‹ Nouveaux essais de critique et d'histoire (volume 2)Chapitre 11 sur 37 · LES GRANDS PERSONNAGES · texte numérisé non relu

LES GRANDS PERSONNAGES

Si VOUS croyez que dans la nature humaine la pièce essentielle est la raison, vous prendrez pour héros la raison, et vous peindrez la générosité et la vertu. Si vos yeux s's^pliquent à la machine extérieure et ne s'attachent qu'au corps, vous choisirez le corps pour idéal, et vous peindrez des chairs voluptueuses et des muscles vigoureux. Si vous voyez dans la sensibilité la partie importante de l'homme, vous ne verrez de beauté que dans les émotions vives, et vous peindrez les accès de larmes et les sentiments délicats *. Votre opinion sur la nature fera votre opinion sur la beauté; votre idée de l'homme réel formera votre idée de l'homme idéal; votre philosophie dirigera votre art. C'est ainsi que la philosophie de Balzac a dirigé l'art de Balzac. Il considérait l'homme comme une force : il a pris pour idéal la force. Il l'a affranchie de ses entraves ; il l'a peinte complète, libre, dégagée de la raison qui l'empêche de se nuire à elle-même, indifférente à la justice qui l'empêche de nuire aux autres; il l'a agrandie, il l'a nourrie, il l'a déployée et l'a donnée en spectacle, au

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