COMMENTAIRE SUR LE SECOND ALCIBIADE
NOTE SUR LE MANUSCRIT GREC DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DE PARIS, N° 8018.
Le catalogue imprimé des manuscrits grecs de la bibliothèque royale de Paris porte , au nom d’Olympiodore , sous le n° 2016, l'indication d’un commentaire inédit de ce philosophe platonicien sur le second Alcibiade (i). L'importance de cette indication est manifeste. En effet , Olympiodore représentant à peu près l'opinion de ses prédécesseurs , c'est-à-dire de toute l'école d’Alexandrie , s’il avait commenté le second Alcibiade, on pourrait en conclure, jusqu'à un certain point , que l’école à laquelle il appartient regardait comme authentique le second Alcibiade, que la critique moderne a relégué parmi ces dialogues ingénieux,
(i) « Codex chartaceus , olim Balusianus , quo continentur :
1“ Otympiodori in Platonis Alcibiadrm secundum. Finis desideralur.
2° Capita quœdam ascclica. Inilium et aucloris nomen desiderantur.
Is cod. sœculo xvn cxaralus videlur. »
OI.VMI'IOOOni:.
uiiiis sans importance philosophique , écrits |>ar des moralistes appelés socratiques, et plus tard attribués faussement à Platon. O serait là déjà une donnée précieuse , sans parler des idées philosophiques, des détails historiques, ou même des curiosités grammaticales qu'un pareil ouvrage pourrait contenir. Il est donc aisé de comprendre l'intérêt arec lequel l'annonce du catalogue imprimé des manuscrits grecs de Paris a été accueillie et répétée par les historiens et les amis de la philosophie ancienne, entre autres par M. Creuzer, qui , dans la préface de son édition du Commentaire d’OIympiodore (i) sur le premier Alcibiade, répète, relativement au second , l'annonce du catalogue de Paris.
Cette annonce est d'autant plus frappante, que nul autre catalogue imprimé de manuscrits grecs ne parle d'un commentaire d'Olympiodore sur le second Alcibiade ; et quant aux bibliothèques qui n’ont pas de catalogues imprimés, nous jtouvons assurer que, dans un séjour assez long auprès de la bibliothèque arnbrosicnnc de Milan , où M. Mai a fait de si précieuses découvertes, nos recherches nous ont convaincu qu'il n'existait aucun commentaire sur le second Alcibiade; et un de nos amis (s) , ayant eu la complaisance de chercher pour nous ce manuscrit au Vatican et à la
(t) Olyinpiodor. in IHalonis Alcibiad. Francolurt. ad Mœmim, 1821 ; præfat. p. xvn.
(a) M. Larauza, maître de conférence* à l’ancienne école
OLTHPIODOhB.
bibiiollicquc Barberini, n'a pas été plus heureux à Borne que nous l'avions été à Milan. Reste donc la bibliothèque de Paris, qui , sur la foi de son catalogue, passe pour posséder un ouvrage dont on ne trouve ailleurs aucune mention.
Or nous nous faisons un devoir de déclarer que le manuscrit 20 16 ne contient, malgré le catalogue imprimé, aucun commentaire sur le second Alcibiade; et pour qu’il ne reste aucun doute à cet égard , nous donnerons ici une description de ce manuscrit un peu plus étendue que celle du catalogue.
Ce manuscrit est un m-i° assez grand, de 178 feuilles ; l'écriture est de plusieurs mains , toutes trèsmodernes et très-mauvaises. Quant au contenu , on lit sur la première feuille : Codex papyreus rcccns quo conlinentur Olympiodori scholia in Plalonis Alcibiadem haclenus inedita ; incipiunl : '0 pûv ’Apiomtioie... et en eiïet, à la feuille suivante, on trouve : SxôArx et; rov nx i-uve; 'AAxiSiddyv àxb furij; 'OAop.iricdùpou rcu fseyd- Aou ÿiAo<riy>sv... O pùv 'ApiaroréAt/; ipXfifsevoi t'xunîi ÔtoAoyix; (i) pyor Tld-sre; âvôpuxot eidivat c péjovreu yùaei, oypuïov di {/ rûv aioôÿtreuv coydicyai;' èyù dè ry; no nAdruyo; piAoeofiaf dp%ôpi€voi fxiyv âv nï/xo puiKovu; on xdvre; avôpurci rÿ; ïlAdruvop aofix; opéycvxxi, xpyaxiv
normale, auteur d’un savant mémoire sur la vraie route d’Annibal à travers les Alpes, mort en 1825 à Paris, à la Heur de l'âge et du talent.
(i) Sur le nom de théologie donné à la Métaphysique d’Aristote par Olympiodore, v. la note de M. Creuzer, p. 1.
OLiMPIODOBC •
sa i
xxp' xù-njt xxxvte: xpûaxcûxt QouMfteim... (ic début est bien incontestablement celui d'un commentaire d'OIympiodore sur V Alcibiade de Platon , mais sur le premier , non sur le second , commentaire publié en 1821 par M. Creuzer , cl dont nous avons rendu compte plus haut. Ce commentaire sur le premier Alcibiade continue, dans le manuscrit 2016, jusqu'à la feuille 407. Les derniers mots du verso de la feuille 106 sont : èxl JiJxcxxXou: âv xùtoù ,• èxuvo pix^ov JJxaxsvTxt , lesquels mots correspondent à la page 459 de l'cdilion de M. Creuzer. La feuille 107 du manuscrit 2016 a l'air de faire suite à la feuille précédente ; l'écriture en est la même ; et de peur , à ce qu'il semble, qu'on put ne pas s'y tromper , en télé de la feuille on a écrit ces mots : Olijmpiodori scholia in Alcibia- (lem Plalonis. Or voici la première ligne de ces prétendues scholies sur ['Alcibiade: tfptro cùv xùriv 6 Kibi/s - xü< tou to Aé?f/< , J ZâxpxT ce qui est évidemment une phrase du Phédon , cl la suite est un morceau du commentaire inédit d'OIympiodore sur ce dialogue; ce fragment va jusqu'à la feuille 121. Nous rapporterons les dernières ligues du verso 120 : ûxxep jap t 6 iffitTtpcv ofipLX x pirepov ptèv fQTiÇcfievov ûxo tou ifXiaxcü fUTOffTepiv *Vnw5 fUTÜiovTOi, ci,- èMxpixcpuvov, ùarcpcv Ji IvtÜTxi xup xxî awxrrerxi xxi oiov ev xxi ijXioeiJè: jivETXC où tu xx't ÿpurépx \pi rxù **t’ xpxài ftèv èXX Apurerai... Ici, feuille 121 , sans changement apparent, commence un tout autre ouvrage. Cet ouvrage ne porte aucun litre ; mais le sujet en est évidemment
OLÏMPIODOnE.
la prière. En voici les premières lignes : âxxvarov é %uv (deux mots qui se rapportent à une phrase précédente que nous n’avons pas) &v ? xp xots pùv tvxexûxi Jl7, xorè <fè i t.if, rcùi rijv saurai/ axxpixv axcGxXéïv iùéfcvrx<;... 'Zzxpia.v indique déjà un auteur ecclésiastique. Le reste de la page est consacré à une comparaison du feu qui amollit le fer, et de la prière qui amollit l'àme. Au verso de celte feuille il est question du feu de ht grâce, tcu xvpii ri %â/wrsi, puis de notre Sauveur, é aurijp if/MJs/; enfin, en continuant, on voit que c’est un morceau dune homélie sur la prière, terminé par: aùnp i ) e/c$<* sk reù< xiüvx àpujy. Viennent ensuite d’autres homélies : ire pl \px\/xucfixp t xep'i Xnyicpcuv, ire pi ùxcpuvijc, jusqu’à la feuille 178, la dernière du manuscrit, terminée également par la formule ordinaire : ru <fè Oeip ijpiûv Jo^x ei( aùüvui , zfjiÿv. De qui sont ces homélies? C’est ce qu'il serait aisé de vérifier ; mais il est certain que, dans tout ce manuscrit, il n’y a rien qui se rapporte au second Alcibiade.
Nous avons donc cru devoir avertir ici les amis de la philosophie ancienne de ne point se livrer à de fausses espérances , et de ne pas compter sur un commentaire inédit du second Alcibiade de Platon , au moins dans le manuscrit 2016 de la bibliothèque royale de Paris.
O*.,. . <£,,■ ii:;’ •' • V, . '«• : ' *
'•lya’i* 1 fit-} * il* tv*t o tvtfv