‹ Nouveaux fragments philosophiquesChapitre 42 sur 50 · SB · texte numérisé non relu

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époque de la philosophie grecque et dans l'école néoplatonicienne, que ces scolies d’Olympiodore prennent de la valeur.

11 faut d'abord nous féliciter d'y trouver mentionnés trois noms peu connus, ceux de Proclus de Laodicée, de Boëllie, et d’un philosophe nommé Peisithée, lleiai- 6eo<;. Proclus de Laodicée aurait parlé du plaisir comme d'une divinité. Voici la phrase, p. 242, art. 20 :'T/xvfiTtu ij ifdbstf irxp 1 x/xSKixv tc 7< itpc7i yvupKerai vxpk

UpcxXcp ru AacJixtï. C’était probablement dans sa théologie, ou son traité du mythe de Pandore (i). Pour Boëthe, B Dtfôsi, Olympiodore cite son opinion, p. 264, sur l’espérance et ses divers caractères, en contradiction avec Platon ; et il ne faut pas prendre ce Boëthe pour le philosophe romain , qui n’a guère pu écrire avant Olympiodore, de manière à pouvoir être cité par ce dernier : il faut entendre, à ce qu’il nous semble, un autre philosophe, péripalélicien , comme le philosophe romain, mais plus ancien, et qu’Ammonius, sur les catégories d’Aristote, et Anitius Boëthe lui-même, citent comme un interprète distingué d’Aristote (s). Il en reste si peu de chose, que son fragment sur l’espérance , que nous a conservé Olympiodore , n’est pas sans prix. Quant à Peisithée, nous avouons que son nom même nous était inconnu. Olympiodore le donne,

( 1 ) Voyez Suidas, npixX.

(s) Voyez, entête des œuvres d’Anilius Boelbus, la lettre de Marlian. Rota, tes dernières lignes, et Doëthe, p. 50 du i ,r livre sur Porphyre.

OLYMPIODORE.

p. 237, pour un ami «le Théodore d'Asinée, ce qui le place après Porphyre ; et il parait que ce Peisithée g était occupé du Philèbe, et avait une certaine réputation , puisque Olympiodore cite son opinion su rie but du Philèbe et la réfute avec soin.

Parmi les «liscipies de Plotiu , que Porphyre cite avec distinction dans la Vie de son niailre, Amélius parait avoir joué un rôle important. Ses opinions sont plus d'une fois mentionnées par les Alexandrins avec le plus grand respect , mais aucun de ses ouvrages n'est parvenu jusqu'à nous. La tradition alexandrine ne nous a conservé que sou nom entouré de la plus haute considération , avec quelques opinions éparses qu'il serait intéressant «le recueillir et «le disjwser avec ordre, de sorte qu'on ptH retrouver quelque chose du système «le cet illustre platonicien, comme on l'a (ail pour plusieurs philosophes , tels que Posidonius , Anaxagore, Heraclite et d'autres. Nous désignons à celui qui voudrait s’occuper d'un pareil travail l’article 30 de la p. 2 13, sur l'opposition des plaisirs entre eux , et surtout l'article 1 48 de la p. 205 , contre le plaisir agité, ri/v èv xrsyvfi ifJovijv. Amélius , dit Olyinpitnlore, développe ce point avec la plus grande force, 'XfxéXict tKTpayçJtl, et comme le morceau qui suit immédiatement a en effet une sorte d'énergie tragique, il ne serait pas impossible <|u'ii appartint i\ ce disciple célèbre de Plotin.

Après Amélius, les plus célèbres platoniciens, jusqu’à Olympiodore, sont, dans l'ordre «les temps, Por-

OLYMPIODORE.

phyre, lambliquc. Syrien et l’roclus. Or ce qui résulte à peu près incontestablement de ce commentaire d’OIympiodore pour tous les quatre, excepté peut-être Porphyre, c’csl que, dans des ouvrages qui ont péri et dont il ne reste ailleurs aucune trace, ils avaient commenté le Philèbe. On l'avait déjà dit de l’roclus ; mais on ne l'avait pas même encore soupçonné d'aucun des autres ; et pourtant ce qui n'était pas même un soupçon, est ici converti en certitude. Nous n'exceptons que Porphyre, qui, s’il n'avait pas écrit un commentaire spécial sur le Philèbe, a dû au moins en avoir traité assez longuement, puisque Olyiupiodorc cite son opinion sur trois passages de Platon assez éloigués les uns des autres, p. 239, 261, 263, en opposition avec celle d'Iamblique. Quant à celui-ci , il est diilicile de douter qu'il eût écrit un commentaire sur le Philèbe. En effet , supposons que l’on démontre d'un critique qu'il a examiné soigneusement le but d’un ouvrage, et qu'il en a discuté tous les points importants , dans l'ordre même suivi par l’auteur, n’est-ce pas là démontrer sullisamment que ce critique a composé un véritable commentaire sur l'ouvrage en question ? Or, ülympiodore, sans dire expressément qu’lambiique avait lait un commentaire du Philèbe, cite et discute perpétuellement son opinion, et non pas sur des points philosophiques, analogues à ceux qui sont traités dans le Philèbe, mais sur des passages spéciaux de ce dialogue, d'abord sur son but, p. 238, puis, p. 239, sur la question de savoir si le souverain bien est exclusi-

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ventent dans la vie de l'intelligence ou dans le mélange de la vie intellectuelle eide la vie sensible, question où, en opposition avec Porphyre , lambliquc place le souverain bien dans la vie mélangée. Le passage du Philèbe sur Promélhée fournil encore un texte à des réflexions d'Iamblique, p. 240. Pour la partie ontologique du Philcbe, celle qui est relative aux quatre principes, et particulièrement à l'intelligence, lamblique , p. 257 et 201 , nous présente encore une opinion importante; et p. 285, sur les trois caractères du bien, Ülympiodorc rapporte la phrase même d'Iamblique en la commentant; enlin il n'y a guère unescule partie du Philèbe, sur laquelle Iamblique ne jette quelque lumière. Nous avons vu, par Proclus et par ce même Olympiodorc , dans leurs commentaires sur le premier Acibiade , qu'Iainhlique avait écrit un commentaire sur ce dialogue. Nous ne croyons pas trop hasarder en tirant de ces scolies nouvelles l'induction qu’il en avait fait autant pour le Philcbe, ou tout au moinsqu'il en avait traité, non pas occasionnellement, mais, comme on dit, ex professa, cl avec l’étendue d'un vrai commentaire.

Il en est à peu près de même de Syrien. Olympiodorc rapporte son opinion avec les plus grands détails, et sur le but du dialogue, p. 258, et sur les trois monades du bien , p. 285 et 287, en des termes qu’on n'emploierait guère envers un homme qui aurait laissé tomber accidentellement quelques mots sur le Philèbe. Au reste , si le doute est plus permis pour Syrien que

OLYUriODUHE.

pour lamhlique , il l’est encore moins pour Produs «juc pour ce dernier.

Déjà Fabricius avait placé , sur (juelques indications ( 1 ) , parmi les ouvrages de Proclus qui ont péri, un commentaire sur le Pliilèbe ; maintenant cette conjecture est mise hors de doute : les scolies d’OIympiodorc déposent de toutes parts , non d'une dissertation épisodique de Proclus sur le Pliilèbe dans quelque autre ouvrage , mais d’un traité régulier, d’un véritable commentaire de Proclus sur ce dialogue ; aucune des conditions de démonstration en ce genre ne manque ici. Non-seulement il n’y a pas un seul point important du Pliilèbe sur lequel Olympiodore ne cite l'opinion de Proclus ; mais , dans une foule de choses d'un moindre intérêt , il se met à l'abri derrière celte autorité , au point que les citations de Proclus embrassent le dialogue de Platon dans toute son étendue , correspondent à toutes ses parties, et qu’en les arrangeant entre elles et les tirant des scolies d'OIympiodore , on en composerait aisément un ouvrage à part régulier et complet. En effet, p. 238, vous \ oyez ce qu'avait pensé Pruclus sur le but du Philèbe. Plus bas, quelques articles après, on trouve sa division des parties du dialogue tout à fait dans le genre de ses divisions déjà connues d'autres dialogues de Platon. Il parait qu'après avoir placé le but du Philèbe dans la recherche du souverain bien pour tous les êtres, ce qui embrasse,

(tj llibliotli. qrœc., étl. Mari., loin. vin. i

OLYHPionoiu:.

comme le remarque fort bien Olympiodorc , l'univers entier , tandis que dans le Philèbe il s'agit spécialement de l'homme et du bien qui convient à sa nature; après, dis-je, avoir déterminé le but du Pliilèbe, Proclus le divisait en vingt-cinq points. Plus loin, p. 211, nous retrouvons l’opinion de Proclus également combattue par Olyuipiodore sur les diverses espèces de nécessités ; et p. 212 , sur cette question mythologique : Pourquoi les anciens n'avaient pas fait un dieu du plaisir ; plus loin encore , p. 210 , sur les différents Proinétbées ; dans celle même page, article 10, sur la méthode analytique, p. 217, sur l'unité et la pluralité comme contenues dans toutes choses pariculières, ou sinon l'unité, au moins sa forme, evu<n<, l'union , la force d'unir, et non pas 70 tv, qui est l'unité en soi. c L'infini, dit Proclus, est l'élément de pluralité, le fini l'élément d'union; mais au-dessus des deux, il faut placer l'unité, rè rv, et toutefois cette unité-là a encore devant elle la pluralité, car elle est en rapport d’opposition avec la dualité du fini et de l’infini , dualité qui qui est un multiple ; de sorte qu’il faut élever encore au-dessus de cette unité une unité absolue, un principe qui n'admet plus dans sa nature aucune relation avec le multiple, fût-ce même une relation d'opposition, /nia ifyJt àvetrtfhrof. » Ainsi quatre éléments , savoir, l'unité absolue , puis l'unité en face du multiple, unité qui est l'un cl plusieurs , év xx) xsAAi, enfin le fini et l’infini. Ailleurs , p. 258, toujours sur la même question : « La cause suprême , «lit Proclus , fait le monde sur

OLYMPIODORE.

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elle-même et en vue d’elle-même , pour que toute chose soit semblable à clic , de sorte que Dieu est de sa nature la trinilé de l’être , acre «ùtsî rà rpia (c’est-àdire , comme nous avons vu plus haut , le fini , l'infini et leur union ). Il est celte trinilé dans son unité centrale et primordiale; mais il ne faut pas moins dire qu’il est triple, quoique cette trinilé se résolve dans l’unité, àXXi pvjrêov û( oùJevt if rrov 7 pic c ei xal c-jvrpéxsiev ru êvi. » P. 261 , son opinion est mise à côté de celles de Porphyre cl d'Ininbliquc ; et, p. 262, dans l’article 130 que nous avons cité sur l'allinilé de la cause et de l'intelligence, on le retrouve encore avec Porphyre ; nous avons traduit sa théorie des faux plaisirs, p. 270 ; enfin, p. 287, article 248 , on peut voir comment il poursuit dans toutes choses la dualité , qui constitue la réalité.

Tant de citations ne peuvent laisser aucun doute sur l’existence d’un commentaire du Philèbe par Produs , qui a péri avec d’autres ouvrages de ce grand homme, et que ces scolies d’Olynqiiodore révèlent et reconstruisent en grande partie. Ce résultat indubitable suffirait seul pour donner du prix à la publication de cet ouvrage d'OIympiodore et au travail de M. Slalbauui. Déjà nous avons trouvé dans le commentaire sur le premier Alcibiade, d'importantes indications qui ont beaucoup ajouté à nos connaissances sur l'école d’Alexandrie. Peut-être , dans les autres ouvrages encore inédits de ce dernier des nouveaux platoniciens, trouverait-on des résultats du même genre qui dédommageraient abondamment celui qui aurait le

OLVMI’IOIlORE.

courage de s’y engager, d'étudier ce» monuments délaissés, de les publier, ou du moins d'en faire connaître ce qu’ils peuvent renfermer de précieux pour la philosophie en elle-même ou pour l'histoire de la philosophie.

OLYMPIODORE.

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