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Globules blancs ou leucocytes. — Les leucocytes^ découverts eu 1770 iHewson^, sont des corps de forme très variable et sans couleur. Ils sont plus volumineux que les hématies : leur diamètre ne dépasse toutefois pas 75 dix-millièmes de millimètre. Leur nombre varie beaucoup : ils sont abondants durant la digestion, rares durant l'inanition ; aussi est-il difllcile d'indiquer un chilïi^e moyen : mettons qu'il y en ait 1 pour oOO globules rouges environ, soit 15 000 par millimètre cube de san?.
' Chez l'adulte, car chez le fœtu< les rapports sont in\or?cs en ce sens «[u'il y a plus de globules que de plasma : : ~il : 2TS.
Ils présentent deux caractères très intéressants. Leur motilité d'abord. Ce sont des amibes, en quelque sorte. En effet, ils se reproduisent, ils se nourrissent, ils excrètent, ils respirent, ils sont irritables et contractiles, ils se meuvent et se déplacent au moyen de pseudopodes, d'expansions de
Fig. 5. — Cellules lympathiques ciiiigraiit à travers un capillaire du mésentère de la grenouille.
ît' paroi du vaisseau. — «acouche adhcsivedePoiseuille. — ?•;• hématies. — // leucocytes cheminant le long de la paroi vasculaire. — ce leucocytes à un preniiei' stade de migration à tra\ers cette paroi. — /"/'leucocytes qui ont Iravcrsé la paroi.
leur substance, et changent de forme à tout moment, exactement comme une amibe. Ils ont une vie propre et très tenace, très indépendante de celle de Torganisme ; ce sont de petits individus, des parasites en quelque sorte. Lieberkiihn a gardé en vie 80 jours durant les leucocytes du sang de la salamandre. Ils présentent des phénomènes tétaniques en présence de la chaleur; Télectricité aussi les tétanise et les tue, le curaj'e les paralyse, et ils sont, comme tous les organismes unicellulaires, très sensibles à beaucoup de poisons. Leur second caractère est leur ubiquité. Où ne peuvent-ils aller, en effet, puisqu'ils possèdent la locomotion ? Ils ne restent point dans le sang seul, ils traversent les pores des membranes organiques, ils sortent des vaisseaux, et on les trouve partout
PROPRIKTKS ET lONCTIONS DES LEUCOCYTES
• laiis les mailles du tissu connectif, et ce sout eux qui foinient la majeure partie du pus, par diapcdt'se, par migration hors des parois des vaisseaux. (Addison. puis Waller et Cohnheim, 18 iO et 1868.) Sur le méseutèie de la grenouille on voit les leucocytes s'arrêter le lonir des parois des veinules, et traverser celle<-ci irraduellement : le phénomène est plus
Fig. 6. — Quatre leucocytes de la grenouille renfermant des bactéridies mortes 'colorées en noir).
lacile à voir avec des leucocytes ayant absorbé des grains de bleu d"aniline. Les leucocytes passent-ils à travers des tissures qui existeraient entre les cellules endothéliales, ou passent-ils en se frayant de force un chemin entre ces cellules, ou à travers elles ? On ne sait encore : toujours semble-t-il que la diapédèse consiste en les quatre phases suivantes. Les leucocytes adhèrent aux parois vasculaires; ils envoyent des
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processus à travers celles-ci; la substance qui les compose s'écoule de la masse principale dans le pseudopode qui, de la sorte, devient bientôt la masse principale, elle s'écoule graduellement de telle sorte que le leucocyte a la forme d'un sablier ; enfin, tout le leucocyte ayant traversé la paroi se détache de celle-ci et va plus loin. Le déplacement du leucocyte serait favorisé, dans la traversée des parois vasculaires, par la pression sanguine. Nous avons vu que pareille migration se ferait entre les cellules épithéliales de l'intestin. De récents travaux ont donné à cette diapédèse des leucocytes, et, d'une façon générale, à leurmotilité et à leur ubiquité, une signification très intéressante. Les leucocytes et un certain nombre de cellules analogues du tissu conjonctif, de la rate, etc., sont, d'après la théorie de la phagocytose de Cari Roser (1881) et de M. Metchnikoff, les défenseurs naturels de l'organisme contre certaines agressions, celle des microbes en particulier. A l'ensemble de ces cellules, dont font partie les leucocytes, M. Metchnikoff donne le nom de phagocytes. Ces phagocytes ne combattent pas dans tous les cas : dans le choléra des poules, des gallinacés, ils demeurent inertes, mais si l'on inocule la bactérie du choléra des poules au cobaye, il en guérit le plus souvent, grâce à ses phagocytes qui tout simplement dévorent les bactéries. C'est en englobant les microrganismes étrangers, en les détruisant (dans le foie d'après Werigo, Annales de V Institut Pasteur. 1892), que les phagocytes, d'après la théorie en question, contribuent à protéger l'organisme, et dans la bataille entre ce dernier et la maladie virulente, c'est le leucocyte — entre autres — qui prendrait les armes. Cette manière de voir donne une importance toute spéciale à certains organes riches en cellules amiboïdes, mais dont on ne connaît guère les fonctions, comme la rate, les glandes lymphatiques, les amygdales, les plaques de Peyer, etc., et elle fournit un appui considérable à la diapédèse dont M. Metchnikoff considère l'existence comme parfaitement
PHAGOCYTOSE i75
établie : la diapédèse est une des formes de la lutte contre l'ennemi ; les leucocytes accourent pour l'englober et le détruire, même s'il n'est ni vivant ni destructible par eux, comme des airains de carmin injectés sous la peau, et s'il est vivant, on le voit bientôt mourir et se désagréger à l'intérieur d'un phagocyte ; on peut, en particulier, parfaitement bien voir nombre de microbes morts ou mourants au centre des leucocytes. S'il en est ainsi, les leucocytes deviennent, avec les cellules analogues de lorganisme, des facteurs très
Fig. 7. — Une amilie vivant au milieu de bacille."?, dont elle a englobé im certain nombre.
importants dans la pathologie infectieuse , et la diapédèse revêt une signification toute nouvelle^
Les leucocytes sont, a-t-il été dit, des cellules ; ils ont de un à quatre noyaux, et rien ne les distingue de ceux du pus ou de la lymphe. Ils paraissent formés d'une substance analogue à la mucine, nommée hyaline, et de deux globulines, avec un peu d'albumine, auxquelles se joignent de petites quantités de lécithine, de glycogène, de cérébrine, de cholestérine, et de matières minérales ; le noyau est formé d'une substance albuminoïde, la nucléiue. A Tintérieur des leucocytes, ou distingue un mouvement moléculaire marqué ; on le considère parfois comme de nature purement physique, mais il semble plutôt être une manifestation vitale. La tempéra-
' Voir entre autres tra^aux : Metchaikoff. Leçons sur la Pathologie compu' j'ée de l'Inflammation, 1892 (Masson). Voir aussi : Sims Woodhead. A discussion on Phagocytosis and Immunity [Brit. Med. Journal, février 1892).
l'<î SANG ET LYMPHE
Uire de oO*^ C. tue les leucocytes, comme l'électricité ; le curare les paralyse ; dans un milieu privé d'oxygène, ils asphyxient et meurent. Ils sont très sensibles aux variations^ d'acidité et d'alcalinité ; les acides et alcalins dilués en excitent, puis en paralysent la motilité, le chlorure de sodium à 1 p. 100 les excite et tétanise, et leur fait en quelque sorte l'effet d'un vomitif; ils expulsent les parcelles alimentaires qu'ils peuvent renfermer. La quinine, la cinchonidine, etc., à dose faible (l p. 1 500', paralysent la locomotion, ils ne peuvent plus se déplacer ni traverser les parois des capillaires. La strychnine les tue rapidement : de 2 à 5 centigrammes tuent tous les leucocytes de 100 centigrammes de sang iMaurel)'.
Leur nombre varie beaucoup, avons-nous dit : il y en a beaucoup plus dans la veine splénique que dans l'artère splénique (1 p. 60 globules rouges au lieu de 1 pour 2,260), et d'une façon générale les veines en contiennent plus que les artères. Il y en a plus après les repas et durant la grossesse que durant le jeûne. Il ne semble pas que le nombre en soit accru chez les individus lymphatiques, mais dans la leucocythémie, pendant la suppuration, et pendant certaines affections d'organes lymphatiques — comme la rate — le nombre des globules blancs s'accroît énormément dans le sang qui semble mélangé de lait ou de pus, et ceci peut être dû à ce qu'ils sont produits en plus grand nombre ou à ce qu'ils ne se transforment ou détruisent point. Il semble que les leucocytes proviennent pour la plus grande partie de la lymphe ; du reste, on admet l'existence de plusieurs lieux de formation. Les principaux sont la rate, la moelle des os et les glandes lymphatiques, car le sang et la lymphe qui en sortent sont plus riches en globules que ceux qui y entrent, et il semblerait que les leucocytes se
' Voir, sur la physiologie dos leucocytes, la suite de travauv fort intéressant-* de E. Maurol {Recherches Expérimentales su?' les leucocytes, Paris, 180iJ. Doid), relatifs à l'action de la température, des poisons, etc.