamelle. Si on comprime en ce moment le mamelon, le lait jaillit en abondance.

Le nerf agissait donc en somme à la fois sur le tissu glandulaire comme nerf excito-sécréteur et sur les vaisseaux comme nerf vaso-dilatateur.

Mais, comme on le voit, toutes ces expériences ne comportent pas de conclusions précises sur faction du système nerveux au point de vue sécrétoire et vasculaire.

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