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EXHALATION DE C.0-. VARIATIONS 3G

(Moleschott et Fubini). Il suffit que la lumière agisse sur les yeux seuls, pour que cette augmentation se manifeste : ce qui indique que la lumière agit, en partie au moins, indirectement, par le système nerveux ; mais lorsqu'elle agit aussi sur la peau, Teliet est plus grand. Si l'on compare l'action des lumières colorées à celle de la lumière blanche, on voit que l'exhalation de CC augmente sous l'influence des rayons jaunes, et diminue sous celle des rayons violets. Le vert et le bleu agissent comme le jaune, mais plus faiblement de beaucoup; le rouge agit comme le violet, mais avec moins d'intensité (Pott, Selmi et Piacentini). Les différences sont 86 (violet), 100 (blanc), 120-170 (jaune).

Vainations horaires. — Par suite de la combinaison des diverses influences ci-dessus énoncées, il y a des variations horaires assez nettes : la différence extrême est de 62 centimètres cubes par minute. Le maximum d'élimination correspond au milieu de la journée (d'après Yierordt) : pour C. Richet et Hanriot , elle va croissant de 8 heures du matin à 6 heures du soir, puis diminue.

Influence de la fièvre et de diverses maladies. — CO- augmente dans la fièvre, mais pas autant que l'aVjsorption d'O : ce dernier gaz se fixe sur les produits autres que le carbone, qui s'éliminent par d'autres voies. Toutefois CO* augmente. Lilienfeld a vu cette augmentation atteindre les valeurs de 71 p. 100 chez des lapins, mais dès lors le quotient respiratoire (rapport de CO" exhalé à 0 absorbé) ne change pas : il insiste sur ce point. Frankel et Leyden constatent une augmentation de CO* de 80 p. 100 dans certains cas.

Ventilation pulmonaire. — Influence yiulle. Les tissus ne produisent pas d'autant plus de CO* qu'il passe plus d'O par le poumon, ils ne consomment pas pour le plaisir ; ils produisent d'autant jolus de CO* qu'ils agissent plus. Ce n'est pas la respiration qui règle les combustions ; ce sont les combustions qui retient la respiration ; et ce n'est pas parce que les respirations seront plus rapides ou profondes que les tissus brûleront plus de CO*, du moment naturellement où ils reçoivent la quantité d'O qui suffit à leurs besoins actuels. Mais quand les tissus, en activité, ont besoin d'une quantité supérieure d'O, la respiration s'accélère. En un mot, les tissus n'ont faim d'O et ne produisent de CO* que proportionnellement à leur activité : au repos ils ne consomment que ce qu'il leur faut exactement : ils ne savent pas « manger sans faim ». S'imaginer accroître la production deCO*en accélérant la respii'ation, c'est mettre la charrue devant les boeufs ; on n'augmente cette production qu'en activant la consommation d'oxygène par les tissus ; l'accroissement de consommation accélère la respi-

ration. C'est dire que la ventilation demeure parallèle aux échanges, et se règle sur eux.

On remarquera que si l'air expiré est plus riche en CO^ et plus pauvre en 0, il n'y a pas autant de CO^ produit qu'il y a d'oxygène consommé. Tout l'oxygène consommé ne sert pas en effet à former de l'anhydride carbonique ; une partie combine avec de l'hydrogène et forme de l'eau. On appelle quotient respiratoire le rapport de CO- à 0. Il est en moyenne de 0,75 ; c'est-à-dire que CO- contient 7o p. 100 de l'oxygène consommé total. Ce quotient varie d'ailleurs selon la nature des aliments, selon leur propre teneur en oxygène. Si ceuxci sont très riches en 0, comme les féculents, le quotient tend à l'unité, tout FO absorbé se combinant avec du carbone, et rO des aliments suffisant à la combinaison avec H. Ce quotient respiratoire peut même être supérieur à l'unité, comment l'ont vu Ch. Richet et Hanriot. Par contre, avec les aliments gras, pauvres en 0, le quotient diminue : il peut tomber à 0,55 ; beaucoup de l'O absorbé se combinant avec l'hydrogène de ces aliments. Le quotient respiratoire varie donc selon l'alimentation — et selon les espèces par conséquent. — Durant l'inanition il est identique à ce qu'il est chez l'animal nourri de viande ; puisque en ce cas l'animal vit réellement de viande, la sienne propre. En résumé, le quotient respiratoire varie de 1 (alimentation très riche en féculents, riche en 0) à 0,86 (alimentation mixte), à 0,76 (inanition), à 0,62 (alimentation animale), età0,o5 (alimentation grasse).

L'exercice violent augmente le quotient respiratoire qui tend à l'unité ; c'est qu'il se consomme beaucoup de glycogène dans les muscles.

Si l'on considère que les muscles sont de tous les tissus ceux dont la respiration est la plus active — même au repos — on ne sera point surpris si toute variation d'activité réagit fortement sur la production de GO^. Gomme ces variations

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d'activité sont régies par le système nerveux, c'est en définitive par le système nerveux que sont réglés les échanges respiratoires. Ceci est doublement vrai : le système nerveux régit les muscles, consommateurs d'O et producteurs de CO^ ; il régit aussi la respiration, l'apport mécanique d'air, c'est-à-dire la ventilation du poumon et des tissus. Les nerfs du poumon sont toutefois sans influence directe sur les échanges au repos ; la section des pneumogastriques ne change pas ceux-ci (Gréhant et Quinquaud).

Vai7' expiré contient plus d'azote que n'en renferme l'air inspiré. — Ce phénomène parait général, bien que certains auteurs aient cru voir le contraire. Reiset a montré que cette déperdition varie selon les espèces : elle va de 0 gr. 0018 chez la truie, à 0 gr. 152 chez le dindon (par kilogramme et par 24 heures), et Muller, Seegen, etc., ont confirmé ces chiffres. L'homme en élimine de 5 à 6 grammes (4,5-5,5 litres) par jour, en moyenne. D'où vient cet azote ? Les uns pensent qu'il provient de la désassimilation ; il compenserait le déficit observé dans la composition des urines et excréments ; pour d'autres, il proviendrait de l'air avalé avec les aliments, et qui aurait passé du tube digestif dans fe sang d'où il se dégagerait aisément n'étant pas retenu dans celui-ci par des affinités chimiques, comme CO^ et 0. Pour A. Gautier, il résulterait de la vie anaérobie des tissus, de la destruction de certains principes — les matières grasses, par exemple — sans intervention de l'oxygène, et dans les formations de ce genre l'azote se dégage en partie du moins5 des matières albuminoïdes, à l'état libre : l'azote viendrait donc de dédoublements anaérobies des substances pixïtéiques. C'est à l'azote que Hoppe-Seyler attribue les accidents de la décompression. L'azote, simplement dissous, plus aisément libéré, se dégagerait à l'état gazeux, lors de la décompression, d'où des embolies gazeuses. CO^ et 0 ont moins de tendance à passer à cet état, étant retenus pai*

leurs affinités cliimiques pour le sang, étant combinés avec des sels de soude et avec Thémoglobine.

Uair expiré est plus riche en vapeur d'eau, qu'il a empruntée au sang. La quantité d'eau ainsi retirée de l'organisme est à peu près constante, mais la proportion fournie par celui-ci dépend naturellement de celle que contient l'air inspiré. Plus l'air inspiré en renferme, et moins le poumon peut en excréter: plus l'air est sec, froid, etc., plus le poumon peut en expulser. La quantité totale exhalée par jour est d'environ oOO centimètres cubes; mais elle peut être de beaucoup supérieure. Cette excrétion d'eau par le poumon a une grande importance pour les animaux qui, comme le chien, les oiseaux, etc., ne possèdent pas de transpiration cutanée. Chez eux, en effet, le poumon joue le rôle de la peau, et quand ils ont chaud, c'est par la surface pulmonaire qu'ils transpirent : c'est pour faciliter l'accès de l'air frais, et l'expulsion de l'air chargé de vapeur d'eau, et pour se rafraîchir la gueule, que le chien ouvre largement celle-ci, quand il a chaud, et laisse pendre la langue.

En résumé, nous voyons que Vair expiré a perdu de V oxygène et gagné de l'acide carbonique. C'est là le phénomène essentiel. L'oxygène conservé par l'organisme atteint environ 750 grammes (530 litres) ; l'acide carbonique exhalé représente 850 grammes (400 litres). Ce fait indique que la quantité d'air expiré doit être un peu moindre que la quantité inspirée. Les deux paraissent égales, mais quand on tient compte de l'accroissement de volume que l'air expiré subit, par suite de la température plus élevée à laquelle il est soumis dans l'organisme, on reconnaît que c'est là une apparence, et qu'en réalité l'air expiré est en moindre quantité que l'air inspiré. Parallèlement à ces modifications de l'air, examinons celles du sang qui revient du poumon, par rapport au sang qui s'y rend. Le sang artériel est plus rouge, et il est plus oxygéné ; il renferme moins d'acide carbonique ; le veineux est plus noir, moins oxygéné, et plus

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