EXUALATION DE GO^, VARIATIONS
produisent plus de CO^ que tels autres animaux liétcrothermcs (poissons, batraciens), plus élevés dans la série animale, uniquement en raison de leur activité beaucoup plus considérable : ce n'est pas une affaire de taille.
Etat de veille ou de sommeil. — CO^ diminue durant le sommeil (Boussingault, Pettenkoffer et Voit) : pour 100 de CO* en vingt-quatre heures, il y a 58 pour le jour et 42 pour la nuit; mais l'absorption d'O ne diminue pas autant que l'exhalation de CO* et il en résulte inie auqmenlalion de poids par accunmlation d'O non consomme. « Qui dort dîne, » dit le provei'be : on voit qu'il renferme une vérité réelle. Ce fait a été vu par Pettenkofer et Voit, Regnault et Reiset, et confirmé par Sczelkow et Ludwig.
En léthargie hystérique les échanges s'abaissent énormément (Richet et Hanriot).
Alimentation. — Pendant l'inanition, CO* est éliminé en moindre quantité ; il augmente après les repas, comme l'ont montré de nombreuses expériences faites par Bidder et Schmidt sur des chats, par Pettenkofer et Voit, sur le chien. Ces derniers ont vu qu'un chien peut éliminer 300 ou 850 grammes de CO^, selon qu'il est eninanition, ou bien alimenté. D'autres ont constaté le même fait chez le bœuf et le mouton, Ranke sur lui-même. La suralimentation (alimentation de luxe) augmente l'élimination do CO", et les aliments agissent d'autant plus dans ce sens qu'ils sont plus riches en carbone (hydrocarbonés) : on verra i^lus loin pourquoi Les corps gras et azotés augmentent très peu la production de CO*. Les alcooliques, le thé et le café, la glycérine diminuent CO*; les substances aisément oxydables l'augmentent.
D'après C. Richet et Hanriot, la production de CO^ par Kg. par heure est de 0 gr. 500 à jeun et de 0. g. 580 en digestion.
Température. — Ici il y a lieu de faire une distinction importante. Chez les espèces homéothermes, le froid augmente la production de CO' (Lavoisier, etc.). Celle-ci, pour le cobaye, est augmentée de 3 ou 4 centimètres cubes par kilogramme et par heure pour un abaissement de quelques degrés (de 15 à 5 par exemple) ; l'augmentation est également bien marquée pour l'homme (Voit). Chez les espèces hétérothermes le contraire a lieu, et l'exhalation de CO* diminue d'après Regnault et Reiset, Moleschott, etc.
A 1°, la grenouille n'élimine presque pas de CO*, alors qu'à 33 ou 35° elle en élimine autant que l'homme proportionnellement (H. Schulz); naturellement il ne s'agit ici que des variations de température compatibles avec la vie.
Les animaux à sang chaud à qui Ton a sectionné la moelle se comportent comme les animaux hétéro thermes (Regnard, Pfluger)? la régulation de la température ne se faisant plus.
Etat de travail ou de repos. — Influence des plus importantes : la plus importante. Lavoisier avait bien vu, et les recherches idtérieures ont montré, que plus l'exercice est violent, et plus les échanges sont actifs, si bien que le travail musculaire de grande intensité détermine une production d'acide carbonique 4 ou 5 fois plus grande que celle qui correspond à l'état de repos. Tétanisez une grenouille dont vous aurez préalablement mesui'é les échanges respiratoires à l'état de repos : la production de CO* augmente énormément, beaucoup plus que n'augmente l'absorption d'oxygène, d'ailleurs. C. Richet et Hanriot ont vu que, pour un sujet donné, la production de CO* est de 3, 5 au repos et de 4, 6 durant le travail. Il est à noter que l'absorption de 0 augmente beaucoup moins que ne fait la production de CO' qui peut doubler et tripler (Richet et Hanriot) .
A. Waller donne les chiffres que voici (par kilogramme et par heure) : sommeil, 200 centimètres cubes; repos, 230; travail modéré. 300; travail violent, 500. Les poisons convulsivants — qui par le système nerveux excitent les muscles — augmentent de même cette iiroduction. Pettenkofer et A'oit ont donné les propoi*tions suivantes de production de CO- chez l'homme pour vingtquatre heures : Repos 695-1 038 grammes Travail 1 285 —
On sera surpris au premier abord du peu de différence entre ces deux chiffres 1 038 et 1 285, mais il faut réfléchir que le repos relatif, l'absence de travail manuel suivi, n'est pas le repos absolu; ce dernier n'existe — autant qu'il peut exister — que durant le sommeil — et, d'autre part, il y a un travail énorme accompli par le cœur et les muscles inspirateurs aussi bien durant le sommeil même que durant le travail. N'avons-nous pas vu que le quart du travail total fourni par l'homme travaillant manuellement huit heures par jour est fourni par le cœur seul ?
Taille. — Influence surtout évidente chez les espèces homéothermes. liCs petits animaux produisent — proportionnellement au poids — plus de CO*. Il le faut bien : leur surface est proportionnellement plus grande, et la déperdition thermique se règle sur la surface : à déperdition plus grande, il faut une production thermique — une respiration — plus active.
Lumière. — Si l'on représente par 100 la proportion de CO* éliminée à l'obscurité, ceUe qui s'éhmine à la lumière est 132 pour les amphibiens; 134 pour les mammifères, et 138 pour les oiseaux