RYTHME CARDIAQUE. — VARIATION ÉLECTRIQUE
tionspar minute, en moyenne : l'enfant d'un an en a 120 ou 130 ; il en a 100 à 3 ans, 90 à 10 ans, 78 de 10 à 15, et 70 de 15 à 50 ; à 60 ans le chiffre s'élève un peu, et à 80 ou 90 ans, il monte à 80 (Quételet). Selon le sexe : la femme en a un peu plus que l'homme : dans l'utérus les filles en ont 140 contre 130 chez les garçons : de là la méthode — souvent trompeuse — pour diagnostiquer le sexe avant la naissance. Selon les conditions physiologiques : les battements sont plus nombreux pendant l'exercice, la station verticale, les émotions, la digestion, la douleur, etc. Selon Vespêce : cheval, 30 ou 40 ; bœuf, 35-42 ; mouton, 60-80; chien, 90-100; lapin, 140 et plus; éléphant, 25-28 ; lion, 40 ; chat, 120-140; souris, 120 ; poule, 140 ; cobaye, 180 ; carpe, 120; serpent, 24, etc. Ily a évidemment une certaine relation entre la fréquence des pulsations et la taille; à âge égal, dans la même espèce, l'individu le plus grand a le cœur plus lent (l'homme de 1™,50 a 72 ou 74 pulsations et celui de l'^,80 n'en a que 60), et les espèces volumineuses ont le cœur plus lent que les petites espèces : comparez par exemple l'éléphant, l'homme, le chien, le lapin, le cobaye. Ceci tient probablement, comme l'a dit Marey, à ce que le cœur bat d'autant moins souvent qu'il a un travail plus considérable à effectuer, qu'il a plus de peine à se vider, que la tension artérielle est plus forte. En effet, sur le même chien, par exemple, à mesure que la quantité et la tension du sang diminuent par les saignées, le cœur s'accélère; il se ralentit, si pour une raison quelconque, la tension artérielle vient à augmenter. Du reste, il y a compensation ; quand les battements sont fréquents, le travail est faible, et s'ils sont rares, le travail est plus considérable. C'est un fait qu'on peut vérifier au moyen du cœur artificiel de Marey qui rend encore des services dans l'étude de l'origine des bruits normeaux ou pathologiques du cœur.
Variations électriques du cœur. — Chaque contraction du cœur s'accompagne d'une variation électrique marquée. Si l'on relie au galvanomètre de Lippmann deux points quelconques de la peau de
la poitrine placés l'un au-dessus, l'autre au-dessous de la ligne de l'axe du cœur (ligne allant de l'attache de l'cpaule droite à l'h^-pochondre gauche à peu près, en passant par le cœui-), le mercure s'agite à chaque battement, ce qui n'a pas lieu si les deux points reliés à l'clectromètre sont du même côté de la ligne en question . Si l'on trace la perpendiculaire à cette ligne, par le cœur, on voit que tout point situé au-dessous de cette ligne qui va de Fhypochondre droit à l'épaule gauche, est avant la systole, négatif par rapport à tout point situé au-dessus d'elle ; l'inverse a lieu avant la diastole. On remai'quera la différence d'étendue des deux zones : l'une comprend le bras droit, la tête et la partie supérieure droite du tronc; l'autre, tout le reste du corps. En cas d'invasion viscérale, les zones sont aussi renversées. L'excitation du cœur produit une variation négative^ mais celle du vague, pendant que le cœur est au repos produit une variation positive (Gaskell) que l'atropine empêche de se manifester.
Nutrition et irrigation du cœur. — Considéré chez la plupart des invertébrés, et même chez les vertébrés inférieurs, le cœur est fort résistant. Détaché du corps, le cœur de la grenouille continue à battre pendant des heures, lentement s'il fait froid, assez rapidement à une température de 20 ; et si, comme l'a fait Kronecker, par exemple, on entretient dans ce cœur isolé une circulation de liquide nutritif (sang, albumine, etc.), ce cœur peut vivre des journées entières. Mais, sans liquide nutritif, il meurt tout naturellement après quelques heures. A l'état normal, in sitii^ ce cœur de grenouille se nourrit du sang qu'il charrie : il n"a point de vaisseaux, mais le sang le pénètre par imbibition. Chez les animaux plus élevés, le cœur est un organe très délicat. Il est nourri par des artères coronaires^ les premières que donne l'aorte, à un centimètre de sa sortie du cœur, et le moindre trouble de la circulation de ce muscle si actif, fournissant tant de travail, est rapidement fatal. La ligature d'une seule coronaire est suivie de contractions irrégulières, incomplètes, puis de l'arrêt du cœur : le trouble porte d'abord sur le ventricule correspondant, puis sur l'autre, et en dernier seulement sur les oreillettes. Souvent la ligature d'une seule