‹ Nouveaux fragmens philosophiquesChapitre 2 sur 15 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

J AI fait voir aiilenrs comment la philosophie m'avait conduit elle-même à*niistoire de la pbilo» Sophie y et quels ont été y depuis 181B ^ l'objet et la direction de mes travaux historique». Parmi ces travaux , xme traductiou iM>uvelle de Platon €it une édition complète des manuscrits de Proclus indi«> quent assez Fimportance que j'attache à Fétude de la philosophie uicienne. Mais, indépendamment de ces deux longues et pénibles entreprises , le commerce assidu de TantiquiDé philosophique m'engageait né*cessairem^itdans des recherches secondaires, plus ou moins étendues , ici sur des peints impocciinits et négligés qui se rencontraient sur ma route , là ^ur dc)B philosophes cél&res dont le nom seul a survéeu^ tantôt sur des publications de la même nature faites en Allemagne dans ces derniers temps , tantôt enfin -sur des manuscrits inédits de la bibliothèque royale de Paris. Ce aoint ces dissertations , «dont quelque^ unes seulement avaieoat vu le jour, que je me aiâs avisé de reeiMÎllâ* , et que j^ofiiNs imjouvd^hui au publie eemme des fragments pour servir à Fétude de k philosoj^ie «ncienne, à peu pvès dans lèigehie 4es fragmeniB que j'ai publiés il y a deux ans pour

j\ ÀVERTISSEMElîT.

servir à l'ëttide de là philosophie elle-Tnème. Les premiers touchaient à toutes les questions particulières que doit embrasser un système général ; ceux-ci touchent aussi à toutes les époques et à toutes les écoles qu'embrasserait une histoire complète de la philosophie anciennne 5 et comme je les ai mis ici dans un ordre chronologique, ils peuvent en quelque sorte préluder à une pareille histoire , et servir de pierres d'attente à un ouvrage plus considérable.

Toute science véritable, et l'histoire de la philosophie en est une, avance par deux mouvements opposés qui semblent s'exclure et qui pourtant sont également utiles, également nécessaires. Une science' n'existe comme science qu'autant qu^elle forme une théorie, et il n'y a pas de théorie sans lois générales«auxquelles se rapportent les faits particuliers. D'un autre côté, si toute théorie suppose des lois générales auxquelles les faits particuliers se coordonnent, elle suppose par conséquent des faits particuliers bien constatés et bien décrits qu'elle puisse légitimement rapporter à des lois générales. Ainsi la science vit à la fois de généralités et de détails. Les généralisations et les travaux de détail ont sans doute leurs inconvénients et leurs périls. Les généralisations peuvent précipiter dans des hypothèses arbitraires ; l'esprit de détail peut ensevelir dans des bagatelles insignifiantes. Mais il n'en est pas moins vrai que les détails sont la base de la science, que les généralités en sont l'àme , et qit'on la sert également par ces deux voies. Chaque individu suit l'une ou l'autre , selon Tinstinct de sa nature. Il y a des natures scrupuleuses , patientes et pénétrantes qui sont plus

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