‹ Nouveaux fragments philosophiquesChapitre 43 sur 50 · DU COMMENTAIRE INÉDIT DU GORGIAS · texte numérisé non relu

DU COMMENTAIRE INÉDIT DU GORGIAS

Longin nous apprend (») qu'Eubulus avait écrit un commentaire sur le Philèbe et le Gorgias ; et il paraît qu’IIiéroclès avait aussi composé (î) un commentaire sur ce dernier dialogue. Ces commentaires ont péri avec beaucoup d'autres : le seul qui soit parvenu jusqu'à nous est celui d'Olympiodorc. On le trouve dans la plupart des bibliothèques de l'Europe ; mais il est encore inédit , et totalement inconnu , à l’exception de l'introduction que Routh a publiée à la suite de son édition du Gorgias (s). Nous nous proposons de publier un jour un travail complet sur cet ouvrage d’Olympiodore, travail beaucoup trop étendu pour trouver ici sa place. Nous n’en donnerons qu’une partie , celle qui se rapporte au mythe célèbre du Gorgias. Nous avons vu que c’était presque un principe pour Platon,

(0 Dans Porphyre, Fie de Plolin. Long., p. 178, éd. Weiske. — (*) Damascius, Fie d'Isidore, dansPhotius, p. 338 , éd. Bekker. — (s) Platonis Eulhydemus et Go r yias, éd. Routh, Oxon., 1784. Ad calcem, p. 561-375.

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OLYMFIODORE. 561

comme philosophe et comme artiste, de mêler un mythe à chacun de scs grands dialogues , et le Gorgia* comme le Phédon est terminé par un mvlhe. Ce mythe a exercé les critiques modernes et les critiques an ciens, et il est d'autant plus curieux d'interroger sur ce point Olympiodorc , que ce philosophe du vi® siècle avait sous les yeux tous les commentaires antérieurs, et qu’on peut presque toujours regarder son opinion comme celle de l’école même à laquelle il appartient, et le dernier mot de la philosophie alexandrine. Or l'examen du mythe du Gorgia * conduit naturellement à la question de la nature et de l'autorité des mythes en général , question qui en soulève beaucoup d'autres du plus haut intérêt : Quel était le fond de la foi des Alexandrins? Les Alexandrins croyaient-ils ou ne croyaient-ils pas aux dieux du paganisme , et comment y croyaient-ils? Les superstitions qu'ils défendaient étaient-elles dans ces subtils et profonds philosophes un reste naïf et touchant de la vieille foi populaire , ou n'élaienl-ellc8 pour eux que l'enveloppe consentie d’une doctrine philosophique ? 11 n’y a point de questions plus importantes pour l'intelligence des premiers siècles de notre ère. Olympiodore , dans la partie de son commentaire qui se rapporte au mythe du Gorgias, s'explique à cet égard avec une franchise et une netteté parfaite. Nous ne connaissons dans toute l'antiquité alexandrine aucun passage aussi clair et aussi décisif que celui-là. Ce passage même est si curieux que nous avons pris le parti de le donner tel qu'il est , presque

COBSIN. — »OUV. FBAG9. 3]

OLYMPIODOHE.

sans aucun relranchement et sans aucune remarque , aimant mieux faire subir au lecteur la manière lâche et diffuse d’Olympiodore , que d’altérer et d’affaiblir l'impression de l’original. Voici donc le dernier des Alexandrins nous exposant lui-même le système mythologique de l'école néoplatonicienne.

La base de notre travail est le manuscrit de la bibliothèque royale de Paris , n“ 1822. C’est le même manuscrit dont Routli a tiré l’introduction qu’il a publiée. Il contient , avec le commentaire d’Olympiodore sur le Gorgias , les commentaires du même Olyrnpiodore sur l’ Alcibiade, le Phédon et le Philcbe. Ce manuscrit a été copié à Venise, en 1555, par Ange Vergèce , de Crète. Il est même très-probable que l’original est le manuscrit célèbre de Venise, du x e siècle , contenant les commentaires d’Olympiodorc sur le Gorgias, V Alcibiade , le Phédon , et le Philèbe, ayant 337 feuilles, parchemin , in-4°, et coté 196 dans Zanelti, p. 109. Le commentaire du Gorgias occupe dans le manuscrit de Paris 82 feuilles; il est divisé, comme le commentaire sur Y Alcibiade , en leçons ou articles, plus ou moins longs, appelés et il se compose en tout de 50 articles. Le fragment qui suit embrasse les cinq derniers, savoir : les leçons 40, 47, 48, 49 et 50.

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