‹ Nouveaux mélanges d'histoire et de littératureChapitre 43 sur 76 · LOUIS L£ JUSTE · texte numérisé non relu

LOUIS L£ JUSTE

paroles heureuses! « Il i^aut mieux se faire aimer que se faire craindre, et je veux être aimé (1" juin 1774). 3> — « Il n'y a pas de petites choses quand il s'agit du bien du peuple (15 septembre 1774). » — « Nous aurons à tenir ce qiie Tédit ne promet pas > (15 juin 1774). Et quand il se fait inoculer : « G*est un exemple public que je dois au salut de tous mes sujets % (4 juin 1774). Et sur la question de savoir si les dames de la halle seront admises à le complimenter : « Je ne dois pas oublier que je suis le roi de tous, grands et petits,* et que Fart de se faire aimer est le moins coûteux de tous les moyens de gouvernement (8 juin 1774). i> Et, à propos de pillages de grains et de retranchements à faire aux dépenses de son sacre, pour y pourvoir : < Je veux qu'il n'y ait pas de fêtes à Paris, et que l'argent que la ville y destinait soit employé à la sûreté et au soulagement de ses ha* bitants juillet 1774). » Et en parlant de la suppression des corvées : « Prendre, malgré lui, le temps du laboureur, même en le payant, serait l'équivalent d'un impôt; à plus forte raison, le lui prendre sans le payer (février 1776). » Le jour où il rendit une ordonnance pour adoucir les peines de la désertion , il avait accompagné la mesure d'une amnistie générale pour tous les délits militaires. « Il est bon, écrivait-il, que le jour où je donne une loi de douceur et d'humanité soit aussi un jour de clémence (7 décembre 1775). »

Tout cela sort d'un cœur où abondent tous les bons sentiments. C'est là le trait de Louis XYI. Chez lui^ le cœur est la seule source des pensées. Il semble qu'il ne lui en vienne guère d'autre part. Et celles qui lui viennent de là, il a tout à la fois les paroles heureuses T)our les exprimer, et, pour les faire prévaloir, la volonté et le ton du commandement. Mais le cœur ne suffit que là où la politique n'est que la bienfaisance. > Quand les choses ne furent plus de celles qui se jugent par le cœur, et se décident par les premiers mouvements, au moment des difficultés de la politique, le roi des beaux jours de l'avènement disparut ; une intelligence égale aux épreuves ne prit pas la place d'un cœur inactif et découragé, et il n'y eut plus qu'une victime auguste se débattant trois ans entiers contre le coup mortel.

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