‹ Nouveaux fragmens philosophiquesChapitre 3 sur 15 · AVERTISSEMENT. IIJ · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. IIJ

faîtes pour les détails , comme il y en a de plus hardies qui s'élancent aux généralisations. Parmi les siècles mêmes , les uns amassent des faits et des expé* riences , les autres bâtissent des théories. Et il en est des peuples comme des individus et des siècles : les talens sont aussi divers que les climats , et toutes ces diversités conspirent à Tharmonie de la science comme à celle du monde. La diversité en elle même est un bien; le mal est qu'elle se tourne en contradiction et en inimitié. Cest pourtant ce qui arrive. Les différentes capacités individuelles , les génies des différents siècles et des différents peuples s'accusent réciproquement. En métaphysique, par exemple, Tontologiste dédaigne le psychologiste qui à son tour se moque de Vontologiste ; l'analyse fait la guerre à la synthèse, -qui méprise l'analyse. Le dix -huitième siècle avec son génie négatif et critique^ et son merveilleux talent de décomposition en tout genre, dénigre le dix - septième et le seizième siècles avec leurs vastes généralisations et leur synthèse puissante. La philosophie anglaise accuse la philosophie allemande d'un idéalisme extravagant , et celle-ci accuse la philosophie anglaise d'un empirisme mesquin et abject. Mon ambition connue serait de voir la France du dix-neuvième siècle à la tète et non à la suite des autres peuples, au centre du mouvement philosophique de l'Europe, non à tel ou tel point , quel qu'il soit, de sa circonférence 5 de voir l'idéalisme allemand et l'empirisme anglais cités en quelque sorte au tribunal du bon sens français, et là condamnés et contraints à s'absoudre réciproquement , et à contracter une tardive et féconde alliance. Or l'éclec-

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tiit^m 99^ <t^>^ d® nûse dans les travaux relatifs à l^hialcire* Là aussi les généralités n'excluent point W détails, ni les deuils les généralités. Cest une jpttsâllanimité de sacrifier les généralités aux détails, <|iù dès lors manquent de sens ; c'est une extrava-* gante de sacrifier les détails aux généralités y qui dès lors ne sont plus que des rêveries. Tout ce qui est bon et vrai peut et doit aller avec tout ce qui est vrai et bon. Seulement chaque chose a sa place et son heure. J'essaierai de porter un jour, à la chaire qui m'est rendue, une histoire générale de la philosophie ancienne , d'en montrer Tunité, de &ire voir Fen*chalnement et l'analogie des faits dont elle se compose , et qui en font une époque sut generisj avec les variétés essentielles qui donnent naissance à ses pé-« riodes diverses. Ici je présente d'avance à mes auditeurs, et à ceux qui s'intéressent k cette grande époque de l'histoire de la philosophie, un certain nombre de points particuliers de quelque importance que j'ai tâché d'établir solidement. Crus altéra mittam.

Paris, S norembre xSaS.

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