Préface de AU for love
2. Sa conduite envers Vendôme^ dans la campagne de Flandre, est presque égale.
penser; -c'est le renversement de toutes ses croyances; quand même il voudrait le révéler, il ne le pourrait; la parole lui manquerait devant Thésée; il a trop de vénération pour son père et son roi :
Devais-je, en lui faisant un récit trop sincère, D'une indigne rougeur couvrir le front d'un père ? Vous seule avez percé ce mystère odieux :
Mon cœur pour s'épancher n*a que vous et les dieux.
Ce seul mot, le dernier, tout chrétien, indique la délicatesse d'une pareille âme; il est devant sa maîtresse comme dans son oratoire. Un amour si pur ne va point sans une piété filiale et une pudeur extrêmes*. Et tel est l'amour dans toutes ces tragédies ; les sens semblent n'y avoir aucune part; on n'en parle pas même pour en triompher, comme dans Corneille; ce n'est qu'une amitié sublime et plus tendre, qui est contente pourvu qu'elle obtienne en retour une amitié pareille; cette certitude lui suffît et suffit à un dénoûment, au plus touchant de tous, celui de Bérénice. Bérénice sait qu'elle est aimée; c'en est assez pour lui donner la force de consommer son sacrifice, et quand elle le fait, c'est du ton le plus uni, en l'atténuant, trouvant des raisons contre elle-même, sûre que ceux qui l'écoutent ont le cœur assez noble pour comprendre la noblesse du sien. De même encore dans Esther :
Oui, vos moindres discours ont des grâces secrètes ; Une noble pudeur à tout ce que vous faiteâ Donne un prix que n'ont point les diamants ni Ton Quel climat renfermait un si rare trésor....