Rôle de Pylade
Allons, seigneur, enlevons Hermione. Rôlfe d'Aoomat :
Eh! la sultane est-elle en état de m'entendre?
sophiste ; dans Racine, son adresse est celle du diplomate le mieux élevé. Sa galanterie envers Junie est exquise; il vient de la faire enlever de nuit par violence; jamais les empressements de la politesse ont-ils mieux couvert les emportements du despotisme?
Quoi, Madame, est-ce donc une légère offense De m'avoir si longtemps caché votre présence? Ces trésors dont le ciel voulut vous embellir, Les avez-vous reçus pour les ensevelir ?
L'heureux Britannicus verra-t-il sans alarmes Croître loin de nos yeux son amour et vos charmes? Pourquoi, de cette gloire exclu jusqu'à ce jour, M'avez-vous sans pitié relégué dans ma conr.
Puis tout d'un coup un regard d'inquisiteur dément ces exagérations de courtoisie; sans transition , l'interrogatoire commence; si déguisée qu'elle soit, on aperçoit la roide volonté tyrannique ; un mot bref, une menace sourde, une ironie subite et sèche, une tranquille insensibilité contre toute prière ; en voilà assez : sans qu'il ait lait un geste ou lâché une phrase violente, on a reconnu la barbarie native d'un être sans cœur qui est né tyran. Plus tard, quand il écoute la furieuse invective d'Àgrippine, on devine à son sang-froid quel cas il en fait ; il sourit faiblement, ou arrange les plis de sa toge ; c'est un quart d'heure d'ennui, il s'y résigne çpmme auxdisoouirsoffîciels; probablement il trouve en lui-
même qu'Agrippine parle bien, et s'amuse à compter ses arguments; puis d'un mot, avec l'ironie la plus polie, il la transperce. Quel mépris dans ces soumissions !
Je me souviens toujours que je vous dois l'empire ; Et sans vous fatiguer * du soin de le redire Votre bonté, Madame, avec tranquillité, Pouvait se reposer sur ma fidélité.
Puis, avec un peu d'hésitation feinte :
Aussi bien ces soupçons, ces plaintes assidues Ont fait croire à tous ceux qui les ont entendues Que jadis, j'ose ici vous le dire entre nous, Vous n'aviez sous mon nom travaillé que pour vous.
Elle s'emporte plus haut encore, et finit par jouer avec larmes une comédie religieuse. Contre de tels cris, nulle parole ne vaut; des actions seules, la vraie vengeance, le poison, répondront. Néron se donne alors le plaisir exquis d'être humble et tendre, de tout livrer, de faire triompher Agrippine, de goûter par avance le frisson de terreur dont il va Faccabler. Puis après l'assassinat, quand elle éclate, une profonde et poignante raillerie abat ses scrupules improvisés.
Et si Ton vent, madame, écouter vos discours, Ma main de Claude môme aura tranché les jours. *