Rijga-tcher-rol-pa, p. 553. Trad. Foucaux
2. Des commentateurs indiens et européens diffèrent sur le sens du mot nirvana. Plusieurs pensent qu'au temps de Bouddha ce mot désignait l'anéantissement de la perception, de la sensation et de l'action tout entière, mais non de la substance nue.
comprendre une révélation qui lui commande la stupeur de l'indifTérence. Abolis en toi-même la vanité, la concupiscence, la colère; évite le plaisir sensible, tiens ta pensée en bride. — « Il est meilleur de se vaincre (( que de vaincre mille fois mille hommes. » — « Comme « le rocher demeure inébranlable dans l'orage, ainsi le « sage n'est ému ni par la louange ni par lé blâme *. )> — Dompte-toi, voilà le précepte unique. Xe résiste pas, ne te défends pas, laisse-toi faire. Donne-toi, abandonne-toi, n'aie jamais égard à toi-même. Un laboureur, étant enlacé par un serpent, saisissait son aiguillon pour se défendre, lorsqu'il songea qu'il est défendu de tuer et lâcha son arme. Le fils du roi Vissantara donne tout à la première demande, trésors, esclaves, jusqu'à ses propres enfants qu'il a nourris de sa chair ; il les donne une seconde fois, lorsque, s'étant enfuis, ils reviennent à lui ; et il les voit fouetter impitoyablement jusque sous ses yeux. Ce sont là les exemples que, du haut de la chaire, on propose encore aujourd'hui à l'imitation des bouddhistes. Arrivé à cet état, l'homme semble dénaturé, pareil à une pierre, capable de tout souffrir, mais incapable de rien aimer.
C'est justement dans ce renoncement parfait que la charité trouve sa racine, far la délivrance à laquelle aspire Çâkya-Mouni n'est pas seulement la sienne, c'est encore celle de toute créature. Il pense à elles autant qu'à lui-même ; c'est pour les sauver qu'après une infi-