BRUITS DU COEUR
et qu'on l'explique par l'occlusion des valvules sigmoïdes. Rouanet l'a obtenu sur une aorte détachée du cœur avec ses valvules et mise en rapport avec une vessie représentant un cœur artificiel : en comprimant la vessie, il a vu les sigmoïdes s'effacer et laisser passer l'eau, et quand cessait la compression, les valvules s'abaissèrent en produisant le claquement du second bruit du cœur. Par contre, le premier bruit prête beaucoup plus à discussion. On admet généralement qu'il est dû à la tension des valvules auriculo-ventriculaires (Rouanet, 1832), mais il doit s'y joindre quelque chose de plus : le bruit musculaire de la contraction du ventricule dans son ensemble (Williams et Wintrich).
D'après Sandborg même, il serait tout entier dû au ventricule , et persisterait après destruction des valvules auriculo-ventriculaires. Pourtant, les affections de ces valvules modifient notablement le premier bruit, et on sait quel parti, à la suite de Laënnec, la pathologie a tiré de l'étude de ces modifications.
Une modification assez fréquente consiste en le dédoublement des bruits cardiaques : une fois sur cinq on peut — avec une oreille très exercée — entendre quatre bruits au lieu de deux,*les deux cœurs droit et gauche ne marchant pas de façon exactement simultanée. Le dédoublement peut d'ailleurs ne porter que sur un seul des bruits"; il paraît dû à Tinfluence de la respiration sur la pression sanguine.
Les bruits normaux peuvent être modifiés, et les traités de pathologie indiquent la signification des changements ; il peut y avoir des bruits anormaux : les bruits de souffle qui accompagnent les rétrécissements et les insuffisances des valvules, et qui sont dus aux vibrations du jet de sang passant de la partie étroite dans la partie élargie. Les souffles accompagnant la systole ventriculaire se produisent durant le petit silence : ils indiquent un rétrécissement de l'aorte ou de l'artère pulmonaire ; ceux qui suivent le deuxième bruit indiquent ou bien un rétrécissement mitral ou tricuspidien, ou une insuffisance des valvules de l'aorte qui laissent revenir le sang de l'aorte dans le ventricule. Ces souffles s'entendent naturellement mieux, les uns à la base, les autres à la pointe.
Rythme cardiaque. — Chacun sait que ce rythme varie selon
l'ii;:
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Fig. 19. — Sclicma des différences de rétat électrique du corps,
dues aux pulsations cardiaques. ^D'après A. Waller.)
0-0. — ligne neutre, A et A' base et pointe du cœur, positives et négatives
tour à tour.
l'individu. Tàge, le sexe, les conditions physiologiques et pathologiques, etc. Selon Xâge : l'homme adulte a 72 puisa-