INTRODUCTION V
physiologie. Or c'est là un luxe que peu de jeunes gens ont le moyen de se donner, tant le temps qui leur est laissé pour leurs études médicales est court, grâce à la loi militaire ; grâce aux nécessités de la vie qui exigent qu'au bout de six ans ils soient en état d'aller dans leur province gagner leur vie par l'exercice de leur noble profession médicale.
Mais, par les cours et les livres, ils peuvent devenir pendant ces quatre mois bien suffisamment savants en physiologie.
D'abord, dans un cours, ils trouveront des notions générales qui leur aplaniront certaines difficultés, leur montrant les côtés intéressants de la science, leur ouvrant certaines vues larges. C'est un travail d'éclaircissement, de débrouillement, si je puis ainsi parler, que le professeur doit leur faire. Il leur indique les points qui sont douteux, ceux qui sont certains ; il distingue l'essentiel de l'accessoire, les tient au courant des travaux qui se font au moment présent, leur donne des conseils sur les livres qu'il faut lire, leur présente quelques expériences fondamentales qu'ils n'oublieront pas une fois qu'ils les auront vues, ouvre leur intelligence aux grands problèmes de la biologie, et tâche de parler à leur jugement plus qu'à leur mémoire.
La physiologie, dans tout l'ensemble des sciences médicales, est peut-être la science où la logique tient le plus de place. Il y a un petit groupe de faits dominateurs qu'il suffit de connaître pour avoir la clef de tous les autres, qui en sont comme la conséquence nécessaire.